Claudia Ébacher

Pour aider les familles démunies

Claudia Ébacher est une personnalité médiatique connue dans la région mais aussi au Québec, notamment comme coanimatrice du jeu télévisé La Poule aux oeufs d'or. La communicatrice met aussi ses compétences au profit de causes, dont celle du Centre de pédiatrie sociale de Trois-Rivières (CPSTR). Porte-parole de la guignolée de l'organisme, la Trifluvienne a vraiment à coeur le soutien aux enfants et familles de milieux moins favorisés.
Après avoir oeuvré en télévision pendant plusieurs années, Claudia Ébacher a accepté le poste de directrice générale du Centre de pédiatrie sociale de Trois-Rivières, implanté par le Dr Raymond Perrault d'après le modèle élaboré par le Dr Gilles Julien à Montréal. Le CPSTR a été inauguré officiellement en 2010.
«Tout était à bâtir. Il n'y avait rien de fait. On n'avait même pas de bureau. Le Dr Perrault faisait ses cliniques chez les organismes qui lui prêtaient un petit espace», raconte-t-elle en évoquant les balbutiements du centre, avant son installation dans ses premiers locaux à l'école Saint-Paul. «J'étais contente qu'on soit dans une école où on retrouvait ces enfants qu'on recevait en pédiatrie sociale», fait remarquer celle qui a dû organiser une première guignolée à huit semaines d'avis.
«Il fallait trouver 250 bénévoles! On avait cinq intersections de collectes, et on est rendus à sept», note Mme Ébacher, qui a quitté la direction du CPSTR en 2011 en demeurant dans l'organisation à titre de porte-parole de la guignolée. À l'époque, elle a réussi à convaincre la Sécurité publique de Trois-Rivières de monopoliser cinq intersections pour la collecte au lieu des deux qu'on lui accordait compte tenu de la multiplicité des collectes sur le territoire.
«C'est pour des enfants des quartiers défavorisés de Trois-Rivières. La police est souvent amenée dans ces quartiers-là parce qu'ils vivent certains conflits. Si on aide les enfants, si on leur apporte des soins médicaux, affectifs et psychologiques, ils vont être mieux outillés dans la vie pour que la police aille moins dans ces quartiers», a-t-elle plaidé.
La première guignolée a rapporté 30 000 $. Celle de cette année, le 17 décembre, a récolté plus de 50 000$ qui serviront à financer les services offerts à quelque 350 enfants. Les intervenants du CPSTR viennent en aide à des familles dont certaines sont plus dépourvues que d'autres devant les responsabilités parentales. Mme Ébacher se souvient entre autres de cette mère qui a demandé au médecin ce qu'il fallait faire avec son bébé qu'elle ne nourrissait pas ni ne changeait de couche, ou encore de ce petit garçon arrivé à l'école en retard, en sandales en plein hiver, qui a confié que sa mère n'était pas rentrée de la nuit et que son petit frère de quelques mois était tout seul dans le logement.
La pédiatrie sociale n'est donc pas que médicale. Elle touche aussi aux habiletés parentales et à l'accès aux ressources pour les personnes démunies. «Ce sont des gens qui ont une volonté mais elle est camouflée très loin. Ils n'ont pas les ressources, ils ne savent pas quoi faire», observe Mme Ébacher, en ajoutant que les enfants issus de ces milieux ont besoin d'être logés, nourris et vêtus, mais qu'ils ont aussi besoin d'affection et de stimuli à une confiance en soi souvent déficiente ou minée.
L'élan altruiste de Claudia Ébacher a été inspiré par son père pharmacien qui, souvent, effaçait les comptes de mères qui ne pouvaient payer les antibiotiques de leur enfant. «J'ai appris de mon père à donner de mon temps et avoir de la compassion pour les gens vulnérables», confie l'aînée de quatre enfants, qui travaillait dans la pharmacie familiale. 
Mme Ébacher s'est aussi impliquée pendant neuf ans dans l'Association du Québec pour enfants avec problèmes auditifs. «Au bout de mes trois ans de bénévolat, on a appris qu'un de mes fils avait une légère surdité. J'étais là au bon moment pour m'aider...», partage celle qui a lancé le Club des Supers Moms en mai dernier pour mettre en valeur des mères de partout au Québec.