Suzanne Ross et Lise Beaulieu

Gérer la philanthropie d’autrui

Suzanne Ross et Lise Beaulieu ont toutes deux des parcours professionnels en gestion. Elles se sont d’abord côtoyées au sein de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières et, aujourd’hui retraitées, elles continuent de faire fructifier leurs compétences au profit de la Fondation communautaire du Saint-Maurice.

«La mission des fondations communautaires est d’amasser de l’argent dont seuls les rendements sont distribués à la cause choisie par le créateur du fonds», résume Lise Beaulieu pour expliquer en quoi consiste cet organisme plus ou moins connu de la population. 

«Chaque créateur de fonds a son propre objectif, mais on met l’argent en commun. L’argent récolté est administré par deux gestionnaires de portefeuille, avec un regard du comité de placements de la fondation», ajoute Suzanne Ross, anciennement gestionnaire dans des institutions financières.

Pour simplifier, on pourrait dire que chaque créateur de fonds a sa petite fondation dans un créneau de son choix, et ce fonds est administré par la Fondation communautaire du Saint-Maurice (FCSM). C’est le rendement des placements qui est utilisé pour soutenir les causes choisies par les créateurs de fonds. Des individus, des familles, des organismes ou des entreprises peuvent créer leur propre fondation pour aider dans des domaines comme la santé, l’éducation, la culture et l’environnement, par exemple.

«Au début, on avait un seul fonds de 3000 $ pour les personnes handicapées, et aujourd’hui, on a près de 4 millions $ d’actifs, et au-delà de 85 fonds différents», décrit Mme Beaulieu en parlant de la FCSM, créée en 1999.

La création d’une fondation n’est pas réservée qu’aux millionnaires. Les petits montants sont considérés autant que les plus grands. «Une personne peut commencer avec 2000 $ et en remettre chaque année, et elle fera partie du lot comme celui qui crée un fonds et met 100 000 $», illustre Mme Beaulieu, ce à quoi sa complice ajoute: «On veut faire savoir que la fondation, c’est pour M. et Mme Tout-le-Monde. C’est le principe de donner au suivant.» 

Des exemples de fonds? Un agronome qui enseigne à l’université verse chaque année de l’argent dans sa fondation, avec l’objectif de soutenir des projets de recherche en environnement. Autre exemple, les fusions de paroisses ont incité les bénévoles de certaines d’entre elles à créer un fonds pour que les revenus de l’argent amassé dans leur paroisse d’origine soient redistribués dans cette communauté en particulier. Des individus ont aussi créé des fonds pour offrir des bourses à des étudiants.

C’est lorsqu’elle était directrice générale de Centraide que Lise Beaulieu a découvert la Fondation communautaire du Saint-Maurice, puisque c’était la permanence de Centraide qui s’en occupait. Puis, Mme Beaulieu a invité Suzanne Ross, nouvellement retraitée, à effectuer des tâches administratives bénévolement pour l’organisme et, en 2007, à se joindre au conseil d’administration. 

Jusqu’en 2011, les deux femmes œuvraient bénévolement pour la Fondation, entre autres via son conseil d’administration. À un moment, celui-ci a souhaité optimiser le développement de la fondation et la faire connaître davantage. Les deux femmes ont proposé leurs services rémunérés à raison d’une journée par semaine, pour participer plus activement au développement de l’organisme, tout en maintenant leur contribution bénévole au conseil d’administration.

«On fait des présentations, on rencontre les gens qui veulent de l’information et créer leur fonds, on établit un protocole... L’avantage de la fondation communautaire, c’est que tout le soutien administratif, c’est nous qui le faisons. On s’occupe des engagements avec l’Agence du revenu et des reçus de charité», énumère Lise Beaulieu qui, avant de diriger Centraide, était connue comme directrice générale de TVA Trois-Rivières.

«On aime ce qu’on fait! On aime encore rencontrer des gens, les aider. On ressent une satisfaction à développer la fondation, à aller chercher des nouvelles personnes et à continuer à brasser un peu de paperasse comme on l’a toujours fait dans notre carrière», formule Suzanne Ross pour décrire le plaisir que son amie et elle trouvent dans leurs occupations de retraite.