Thierry Bouin

L’homme qui aligna les étoiles

Le premier emploi de Thierry Bouin, au terme de ses études en biologie, en 1977, fut au parc national de la Mauricie où, pendant des années, il fut naturaliste et garde-parc. «J’y suis revenu à quatre reprises, au cours de ma carrière», dit-il.

Cette carrière pour Parcs Canada lui en a en effet fait voir du pays, de l’Île du Cap-Breton à l’Ouest canadien jusqu’au parc national de Fundy, au Nouveau-Brunswick, où il fut directeur en 2001. Entre chacun de ces séjours hors Québec, le travail le ramenait constamment au parc national de la Mauricie.

Ce Montréalais d’origine y avait pris racine. «J’ai épousé une fille de Shawinigan», dit-il. Ses enfants ont grandi dans la maison qui lui était attitrée par Parcs Canada dans cette magnifique forêt mauricienne qu’il avait pour tâche de surveiller jour et nuit. «J’y ai été garde-parc de 1977 à 1982 et de 1984 à 1995», dit-il.

Un amateur de plein air et de sports comme lui ne pouvait rêver d’un meilleur travail. Imaginez: aller au boulot en canot ou à pied, dans les sentiers boisés.

Son expérience et sa profonde connaissance du réseau des parcs nationaux du Canada ont fini par le hisser au titre de directeur du parc national de la Mauricie, un poste qu’il occupera de 2006 jusqu’à sa retraite, en 2012.

«En 2006, ce n’était pas une période très riche à Parcs Canada», dit-il.

Il fallait trouver un moyen de renouveler le produit pour attirer la clientèle. L’idée de créer une journée sans automobile au PNLM a commencé à germer.

C’est alors que les étoiles ont commencé à s’aligner.

Au même moment, dit-il, «la directrice générale de Cyclo-Mauricie, Marie-Josée Gervais, organisait un parcours de vélo sur la route 155 parallèlement à la Classique de canots. Ce circuit étant très achalandé par la circulation automobile, donc dangereux. Mme Gervais avait un œil sur les routes beaucoup plus calmes et bucoliques du parc. «Elle est venue nous rencontrer pour nous parler de ça. J’ai fait un clin d’œil à mes coéquipiers», raconte-t-il. Les étoiles ne pouvaient pas être mieux alignées que ça.

C’est ainsi que sont nés les Défis du Parc. «Elle avait l’expertise. Nous n’avions qu’à fournir le support logistique», dit-il.

Chacun y trouvait son compte. La première année, pas moins de 700 cyclistes ont parcouru la route Promenade. M. Bouin a fait lui-même les Défis du Parc à trois reprises depuis. «La première fois, j’ai fait la moitié du trajet avec un vélo de montagne», raconte-t-il en souriant et en se rappelant les efforts considérables qu’il avait dû déployer. «L’année suivante, je me suis acheté un vélo de route», dit-il.

Thierry Bouin a malheureusement dû le remiser peu de temps après. Des douleurs arthritiques sont venues lui gâcher la vie en concomitance avec un diagnostic de la maladie de Parkinson. «Je me voyais décliner. Au hockey, je ne me sentais plus sûr sur mes patins. Je ne peux plus faire de course à pied», confie-t-il.

Le PNLM et ses Défis n’en demeurent pas moins ses «bébés», dit-il et «aujourd’hui, je m’investis différemment» dans la cause. Thierry Bouin est devenu une courroie de transmission indispensable entre les Défis du Parc et les gestionnaires du PNLM.

L’homme connaît le territoire sur le bout de ses doigts. «Je fais et je coordonne donc moi-même le plan de signalisation», dit-il. «J’appuie aussi Marie-Josée pour les sollicitations, les demandes de subventions et les lettres d’appui. J’ai une bonne plume», dit-il.

Marie-Josée Gervais a invité Thierry Bouin à siéger au conseil d’administration de Cyclo-Mauricie, l’organisme qui organise les Défis du Parc.

Dès 2018, un triathlon s’ajoutera à ces Défis: natation dans le lac Wapizagonke, vélo et course à pied.

«Je n’ai pas de grande passion dans la vie sauf les sports de plein air. La maladie m’a enlevé ça. Au lieu de m’apitoyer sur mon sort, je m’implique dans des événements sportifs», dit-il.