Le cuisinier qui aime le bénévolat

BÉCANCOUR — Les plus âgés, parmi les résidents du secteur Sainte-Angèle-de-Laval, à Bécancour, se souviendront sûrement des soirées de danse qui se tenaient dans les années 1960. On mettait quelques bons 33 tours et la salle était pleine à craquer sur deux étages.

Ce qu’il y a d’assez extraordinaire, dans cette anecdote, c’est que ces soirées très populaires étaient organisées par un groupe d’adolescents d’une quinzaine d’années, la Ligue des étudiants paroissiaux ou LÉP, dont faisait partie le jeune Jean-Guy Pépin.

À l’aide des profits amassés au cours de ces soirées, la LÉP a pu aussi démarrer des ligues de hockey et de balle molle rurales, dans le village et payait même les vêtements de joueurs.

Jean-Guy Pépin adorait s’impliquer de la sorte et cette passion naissante pour le bénévolat ne le quittera jamais, pour le plus grand bénéfice des gens de Bécancour, sauf pendant quelques années au cours desquelles ce fils de maraîcher est devenu cuisinier.

Son métier l’a en effet amené à voyager pendant de longues années aux quatre coins du Canada. Travaillant pour des chaînes de restaurant comme le Canadien National et le Canadien Pacifique, le cuisinier a pu exercer son métier dans divers endroits touristiques prestigieux, comme le Château Lake Louise, en Alberta. «J’ai participé à l’ouverture de l’Hôtel Le Baron, à Trois-Rivières. J’ai travaillé à Toronto et dans les provinces de l’Atlantique», raconte-t-il. Ça, c’est jusqu’à ce qu’il remporte un concours, chez un de ses employeurs, pour aller travailler en Allemagne. La réponse ne s’est pas fait attendre. Ce fut un non retentissant, surtout à cause de la barrière de la langue.

Jean-Guy Pépin trouve plutôt, au terme de ses voyages, un travail d’enseignant dans une école de cuisine de Trois-Rivières, ce qui lui permet de retourner vivre dans son patelin d’origine dans le secteur Sainte-Angèle-de-Laval, à Bécancour, où il vit depuis. C’était il y a 31 ans.

N’étant plus sur la route, le goût du bénévolat lui revient très vite. «Pour moi, c’est une forme de loisir», fait-il valoir.

Il s’implique alors dans l’organisation de la Saint-Jean-Baptiste. Ce sera la plus grosse jamais organisée dans la municipalité. Entre 6000 et 7000 personnes y assistent.

Jean-Guy Pépin ne tarde pas à être recruté comme président du Comité de loisirs pour le secteur Bécancour.

Sous son mandat, on a vu naître une patinoire, le terrain de soccer a été réparé et un terrain de tennis a été aménagé, tout ça grâce aux subventions que cet infatigable bénévole est allé chercher.

Préoccupé par l’isolement qui affecte de nombreuses personnes âgées, Jean-Guy Pépin démarre un projet de construction d’une gloriette spacieuse en bordure de la rivière Bécancour équipée de plusieurs places assises permettant aux gens de s’y rendre pour lire, jouer aux échecs ou discuter entre eux. Cette nouvelle construction a misé juste et fait la fierté des gens du coin. Malheureusement, se désole-t-il, elle est souvent la cible d’actes de vandalisme.

L’administration municipale s’est tournée vers cet homme impliqué dans son milieu pour assumer la présidence de la Journée des aînés célébrée lors du 50e anniversaire de fondation de la municipalité.

C’est qu’au tournant des années 2000, Jean-Guy Pépin organise diverses activités pour les aînés: jeux de cartes, pétanque de même qu’un souper par mois. On devine que ce souper était entièrement cuisiné de ses mains expertes. «Ainsi, on sauvait les frais de traiteur», dit-il. Pendant six ans, il sera le président du club de l’Âge d’or de Bécancour. Il deviendra plus tard administrateur de la Fadoq pour le Centre-du-Québec.

Depuis deux ans, Jean-Guy Pépin a mis un frein à ses activités de bénévolat à cause d’ennuis de santé. Respecté pour son implication exceptionnelle dans sa communauté, Jean-Guy Pépin se dit heureux d’avoir reçu, en 2001, le titre de Bénévole de l’année par la Ville de Bécancour et d’être récipiendaire de la médaille du Lieutenant-gouverneur du Québec, en 2015, pour son travail bénévole auprès des aînés.