La semeuse de joie

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Nicolet — Des trophées et des médailles de reconnaissance pour son bénévolat, Jeanne d’Arc Plourde en a une belle collection, mais jamais autant que de CD de musique qu’elle fait jouer discrètement dans plusieurs pièces de sa maison, même lorsqu’elle s’absente, histoire d’être accueillie par ses airs préférés lorsqu’elle revient chez elle.

Jeanne d’Arc Plourde aime la musique depuis sa plus tendre enfance et même si elle n’a jamais appris à lire les feuilles de musique comme les musiciens professionnels le font, elle a l’oreille et la voix justes. Son plus grand plaisir, c’est de chanter. C’est pourquoi elle a consacré des décennies à la chorale Les Semeurs de joie de Nicolet dont elle assume la présidence depuis 25 ans.

Le simple fait de mentionner ce chiffre, au cours de l’entrevue, lui fait porter les mains au visage comme si elle venait de prendre conscience de tout ce temps qu’elle y a consacré.

Ça passe vite, en effet, quand on a le bonheur d’interpréter de beaux airs et d’en faire profiter les gens.

Arrivée à Nicolet en 1972, c’est en 1977 que notre Tête d’affiche s’inscrit avec sa jolie voix d’alto dans cette chorale.

«J’avais pris une année sabbatique», raconte cette enseignante de 35 ans de métier. «Il me manquait un côté social et j’aimais chanter. J’avais déjà chanté dans une chorale à l’école normale», raconte-t-elle. Son père était également dans un ensemble vocal. Chanter, c’était naturel, dans la famille et on laissait les jolies notes s’expulser des poumons dès que l’occasion se présentait.

Les airs classiques, les chansons populaires, la chanson québécoise, le folklore, la chorale Les Semeurs de joie s’est amusée à tous les interpréter au fil des ans.

Mme Plourde n’a pas hésité à donner du temps pour son groupe et c’est comme secrétaire qu’elle s’impliquera d’abord dans la chorale.

Ses qualités de leader et de personne créative et engagée sont alors rapidement reconnues. En plus d’exercer sa profession et d’élever ses enfants, Mme Plourde donne du temps pour le recrutement et les commandites nécessaires pour soutenir les concerts.

«J’encourage beaucoup l’achat local et les gens de chez nous. C’est moins gênant de leur demander des commandites par la suite», fait-elle valoir.

C’est lorsque la présidente a quitté son poste pour des raisons de santé que la candidature de Mme Plourde s’est imposée d’elle-même, au sein du groupe, ce qui l’aura menée à occuper ce poste pendant un quart de siècle, sauf pour une brève période de deux ou trois ans.

Du temps? Elle s’est organisée pour en avoir. «Disons que je ne suivais pas les téléromans», fait-elle valoir en précisant que la chorale fait relâche à certaines périodes de l’année pour les vacances d’été et de Noël.

Sous la présidence de Mme Plourde, la chorale Les Semeurs de joie de Nicolet a pris de la visibilité. «Nous sommes allés chanter à l’extérieur», illustre-t-elle.

«On a produit 7 CD dont deux CD de Noël qui ont été enregistrés au Cégep de Trois-Rivières», raconte-t-elle. Ces albums se vendaient après les représentations qui avaient habituellement lieu soit chez les sœurs de l’Assomption, lorsque l’auditorium existait encore ou, maintenant, à la cathédrale de Nicolet ou au Théâtre Belcourt de Baie-du-Febvre.

La chorale compte plus ou moins 45 chanteurs en provenance d’une dizaine de paroisses autour de Nicolet et même de Trois-Rivières.

Jeanne d’Arc Plourde a reçu plusieurs prix pour son implication: le trophée Mercier, en 1994, décerné par la Caisse populaire et le Centre d’action bénévole, la Médaille du Lieutenant gouverneur, en 2018 et le prix Jean-Nicolet, en 2019.

«Chanter, c’est bon pour la santé», plaide la présidente de la chorale Les Semeurs de joie de Nicolet. La chorale est une seconde famille, dit-elle. «Nous avons déjà chanté aux funérailles d’une choriste qui était là depuis 1963», raconte-t-elle pour démontrer l’attachement de certains envers Les Semeurs de joie. «Quand on chante, on oublie ses soucis.»