Anne Fournier

L'amour inconditionnel des enfants

Docteure Anne Fournier aime les enfants, et ce, depuis toujours. Il y a déjà environ 20 ans que la cardiologue pédiatrique se déplace à Trois-Rivières. Elle vient prendre soin des jeunes de 0 à 18 ans de la région avec la clinique mobile cardiopédiatrique de l'hôpital Sainte-Justine. Des milliers de kilomètres parcourus, et pas seulement dans la région, pour donner au suivant.
Docteure Fournier a d'ailleurs augmenté la cadence au courant des années, passant d'une à deux visites par mois.
«On voit quasiment 40 patients. Oui c'est beaucoup, mais ce n'est pas important. Ça fait 80 familles qui, chaque mois, n'ont pas à se déplacer à Sainte-Justine pour avoir des services de cardiologie pédiatrique pour leur enfant. C'est ça la beauté de la chose», lance Anne Fournier.
Cette dernière n'était pas obligée de mettre en place ces cliniques, encore moins de se déplacer été comme hiver avec tout ce que ça implique. Si elle le fait, c'est qu'elle en a envie, tout simplement. 
«Il faut redonner à la société et pour moi c'est très important», insiste Anne Fournier.
«Je me sens une obligation de le faire pour aider ces gens-là. Ce n'est pas facile d'avoir un bébé malade», ajoute-t-elle.
Pour Anne Fournier, les enfants sont un gage d'avenir, une ressource inestimable pour la société.
«Je les aime tellement les enfants. C'est notre avenir, c'est notre devenir. Les enfants sont sans malice et ils n'ont pas peur d'avoir mal. Ils n'ont pas peur d'avoir peur. Ils veulent vivre, ils veulent s'amuser et être bien», commente la cardiologue pédiatrique.
Le bien-être des jeunes passe également par celui des parents. Docteure Fournier tente, avec succès, de leur faciliter la vie en se déplaçant dans la région.
«C'est tellement difficile d'avoir un enfant malade. Si on peut adoucir tout le reste autour pendant cette période-là, ça rend la vie plus facile pour tout le monde, même pour moi», commente-t-elle.
Anne Fournier est aussi la cofondatrice d'En Coeur, la Fondation québécoise pour les enfants malades du coeur. Lorsqu'on lui a lancé l'idée de la fondation en 1984, elle n'a pas hésité une seconde à s'impliquer.
«C'est sûr que j'ai embarqué», a-t-elle lancé.
«C'est certain que ç'a pris de l'ampleur avec les années. Le noyau qu'il y avait à Sainte-Justine s'est étendu à toute la province.»
Cette Fondation existe encore aujourd'hui et elle est très active. C'est une grande réalisation pour la femme de 59 ans qui siège encore à ce jour sur le conseil d'administration. 
«La Fondation fait partie de moi. C'est certain que j'en suis fière. Le réseau de clinique itinérante, c'est quelque chose que j'ai bâti à travers les années et c'est très bien.»
«Je suis contente et je suis heureuse de ça. [...] Je me sens très privilégiée dans la vie. Ce que je fais à En coeur, c'est du bénévolat. Mais je me sens le devoir de le faire pour redonner au suivant», a-t-elle ajouté. 
Il faut dire qu'En coeur a été un très grand facilitateur pour les cliniques mobiles. La Fondation a offert de l'aide, notamment, pour l'appareillage, une civière adaptée, les appareils d'échographie...
«En Coeur a beaucoup aidé au soutien, il y a beaucoup de services de bénévolat qui ont été offerts lors des cliniques pour assurer le bon fonctionnement. Maintenant, comme ça fait 20 ans, ça fait partie des murs et il n'y a plus personne qui remet ça en question.»
La maman de deux grands enfants de 25 et 30 ans a un lien particulier avec la région.
«Je suis très attachée à la région, je n'y suis pas originaire, mais j'ai une maison à Saint-Pierre-les-Becquets.»
Si le travail occupe une place importante dans son horaire, la cardiologue pédiatrique trouve quand même le temps de se détendre. Anne Fournier aime bien voyager, le jardinage, la couture et faire de la courtepointe.
«C'est un travail très minutieux et manuel que j'aime beaucoup», a-t-elle conclu.