Serge Leclerc

Faire le bien un pâté à la fois

Serge Leclerc, bénévole bien connu du milieu sportif régional, pratique un sport extrême, depuis 2012, depuis qu’il a accepté la présidence de la Tablée des nôtres du secteur Grand-Mère et de la campagne de collecte de fonds annuelle des pâtés.

L’homme dirige en effet une véritable armée de bénévoles qui cuisinent des pâtés de viande, au poulet, mexicains, patates-oignons, patates, saumon, pommes et sucre. Les bonnes odeurs créent des files d’attente à la porte numéro 10 de l’église Saint-Paul de Grand-Mère où ils sont vendus au profit de la Tablée des nôtres. Les pâtés génèrent à eux seuls rien de moins que 40 000 $ de revenus nets.

Bon an, mal an, on confectionne pas moins de 12 000 de ces tartes et pâtés dans le sous-sol de l’église. «Les gens viennent des municipalités voisines pour en acheter», raconte M. Leclerc. Le blitz de cuisine, qui a lieu en novembre, mobilise rien de moins que 722 bénévoles qui cumuleront plus de 3800 heures de travail. Il y a des journées où ils sont plus d’une quarantaine à se côtoyer.

Serge Leclerc ne s’explique pas comment il fait pour attirer autant de bénévoles dans toutes les actions sociales où il s’est impliqué. «C’est peut-être ma façon de travailler», analyse-t-il.

La campagne des pâtés a débuté en 2009 et chaque année, une partie du profit total est partagé. Jusqu’à présent, la Tablée des nôtres a bénéficié de 107 455 $ de cette campagne. Une somme de 37 653 $ est allée au Club des petits déjeuners et 101 400 $ ont été remis à la fabrique. Ça, c’est en plus du loyer de 800 $ que la Tablée des nôtres lui verse chaque mois. Tant pour la Tablée, qui loge au sous-sol de l’église, que pour la fabrique, ce partenariat est donc gagnant-gagnant.

«Depuis 9 ans, la campagne des pâtés nous a permis d’amasser 267 703 $», résume M. Leclerc.

Une cinquantaine de personnes défavorisées bénéficient, pour la somme symbolique de 1 $, d’un bon repas chaud et équilibré chaque jour, sauf les week-ends, grâce à la campagne des pâtés. La Tablée des nôtres peut embaucher un cuisinier professionnel grâce à ses revenus.

Les surplus servent à acheter de l’équipement pour les cuisines. «Il y a 29 congélateurs ici», souligne notre Tête d’affiche. «On peut faire cuire jusqu’à 60 pâtés en même temps. Tous les aliments qui nous sont donnés par Moisson Mauricie et Centre-du-Québec sont transformés et congelés. Cela nous permet de faire beaucoup d’économies», fait-il valoir.

Serge Leclerc ne veut pas prendre tout le mérite du succès de la Tablée des nôtres. «J’ai réussi à m’entourer», plaide-t-il. C’est cette formule qu’il avait d’ailleurs employée lors de ses implications dans le milieu du canotage, dans les années 1980.

Cet ancien travailleur de l’usine de papier Laurentide (pendant 30 ans) a souvent eu à se frotter les coudes avec des hommes d’affaires de la région quand il s’occupait de canotage. «Le premier membre du club Optimiste de Grand-Mère qui avait une boîte à lunch, c’était moi. Les autres étaient tous des hommes d’affaires. Je suis devenu leur président pas longtemps après», raconte-t-il.

Gagnant du trophée Bénévole par excellence au Gala sportif Centre-Mauricie 1979 et du trophée Organisation de l’année au Gala sportif Centre Mauricie pour le Défi Air Canada à Hawaï (1982, 83 et 84), personnalité de l’année au Gala Sport hommage zone 04 en 1984, Serge Leclerc a multiplié les présidences.

Il a été à la tête du Marathon de canotage Optimiste de Grand-Mère et du Grand Défi, de l’Association des coureurs en canot de la Mauricie (1981 à 1987), Tournoi national pee-wee Optimiste de Grand-Mère (1982), Club de golf de Grand-Mère (19991 à 1998), fêtes du centenaire du conseil 1209 des Chevaliers de Colomb (2007) et Noël des nôtres (1992 et 1993). C’est sans compter la vice-présidence de la Classique internationale de canots en 1990.