Le boss des courses, c’est lui!

«Je ne pourrais pas être plus Trifluvien que ça. Je suis né sur la rue Bonaventure, près du Flambeau. Ma ville, j’en suis fier!»

Et comme tout bon amateur de sports de Trois-Rivières qui se respecte, le Grand Prix coule dans les veines de Jacques Veilleux, le directeur des courses de la prestigieuse compétition. Le boss des courses, c’est lui!

L’implication de M. Veilleux dans le célèbre festival automobile remonte à 1979. Comme bien des bénévoles toujours actifs aujourd’hui, il a été initié par l’entremise du comité des promotions. «Un ami m’a introduit dans l’équipe et j’ai fait ça pendant deux ans. J’ai voyagé à Mont-Tremblant, Montréal et Québec, entre autres, pour vendre le Grand Prix aux amateurs et aux partenaires.»

En réalité, Jacques Veilleux était déjà un fan fini de sports automobiles avant la fin des années 70. Il se souvient de son premier GP3R, en 1971, comme jeune amateur de 17 ans. Fidèle au poste, il n’a pas raté une classique depuis. «Parce que c’est ma deuxième famille. J’ai tellement vécu de fortes émotions en 39 ans! L’époque des Villeneuve fut mémorable, mais je me souviens aussi de toutes les victoires de nos pilotes locaux.»

Par contre, du haut de la tour de contrôle à la Bâtisse industrielle, où il veille au bon fonctionnement des opérations, notre tête d’affiche n’a pas le temps de baigner dans l’ambiance. Cette position stratégique dans la tour, il l’occupe depuis le début des années 2000. Avant d’être directeur de course, il était l’adjoint du regretté Bob Gauthier, un homme qu’il considère comme un frère. «C’est Bob qui m’a fait passer des promotions aux courses. Quand il a quitté, nous avions de grands souliers à chausser.»

Jacques Veilleux a toujours été identifié comme le fidèle complice de M. Gauthier. En 2017, il a pris la relève comme directeur des courses. À son menu figuraient les courses du Championnat mondial de rallycross et de NASCAR Canada, mais aussi les épreuves de la Formule Électrique à Montréal. «C’était la première année de la FÉ, on a appris sur le tas comme on dit! Les dirigeants de la Fédération internationale de l’automobile nous ont félicités, ils ont vanté la qualité de notre équipe. Ça, c’est la meilleure paie qu’on peut recevoir.»

Responsable des véhicules d’urgence et de la sécurité, des courses et des qualifications, directeur de la discipline en piste: Jacques Veilleux contrôle presque tout pendant le GP3R. Il a souvent le dernier mot sur les décisions rendues. Aussi bien dire qu’il se retrouve au centre du système nerveux d’une organisation chapeautant des centaines de bénévoles.

Au cours des derniers mois, il a établi un plan de sécurité détaillé avec l’assistant-chef des pompiers à la Ville de Trois-Rivières, Steve Verroneau, en lien avec toutes les catastrophes susceptibles de se produire pendant l’événement. «On pense à tous les scénarios: une fuite de chlore à la piscine de l’Expo, un attentat terroriste, une estrade qui tombe. On a adapté le plan de secours à 2018.»

À ce sujet, on joue quand même de chance au GP3R depuis 1967, car aucun incident très grave n’est survenu autant en piste que dans les gradins. Jacques Veilleux en est conscient. «J’ai eu la frousse quelques fois dans ma carrière avec des accidents en piste, mais c’est vrai que nous avons été épargnés en général. Nos équipes réagissent vite, elles sont tellement compétentes! Sur nos casquettes, c’est écrit Équipe GP3R. Ça résume assez bien comment on fonctionne ici. Ce n’est pas un hasard si nous sommes reconnus partout en Amérique du Nord et en Europe.»

Énumérer les personnes qui l’ont marqué en 39 ans s’avère un défi de taille, mais Jacques Veilleux admet entretenir des relations particulières avec Normand Bourgeois, impliqué depuis plus de 35 ans, son beau-frère et assistant aux courses Jocelyn Bourassa, le responsable aux remorques Daniel Croteau ainsi que l’inspecteur technique Fernand Vézina, sans oublier Denys Beaudin, qu’il a lui-même entraîné au GP3R.

Jacques Veilleux a été intronisé au Temple de la renommée du Grand Prix en 2015. L’année suivante, le propriétaire du restaurant Scores à Trois-Rivières était nommé bénévole de l’année. Pour un type qui donne de 250 à 300 heures par année à l’organisme, c’était bien mérité.

«Jacques, c’est l’expert pour ménager la chèvre et le chou, explique le directeur général du Grand Prix, Dominic Fugère. Il a un jugement exceptionnel, peu importe la situation, et ces qualités ont été saluées par la FIA. Il ne voulait pas prendre la place de Bob, mais il est devenu un des bons directeurs de courses dans le monde.»