Sylvain Lefebvre

La communauté, cette autre famille

Baie-du-febvre — La Ferme Pays-Brûlé de Baie-du-Febvre est une affaire de famille. Sylvain Lefebvre, son propriétaire depuis 1990, a pris la relève de son père, qui avait lui-même repris les rênes de la ferme laitière pour suppléer au grand-père. Et son fils Charlie est celui qui se prépare à prendre les commandes de l’entreprise agricole. La taille de l’exploitation demeure modeste. L’ambition ici se mesure à l’aune du bonheur des générations qui se succèdent.

Les valeurs familiales qui dictent le rythme de vie de Sylvain Lefebvre trouvent leur prolongement naturel dans la communauté. Aussi, quand l’agriculteur quitte un moment les activités qui l’occupent dans les champs du chemin du Pays-Brûlé, c’est souvent pour aller prêter main-forte au village. Les occasions sont nombreuses. Le bénévolat fait en quelque sorte office de vie sociale dans la municipalité qui borde le sud du lac Saint-Pierre. Et M. Lefebvre est toujours de la partie, quitte à retarder un peu les récoltes, se résigne sa compagne, Marcelle Trottier.

La famille est habituée que le paternel aille donner de son temps. C’est elle qui assure la permanence à la ferme quand celui-ci vaque à son bénévolat. Le clan reconstitué compte cinq enfants. «Ils sont tous frères et sœurs», maintiennent les parents. Quatre petits-enfants, dont deux jumeaux, sont venus s’insérer dans le tissu familial depuis deux ans. Une collection de photos de tout ce beau monde tapisse un mur dans la maison qui voit les générations passer.

Dans la communauté, on connaît bien le dévouement de M. Lefebvre. Ainsi, quand arrive le temps d’organiser quelque chose, ou qu’on cherche des bras, la formule «appelle Sylvain!» résout souvent l’impasse.

L’homme s’implique dans à peu près tout ce qui fait vibrer la communauté. Il est administrateur de la Grande tablée du lac Saint-Pierre. Il est bénévole au Challenge 255, qui voit des dizaines de milliers de personnes déferler sur la municipalité de moins de 1000 habitants. «Ça en fait de la gestion de clôtures et des vidanges à ramasser», s’exclame le Baievillois, qui ne rechigne pas à la tâche.

Son bénévolat s’exprime sur tous les fronts. Il s’occupe autant de loisirs que de culture. Il a pu arroser la patinoire les soirs d’hiver, avant que la municipalité ne se dote d’une glace couverte, tout comme il investit de son temps afin de rénover le théâtre local.

Des causes aussi diverses que l’ancien événement Regard sur l’oie blanche et l’Office municipal d’habitation ont pu bénéficier de l’implication de Sylvain Lefebvre. Quand l’émission La Petite séduction débarque à Baie-du-Febvre, il fait partie du comité de cinq personnes qui prépare la venue de François Massicotte. Il a également été administrateur de la commune de Baie-du-Febvre, un territoire de quelque 350 acres qui faisait office de pâturage communal de 1682 à 1988 et qui est aujourd’hui protégé et dédié à l’observation de la faune.

Or, mis à part les liens qui l’unissent à sa famille, c’est surtout de son action au Club Optimiste local que M. Lefebvre tire sa plus grande fierté. Il y a occupé diverses fonctions depuis 1990, siégeant tour à tour comme secrétaire, président et lieutenant-gouverneur. Le Club organise des activités et remet périodiquement des sommes d’argent à l’école du village, explique-t-il.

Alors que la retraite pointe tranquillement à l’horizon, M. Lefebvre prépare lentement la relève. Son fils Charlie étudie à l’Institut de technologie agroalimentaire de Saint-Hyacinthe en vue de cette éventualité. Un dénouement que l’agriculteur évoque avec émotion, heureux de savoir que la ferme et la maison qui l’ont vu naître perdureront.

Après plus de trente ans à travailler sept jours sur sept, il ne craint pas de s’ennuyer une fois le flambeau transmis. «On aura en masse d’activités pour s’occuper», assure-t-il. Entre-temps, on continue d’organiser les activités de la ferme sans trop se soucier du temps qui passe. Sylvain Lefebvre et Marcelle Trottier se marieront d’ailleurs cet été, après plus de 22 ans de vie commune. «Un gros party de famille», promettent-ils.