Lise Landry

Pour adoucir la fin de vie

C'est pour prendre soin de son mari Henri que Lise Landry a quitté la politique en 2009. Quatre ans après le décès de son complice, Henri demeure omniprésent dans la conversation de l'ancienne mairesse de Shawinigan qui se consacre maintenant à la création de la maison de soins palliatifs des Trois colombes.
Originaire de Trois-Rivières et formée en bureautique, Lise Abran est arrivée à Shawinigan pour y trouver de l'emploi, encouragée par une tante qui y demeurait. Elle a d'abord travaillé chez les Fourrures Lemieux, puis dans un bureau de médecin. Elle a accepté d'accompagner un certain Henri Landry à un souper dansant de l'usine DuPont, où il travaillait. Leur union aura duré 54 ans.
Après la naissance de ses deux fils, Lise Landry a voulu réintégrer le marché du travail, ce qu'elle a fait chez Laflamme Fourrure pendant 16 ans. C'est à l'invitation de son voisin Yvon Lemire, candidat comme député provincial, qu'elle a mis un premier pied dans le monde politique. Elle était responsable du bureau et du personnel du député Lemire quand il fut défait à l'élection de 1994. Cette même année, elle devenait mairesse de Shawinigan.
Réélue sans opposition en 1999, elle a pris la tête de la nouvelle ville de Shawinigan fusionnée en 2001, et a été reconfirmée dans sa fonction en 2005.
Le tourbillon de la politique lui manque-t-il? «Tu ne sors jamais la politique de toi. Mais je ne suis plus à un âge pour faire ça. Lorsque j'ai pris la décision d'arrêter, je l'ai fait parce que je trouvais que mon mari m'avait donné beaucoup, il m'avait accordé beaucoup de temps pour faire ce que j'aimais tout en se sacrifiant, lui. Il y avait un retour du balancier qui devait se faire et c'était lui qui était important.» 
Henri Landry avait reçu un diagnostic d'Alzheimer en 2001. En 2010, Lise Landry a dû se résigner à placer son époux à la résidence Dr-Joseph-Garceau, où il s'est éteint le 27 mars 2013.
C'est à ce moment qu'elle a réactivé le dossier de l'implantation d'une maison de soins palliatifs à Shawinigan. L'idée avait germé en 2004, mais l'absence de subventions en avait freiné le développement.
Dans ses visites quotidiennes à son mari, Lise Landry avait rencontré le Dr Gaétan Bégin, impliqué dans le premier projet avorté. Le médecin lui a fait savoir que des octrois pourraient désormais être disponibles pour remettre le projet sur les rails. L'ancienne mairesse a pris le dossier en main et s'est entourée d'un comité qui le fait cheminer depuis.
La Maison des Trois colombes devrait accueillir ses premiers patients en fin de vie dès janvier 2018 dans la maison de la famille Buisson, réaménagée pour abriter les huit lits et loger les familles en cas de besoin.
«Il y a quatre lits en soins palliatifs à l'hôpital de Shawinigan. Dans le nouveau CIUSSS, on couvre de Maskinongé à La Tuque, et on a 90 000 de population... On donne une alternative aux familles de personnes en fin de vie: elles ont le choix entre leur résidence, l'hôpital ou la maison de soins palliatifs», plaide Mme Landry pour illustrer l'importance du besoin que comblera la ressource.
«À la résidence où demeurait Henri, j'en voyais des gens qui étaient en fin de vie, avec le reste des gens malades. Il n'y avait pas de sérénité, pas de calme comme dans une maison de soins palliatifs. À l'hôpital, c'est plus retiré, mais il n'y a que quatre lits. S'il n'y a pas de place, les gens sont sur des étages dans des chambres à deux ou trois...», ajoute-t-elle.
«Ce projet-là, c'est la plus grande aventure de ma vie. Ce n'est pas le projet du comité. C'est un projet de société pour l'ensemble des citoyens qui seront desservis par cette maison-là, une maison ouverte aux gens de chez nous pour qu'ils soient accompagnés dans l'amour et la sérénité», conclut la dame de 77 ans.