Alain Toupin

L’homme fort des plus faibles

Depuis quatre ans, le mardi matin, Alain Toupin se lève à 5 h 15 et se rend au Club des petits déjeuners de son secteur où il cuisine pour une trentaine d’enfants. Des œufs, des rôties, du yogourt, des fruits, des croissants, tout est là pour que toute cette belle marmaille arrive à l’école le ventre plein.

À quelques occasions, des enfants lui ont crevé le cœur en lui demandant s’ils pouvaient apporter un peu de toute cette bonne nourriture à la maison pour en donner à leur frère ou à leur sœur.

«Oui, il y a de la misère dans le monde», dit-il. «Oui, il y a des pays où les gens crèvent de faim, mais ici aussi il a des gens qui vivent de grandes difficultés», constate-t-il. «Et plus ça va, plus il y en a», déplore-t-il. «Je déteste voir les autres souffrir. Souvent, en donnant un petit coup de pouce à un enfant, ça peut lui rester toute sa vie», croit-il.

Ce qui vient aussi chercher Alain Toupin, c’est la solitude que vivent de plus en plus de personnes âgées. Pour cette raison, il s’est impliqué longtemps dans la popote volante du Centre d’action bénévole du Rivage, non seulement en y cuisinant et en livrant des repas aux aînés, mais aussi en mettant à profit ses talents manuels pour entretenir l’édifice où loge l’organisme de bienfaisance.

Réparer et entretenir des choses, faire un peu de peinture, ce sont des qualités de débrouillardise qu’il a apprises de son père et de son frère.

Il a souvent utilisé ses talents pour entretenir aussi les locaux du Centre Ressources Naissance où travaillait sa conjointe.

Alain Toupin ne le cache pas: «Aider, j’aime ça», dit-il. C’est peut-être parce qu’il provient lui-même d’une famille tissée serrée dont une des valeurs fondamentales est l’entraide. Quoi qu’il en soit, l’homme lève toujours la main quand quelqu’un a besoin d’aide et ce sont les enfants et les personnes âgées qui bénéficient le plus de son dévouement. «Ce sont les deux groupes les plus fragiles», souligne-t-il.

Il a d’ailleurs reçu le titre de bénévole de l’année du CAB du Rivage, en 2017, pour tous les services rendus.

Sa façon d’aider les autres prend toutes sortes de formes inattendues. Membre du Club Optimiste, il a notamment payé 500 $ pour se procurer un costume de père Noël digne de ce nom et il rate rarement une occasion d’incarner le vieillard à barbe blanche, que ce soit à l’école Jacques-Hétu, au Traversier ou au club Optimiste de Sainte-Marthe, pour ne citer que quelques exemples. «Depuis deux ans, on fait un Noël au centre communautaire Des Ormeaux. Je suis un père Noël crédible», assure-t-il en riant, fier d’avoir investi pour un costume de qualité qui lui confère assez de magie pour que même ses petits-enfants ne le reconnaissent pas lorsqu’il le porte. «Le plus beau son, pour moi, c’est le rire d’un enfant. Voir leur sourire, ça vaut une paie», fait-il valoir.

Alain Toupin s’est aussi impliqué, avec le Club Optimiste, dans la réalisation de la pièce de théâtre Dieu Merci qui a été jouée à la salle J.-A.-Thompson et dont l’objectif était d’amasser de l’argent pour aider la jeunesse.

Malgré 45 ans de bénévolat à son actif, puisqu’il a commencé à 15 ans, Alain Toupin entend bien continuer à se dévouer pour les bonnes causes. «Le théâtre m’attire. On a eu tellement de plaisir à organiser ça», raconte celui qui est à la retraite depuis quatre ans.

Ce père de deux enfants et grand-père de cinq petits-enfants doit désormais recourir à un agenda pour gérer ses journées, car il ne dit jamais non à une demande d’aide. «Quand on fait du bénévolat, on se fait des amis extraordinaires qui ont les mêmes valeurs que nous, des gens qui ne sont pas juste centrés sur eux-mêmes», fait-il valoir.