Andréa Schaerli
Andréa Schaerli

Les couleurs suisses au Carnaval de Gentilly

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
BÉCANCOUR — Andréa Schaerli est une mère de famille qui aime bien la quiétude de sa demeure après ses journées de travail. Pourtant, lorsqu’il y a du bénévolat à faire dans sa charmante communauté de Gentilly, elle dit toujours oui sans hésiter.

C’est ainsi que, sans le vouloir, elle s’est retrouvée cette année à la présidence de la 51e édition du Carnaval de Gentilly.

Il s’agit, pour elle, du couronnement de plusieurs années d’implication dans cette activité annuelle puisqu’elle y a mis de très nombreuses heures de bénévolat en tant que serveuse au bar du Carnaval et à titre de responsable des serveurs également. Mme Schaerli a même pris la responsabilité de la cantine du Carnaval.

Ses implications soutenues et actives lui ont d’ailleurs valu le titre de Bénévole de l’année au Carnaval de Gentilly, l’an dernier.

Ce poste de présidente, Andréa Schearli ne souhaitait pas l’obtenir. «Ça demande trop de temps», explique-t-elle.

C’est une jeune fille de son coin, Justine Damphousse, qui l’aura fait changer d’idée. «L’an passé, elle a dit qu’elle aimerait être duchesse au Carnaval. Ça m’a touchée, car elle a une différence», raconte la présidente.

Justine, qui a récemment fait l’objet d’une chronique d’Isabelle Légaré dans Le Nouvelliste, compose en effet avec une dysphasie sémantique pragmatique modérée à sévère, une dyspraxie, un trouble de l’audition centrale, une légère limitation au niveau intellectuel et un trouble de l’attention.

«Sa soeur a déjà été duchesse», raconte Mme Schaerli. «Je me suis dit que si j’étais présidente, je lui donnerais la chance de l’être aussi.»

Chose promise, chose due et la jeune fille au tempérament ensoleillé réalise son rêve en ce moment même.

«C’est pour elle que j’ai accepté d’occuper la présidence», confie Mme Schaerli.

Sans cela, notre Tête d’affiche aurait peut-être dit non à la présidence. «Je m’étais toujours dit que jamais je le serais.»

C’est que pour les organisateurs, le Carnaval de Gentilly signifie une première réunion dès la fin d’août et le début des activités, dès novembre. Ces dernières se poursuivent jusqu’à la mi-février avec une petite pause dans le temps de fêtes. «J’y pense donc matin et soir et les week-ends aussi», dit-elle. Il y a de multiples réunions en soirée. Il faut aller chercher des commanditaires et monter des comités. C’est beaucoup de travail pour cette présidente qui travaille également à plein temps à titre de directrice adjointe aux opérations du Moulin Michel de Gentilly.

Malgré tout, cette Suisse-Allemande d’origine a profité de sa nouvelle responsabilité pour introduire les couleurs de la Suisse, le rouge et le blanc, dans la 51e édition du Carnaval.

Sous son impulsion, un premier souper et une soirée suisses ont été organisés. Toutes les traditions de son pays d’origine ont été mises en valeur lors de cet événement fort couru: fondue au fromage, desserts au chocolat, cor des Alpes et même des chants suisses interprétés par une chorale.

En réalisant cette nouvelle activité, Mme Schaerli voulait valoriser la vingtaine de familles d’origine suisse qui vivent dans la MRC de Bécancour.

Andréa Schaerli est la sixième d’une famille de neuf enfants d’immigrants suisses qui ont oeuvré dans l’agriculture à Sainte-Marie-de-Blandford. En prenant mari, elle s’est installée tout près, à Gentilly, où elle a multiplié dès le départ ses implications sociales, en particulier à l’école fréquentée par ses deux fils où elle a été membre du conseil d’établissement pendant plusieurs années de même que bénévole à la bibliothèque scolaire pour aider les enfants à trouver des livres. Elle a également été parente accompagnatrice lors de diverses sorties scolaires.

Technicienne en santé animale de formation, Mme Schaerli a été elle-même duchesse du Carnaval de Gentilly, en 1999, lors du 30e Carnaval en ne se doutant pas un seul instant qu’elle allait en devenir présidente un jour. Elle ne cache pas son bonheur d’avoir pu faire vivre cette expérience à la jeune Justine Damphousse cette année.