Pierre Fréchette

Pierre Fréchette: très loin du «comptable aux bas bruns»

Nicolet — Pierre Fréchette aime la bonne bouffe et l’agriculture et pour lui, la santé est un bien précieux à protéger à tout prix. A-t-il fait carrière comme chef cuisinier? Producteur agricole? Médecin? Pas du tout. Notre Tête d’affiche est comptable, mais il s’est servi et se sert toujours de ses compétences professionnelles pour aider les gens qui produisent nos aliments et ceux qui prennent soin de notre santé.

Pierre Fréchette a grandi sur une ferme de Saint-Wenceslas dans une famille aux moyens plus que modestes et il connaît bien les défis auxquels sont confrontés les producteurs agricoles. C’est pourquoi sa carrière de comptable l’a ramené à ses racines et lui a permis de soutenir, à sa façon, plusieurs producteurs et productrices de sa région.

Même s’il jouit lui-même d’une excellente santé, il connaît de nombreuses personnes qui n’ont pas cette chance, confie-t-il. C’est pourquoi il met également sa profession au service de la Fondation santé Bécancour-Nicolet-Yamaska dont il assume la présidence depuis 2017.

Pierre Fréchette aime bien souligner, à la blague, qu’il ne répond pas vraiment au stéréotype du "comptable aux bas bruns".

Ce CPA-CGA, a choisi sa carrière sur le tard. Jeune, ne sachant trop où serait sa passion, il avait quitté l’école en cinquième secondaire pour aider financièrement sa famille dans laquelle évoluaient neuf enfants. La profession de comptable s’est imposée à lui, avec le temps. D’assembleur de cercueils, il deviendra d’abord vérificateur d’impôt à Revenu Québec.

M. Fréchette et sa douce moitié ont toutefois rapidement eu envie d’effectuer un retour aux sources. Le couple s’installe donc dans sa région d’origine où notre Tête d’affiche trouvera du travail en comptabilité à l’UPA du Centre-du-Québec et plus particulièrement au service de comptabilité et de fiscalité du Centre-du-Québec (SCFCPA Centre-du-Québec inc.), un service destiné aux agriculteurs et agricultrices.

Connaissant la mentalité des agriculteurs, il gagne rapidement leur confiance. «Je connaissais l’agriculture. Il m’apparaissait intéressant d’aller dans ce domaine-là», fait-il valoir. «Il ne faut pas arriver là comme quelqu’un qui connaît tout. On apprend énormément de ces gens-là», fait-il valoir. Lorsqu’une personne est acceptée dans ce milieu, raconte-t-il, c’est comme si elle faisait partie de la famille au point où le comptable assis à la table de cuisine de l’agriculteur devient souvent un confident. «On allait directement à la ferme pour faire les états financiers», raconte-t-il, un travail qu’il a fait de 1985 à 2015, soit jusqu’à sa retraite.

Encore plein d’énergie, Pierre Fréchette accepte alors un poste d’administrateur au CSSS de Nicolet-Yamaska, une structure qui disparaîtra par la suite lors de la réforme Barrette pour devenir le CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec. C’est alors qu’on offre à M. Fréchette une implication au niveau de la Fondation santé Bécancour-Nicolet-Yamaska. Si l’agriculture était importante pour lui, «imaginez une fondation qui est axée sur la santé. Ça le devient encore plus», dit-il. «Les besoins sont énormes et le gouvernement ne peut pas tous les combler.»

La Fondation, explique-t-il, «aide notamment à l’achat d’équipements». En 2015, alors que la Fondation était dédiée au CSSS, il a été convenu qu’elle donnerait désormais aussi au secteur communautaire.

Plus de 90 000 $ sont remis, chaque année, en services de santé de proximité sur le territoire grâce notamment au souper-bénéfice de la Fondation.

En 2019, elle a investi dans les équipements médicaux de la Maison de naissance de la rivière, dans les ateliers de stimulation de la Maison de la famille Lu-Nid, dans l’achat de moniteurs cardiaques à l’urgence du Centre Christ-Roi, dans la ludothèque du Centre de femmes Parmi Elles, dans le projet Bell cause pour la cause, dans des minigyms situés dans les municipalités partenaires et dans l’achat d’un échographe mobile pour ne citer que quelques exemples.

Sous son impulsion, la Fondation s’est donné la liberté d’axer ses investissements sur quatre points prioritaires: la famille et les enfants, les maladies mentales, les personnes en perte d’autonomie et les autres besoins exprimés par la population.