Être catalyseur de projets

Guy Deveault gère l’entreprise Canadel avec son frère Michel. Chef de file dans son domaine, le fabricant de meubles de Louiseville exporte 70 % de sa production aux États-Unis. Pour Canadel et pour Guy Deveault en particulier, il va de soi de partager les bénéfices de ce succès avec la communauté.

Les partenariats de type commandites sont monnaie courante pour les entreprises qui soutiennent des événements en échange de visibilité. Canadel le fait, mais a voulu aller plus loin en finançant des infrastructures comme le préau de la Place Canadel à Louiseville, construit en 2003, et celui de Saint-Alexis-des-Monts, inauguré en juin dernier.

À Louiseville, Canadel a fourni plus de 600 000 $ pour aménager l’infrastructure utilisée toute l’année. Le manufacturier a aussi offert les 100 000 $ nécessaires à la réalisation du préau de Saint-Alexis-des-Monts. Le milieu devait fournir une partie du montant total du projet pour que des deniers publics puissent compléter le financement.

Canadel a également contribué à l’aménagement de deux surfaces de dekhockey, une à Louiseville et l’autre à Saint-Alexis-des-Monts. Dans le secteur de la santé, l’entreprise a remis un montant à la Fondation Santé de la MRC de Maskinongé pour des travaux d’amélioration d’espaces communs au Centre de santé Avellin-Dalcourt de Louiseville.

«Canadel a toujours essayé de participer au développement de la société régionalement», indique Guy Deveault, président et chef de la direction de l’entreprise.

Natif de Louiseville, M. Deveault a étudié en sciences comptables à l’Université du Québec à Trois-Rivières, dans l’optique de rejoindre son père André dans la gestion de son usine de meubles, Mobilier Yugo. Le soir de son bal de finissants de baccalauréat en avril 1982, Guy Deveault apprenait la fermeture de l’usine qui subissait les contrecoups d’une crise économique. «Les taux d’intérêt étaient à 24 %», se souvient celui qui a rouvert une usine de meubles, Canadel, avec son père, dans la même année.

«Il a fallu trouver des locaux, des employés, du financement, des fournisseurs. Ça n’a pas été facile. Ça n’allait pas bien au Québec. Mais si on voulait repartir l’économie, il fallait faire quelque chose! En septembre 1982, on a eu un bureau, et on a commencé à livrer au début de 1983», raconte M. Deveault, secondé par ses frères Michel et Jean dans l’entreprise familiale qu’il gère maintenant avec Michel, après les départs à la retraite de leur père et de Jean.

Grand amateur de musique classique, Guy Deveault l’homme d’affaires se double d’un philanthrope. Il a personnellement acheté un violon Stradivarius pour le prêter à son ami, le violoniste Alexandre Da Costa.

Aussi en son nom personnel et non via son entreprise, il a récemment donné 100 000 $ au Conservatoire de musique de Trois-Rivières, en campagne majeure de financement. Pourquoi avoir offert un aussi gros montant?

«Il y a des gens qui ne donneront pas à une grosse campagne, parce qu’ils se disent que leur 50 $ ne fera pas de différence. En groupe, ça fait une différence. Mais si tu es capable de faire la différence à toi tout seul, c’est déjà quelque chose!», considère le mécène.

Canadel a aussi donné 20 000 $ au projet BOUM, de l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières, qui met les jeunes de milieux vulnérables en contact avec la musique.

«On aime participer à un projet dont on va être le catalyseur, un projet que si on embarque, il va se faire, si on n’embarque pas, il ne se fera pas», note M. Deveault, qui observe que la culture philanthropique se développe de plus en plus au Québec.

«Si on recule de 50 ans, on n’avait pas vraiment d’argent au Québec. Tu ne peux pas donner ce que tu n’as pas! Il faut créer la richesse avant de la distribuer. La richesse se crée par des initiatives, par du travail; elle ne se crée pas sans effort. L’effort va mener à la réussite, et la réussite va créer de la richesse qui pourra être partagée.»