L’aide dans l’ombre

L’expression «bénévole dans l’ombre» peut être incarnée par Denis Verville. Il est connu comme président du Club Shriner de la Vallée du Saint-Maurice, mais discrètement, il offre de son temps et de ses compétences à des organismes et à des familles. Le Centricois a récemment mérité la médaille de l’Assemblée nationale pour souligner son implication bénévole.

«On vient d’un milieu assez pauvre, et ma mère a toujours fait du bénévolat. Elle aidait peut-être parfois des moins pauvres que nous! On a appris ça d’elle», confie le natif de Sainte-Sophie-de-Lévrard, qui s’est établi à Saint-Pierre-les-Becquets avec son épouse Christiane il y a 38 ans.

Formé en mécanique industrielle, M. Verville s’est impliqué au profit de plusieurs causes via son travail. Mais il est parfois allé plus loin en prenant à sa charge des projets en particulier. Ce qu’il a fait pour l’Association des handicapés adultes de la Mauricie (AHAM) en est un bon exemple. 

L’entreprise pour laquelle il travaille, Ganotec, s’associe périodiquement à des causes. Celle de l’AHAM a été suggérée. «En arrivant dans la bâtisse, j’ai vu tout ce qui n’était pas correct... Les poignées de portes n’étaient pas adéquates, les escaliers extérieurs étaient condamnés, les classeurs n’étaient pas adaptés, il y avait de la peinture à faire...», énumère Denis Verville, qui a fait sienne la mission d’optimiser le potentiel de la bâtisse, de rafraîchir son mobilier, et d’adapter ce qui devait l’être.

Avec la collaboration d’amis et d’entrepreneurs, il a réalisé plusieurs travaux et a aménagé cinq locaux pour qu’ils puissent être loués au profit de la Fondation de l’AHAM. Il a entre autres récupéré du mobilier et de l’équipement de bureaux qui fermaient de toute façon. Les employés de Ganotec contribuaient au financement des initiatives, mais le bénévolat de l’entourage de M. Verville et les dons de matériaux ont permis de concrétiser les transformations.

«Onze Petits Frères des pauvres ont peinturé pendant une semaine dans la bâtisse. Un autre ami s’est occupé des marches. On a meublé des locaux vides avec du mobilier neuf de chantiers qu’on fermait. On a rénové une grande salle: on a refait le plafond et les planchers, installé des luminaires. On a rénové la cuisine; j’ai des amis qui ont donné des équipements de cuisine», cite-t-il encore.

M. Verville a coordonné le tout de façon totalement autonome, sans faire partie du conseil d’administration de l’association ou de sa fondation.

Aussi de sa propre initiative, à l’approche des Fêtes, le Becquetois se fait un devoir d’aider des familles plus démunies. «Mon épouse et moi, on fait des épiceries et on va les porter deux jours avant Noël chez des familles. On a vu des grands ados pleurer et dire que c’était la première fois qu’ils auraient un si beau repas de Noël. À Noël, c’est important pour moi que tout le monde ait un petit plus», indique-t-il. 

Depuis 12 ans, le père de famille fait aussi partie du Club Shriner de la Vallée du Saint-Maurice. Il y a quelques années, il a été nommé ambassadeur de l’organisation dédiée aux enfants.

«J’ai l’opportunité d’avoir deux bons enfants en santé. La vie nous donne, il faut redonner à la vie», considère-t-il en parlant de l’organisation internationale qui finance les activités de 22 hôpitaux offrant des soins pédiatriques spécialisés en orthopédie. L’hôpital Shriners de Montréal est reconnu comme un centre d’excellence en orthopédie pédiatrique au Canada, traitant des troubles complexes comme l’ostéogenèse imparfaite (maladie des os de verre) et les anomalies sévères de la colonne et des membres.

Les Shriners parrainent des familles dont les enfants doivent être traités. «On défraie tout le transport, la nourriture et l’hébergement s’il y a lieu, explique le président du Club Shriner de la Vallée du Saint-Maurice, qui organise cinq ou six activités de financement par année.

«Pour moi, donner c’est recevoir. Quand tu vois l’étincelle dans les yeux des enfants et des parents, c’est ta paye», conclut-il.