Charlie Doiron

La détermination d’une jeune femme engagée

C’est jour de Saint-Valentin chez les Doiron. Les enfants préparent les fruits pour la fondue au chocolat. Une tradition familiale. Ils sont cinq et ont entre onze et seize ans. Les parents rentreront plus tard, après le travail. Maman vient justement de texter. «Est-ce qu’il manque quelque chose?» Des bananes, maman.

La vie à sept chez les Doiron est une routine qui ne semble pas s’accommoder de la banalité. Des dessins au mur. Des instruments de musique un peu partout. Des bricolages. Un bouvier bernois qui accueille vigoureusement la visite. Un désordre ordonné qui laisse supposer le rythme chargé de la maisonnée.

Charlie est l’aînée de la fratrie. C’est elle qui ouvre la voie. Impliquée dans tout. Elle a déjà l’agenda d’un premier ministre.

Si l’école l’occupe à temps plein — elle termine son secondaire et entre au Cégep en septembre prochain —, Charlie est aussi engagée socialement. Elle est notamment bénévole au Club de patinage artistique Ook-Pic depuis qu’elle a huit ans. Elle assiste ainsi les entraîneurs avec les groupes de petits patineurs, tous les dimanches matin.

Elle explique cette implication par son goût d’aider les autres et son amour des enfants. Un sens du prochain qui lui vient du temps qu’elle a passé à s’occuper de ses sœurs jumelles, de cinq ans ses cadettes, si on insiste pour l’entendre.

En 2018, sa communauté la salue. Le Centre d’action bénévole de Grand-Mère lui décerne le prix du Bénévolat jeunesse lors de son gala annuel.

Elle affirme ne plus patiner sérieusement, mais travaille tout de même une routine de patinage en couple, le lundi soir. Un tango. «Pour le fun», lance-t-elle.

En parallèle, Charlie joue parfois les annonceuses ou fait tourner la musique lors de compétitions de patinage. Elle a fait partie de l’équipe de basketball de l’école. Elle a participé au programme Sunny Action, auprès des personnes âgées en CHSLD. Elle donne maintenant des leçons de piano, le samedi matin.

D’ailleurs la musique semble être une dimension importante de sa vie, sans y prendre toute la place. Elle ne parle pas de devenir chanteuse — elle ambitionne d’être pharmacienne, à moins qu’elle revienne à son projet d’enseigner —, mais participe à Secondaire en spectacle, le lendemain de la Saint-Valentin.

C’est une chanson de son cru qu’elle propose lors de la compétition qui met en scène les talents prometteurs d’une même école. L’opus s’intitule Mon enfance. Le texte relate la mélancolie d’une jeune femme qui voit son enfance lui glisser entre les doigts.

Il faut savoir que le père de Charlie est Gaspésien et que la famille passe tous ses étés là-bas, à Sainte-Anne-des-Monts. Or, l’an dernier, la jeune femme décroche un emploi d’été à la pharmacie de son oncle, à Shawinigan, et sera contrainte de passer la saison estivale à la maison.

Si sa chanson laisse poindre une certaine nostalgie, on sent toutefois que Charlie a les pieds bien sur terre et le regard porté sur l’horizon. Que ce soit sur le souper de ce soir, le spectacle de demain, la production de l’album de finissants dans lequel elle s’implique ou dans l’une ou l’autre de ses activités, Charlie Doiron affiche un calme résolu.

Quant à la vie sociale, la jeune femme indique que celle-ci se vit souvent au fil de ses implications et que ses amis sont pour la plupart des gens aussi occupés qu’elle. Le samedi soir demeure toutefois une case libre à l’agenda, confie-t-elle.

Pour le reste, elle sent bien que les études qu’elle entreprendra l’an prochain lui commanderont de faire des choix. L’été dernier a déjà marqué une rupture avec l’enfance. Elle évoque la fin du patinage — le sien, pas celui de son bénévolat. Elle espère continuer à enseigner le piano...

Les études supérieures amèneront évidemment cette jeune déterminée à un jour quitter le nid familial. Une éventualité qu’elle n’a pas encore trop envisagée. Parions que tout ira pour le mieux. Et que l’on n’a pas fini d’entendre parler d’elle.