Lyne Hébert

Garder vivante la flamme de Gentilly

On croirait qu’en assumant la direction d’une des plus grosses résidences pour les aînés de la région, depuis 2002, Lyne Hébert en aurait assez pour s’occuper, mais non. «Je suis une fille de projets et je les vis avec mon cœur. Je suis une passionnée», dit-elle. Même si la Villa Domaine Saint-Grégoire a fait l’objet d’un agrandissement important, il y a quelques mois, Mme Hébert n’a délaissé aucune de ses activités bénévoles, notamment la trésorerie du Carnaval de Gentilly où elle œuvre depuis 21 ans.

Rien ne lui fait plus plaisir que de concocter des événements, avec ses amis, afin de garder vivante la flamme de «son» village, Gentilly, auquel elle porte un profond attachement même s’il est devenu depuis longtemps un secteur de Bécancour.

En 1997, alors qu’elle s’implique à fond pour soutenir des activités de nage synchronisée, Lyne Hébert décide de donner temps et énergie au Carnaval de Gentilly qui célébrera d’ailleurs son 50e anniversaire cette année. «Le Carnaval, c’est une fierté chez nous», insiste-t-elle. Elle y organisera des soirées, s’occupera de la billetterie et principalement de la trésorerie. Les chiffres sont en effet devenus rapidement sa passion dans la vie même si elle avait orienté sa carrière, au départ, vers l’éducation spécialisée.

Alors que ses filles ont respectivement 6 et 8 ans, en 1989, elles éprouvent le désir de pratiquer la nage synchronisée, un sport qui était alors offert à la piscine de la polyvalente de Saint-Pierre-les-Becquets. Rapidement, les deux petites nageuses visent la compétition. Un comité de parents s’est alors formé et pendant 12 ans, Lyne Hébert en assumera la trésorerie. «J’organisais des compétitions avec Céline Thibodeau de Gentilly. On organisait des spectacles de fin d’année. On a fait des costumes et des décors. On présentait vraiment de très beaux spectacles», se souvient-elle. Pendant deux ou trois ans, cette bénévole énergique trouvera le moyen de s’impliquer à la fois dans la nage synchronisée et le Carnaval de Gentilly.

Lyne Hébert n’en était pas à ses premières implications sociales. Au milieu des années 1980, elle avait démarré, avec un groupe de femmes, un petit service d’animation pour permettre aux jeunes enfants de 2 à 5 ans de jouer ensemble une demi-journée par semaine. «On avait engagé une éducatrice. L’idée nous était venue après un souper de filles», raconte-t-elle. C’est que les mamans se rendaient visite de toute façon pour boire un café ensemble et permettre à leurs enfants de jouer entre eux. Il n’y avait donc qu’un pas à faire pour créer ce qui allait devenir l’Atelier Petit Page.

Ce goût de s’impliquer n’a jamais quitté Lyne Hébert par la suite.

Depuis quelques années, elle s’investit également dans le comité de loisirs de Gentilly à titre de secrétaire. Elle constatait que les bénévoles en place commençaient à s’essouffler. «Ça me tenait à cœur que ça ne tombe pas», dit-elle. «J’ai grandi dans un village qui bouge», explique-t-elle, donc pas question de laisser les loisirs à la Ville. Le dynamisme de l’équipe renouvelée déteint chez des plus jeunes qui, finalement, prendront la relève, à la plus grande joie de cette citoyenne dynamique. «Mon mandat se termine au printemps. On a de la relève», se réjouit-elle.

Lyne Hébert ne manque pas une seule occasion de faire du bénévolat dans son milieu. Et c’est toujours une belle occasion de mobiliser des amies proches. L’an passé, son petit groupe d’une demi-douzaine de femmes a organisé des activités pour la Saint-Jean. Pas de gros feu, tient-elle à préciser, car l’idée n’était pas de nuire aux activités déjà bien implantées dans certaines municipalités voisines. «On a fait une belle Saint-Jean de jour», dit-elle, question de créer un peu d’ambiance dans le cœur villageois. Encore une fois, Lyne Hébert espère avoir démarré quelque chose qui attirera de la relève.

Le 16 novembre, Lyne Hébert sera reçue au Parlement de Québec pour la remise du Prix du bénévolat en loisir et en sport Dollard-Morin.