Louise B. Germain: tenir les rênes d’une cause extraordinaire

TROIS-RIVIÈRES — Dans les nouvelles cuisines du Centre d’action bénévole Laviolette (CAB), rue Père-Daniel, 24 865 repas ont été confectionnés, vendus à prix modique et livrés, en 2019, à des personnes ayant besoin d’un coup de pouce pour rester à domicile.

Dans les autres locaux du CAB, les bénévoles sont également au cœur de services fort appréciés de la population. Ils accompagnent des personnes seules à des rendez-vous médicaux ou les aident à faire des courses. Le CAB abrite aussi le service Tel-Écoute Trois-Rivières. On organise de surcroît des activités de socialisation pour briser l’isolement des aînés. Une salle est réservée au courrier des jeunes et permet un échange par écrit entre des élèves du primaire ayant besoin de se confier et des étudiants en psychologie.

On y organise même des activités de lecture au cours desquelles se côtoient les générations.

À la tête du plus gros CAB de la Mauricie, les rênes sont tenues par les mains expertes de Louise B. Germain.

Même si le CAB est d’abord et avant tout un lieu de bénévolat, Mme Germain doit coordonner dix employés permanents qui, à leur tour, assurent la coordination des quelque 400 bénévoles impliqués dans l’un ou l’autre des services.

Ici, on ne manque ni de bénévoles et encore moins d’employés. Mme Germain s’assure en effet que chacun y trouve son bien-être et son bonheur.

C’est le cas du chef cuisinier très expérimenté qu’elle a réussi à recruter en 2018 pour les services de la popote roulante, popote réfrigérée, popote congelée et l’escale d’un jour, un repas hebdomadaire qui permet aux aînés de socialiser entre eux autour d’une bonne table, transport et animation inclus. Le nombre d’heures de travail qu’on lui demande représente une demi-retraite idéale pour lui tout en lui permettant de planifier, gérer les inventaires et passer les commandes.

Mme Germain a siégé six ans au conseil d’administration du CAB Laviolette avant d’en devenir la directrice générale, il y a quatre ans. Issue du milieu bancaire (20 ans à la Banque Royale) où elle travaillait aux ressources humaines, notre Tête d’affiche était la bonne personne pour donner un second souffle à l’organisation.

C’est que le CAB Laviolette évoluait dans des locaux beaucoup trop petits pour les besoins grandissants qui émergeaient de la population, en particulier en matière de popote roulante. Dès son arrivée en poste, la directrice générale s’est donc mise en quête des locaux qui répondraient le mieux aux besoins de son organisation.

Un des premiers investissements qui furent faits à cette occasion fut l’achat d’équipements de cuisine industriels qui permettraient au chef et à ses bénévoles d’accroître le nombre de repas pouvant être cuisinés quotidiennement.

Avant, dit-elle, il y avait quatre ou cinq endroits où la popote roulante était préparée, sur le territoire du CAB Laviolette. On parle de résidences privées et d’un sous-sol d’église. «Il fallait faire quelque chose», dit-elle, d’autant plus que le CAB doit se conformer à des normes du MAPAQ pour préparer ses 518 repas hebdomadaires.

Ces investissements permettent au CAB d’aller desservir une clientèle supplémentaire et donc d’accroître ses revenus.

La livraison des repas à domicile chez les aînés donne l’occasion de dépister du même coup des épisodes de détresse que traversent parfois certains de ces bénéficiaires. En pareille situation, il n’est pas rare que le CAB collabore avec le CIUSSS. «Plus de 22 % de la population de Trois-Rivières est âgée», rappelle Mme Germain.

Notre Tête d’affiche ne cache pas que son implication à la tête d’un tel service de bénévolat lui injecte chaque jour une dose considérable d’énergie. À 70 ans, elle ne voit pas le moment où elle aura envie de quitter ses fonctions qui lui grugent pourtant de 35 à 40 heures chaque semaine. «Quand je sors d’ici, je ne suis pas capable de fermer la porte», confie-t-elle, ravie des progrès qui surviennent d’année en année au CAB Laviolette. «C’est une cause extraordinaire.»