Raymond Rinfret

Épauler les personnes handicapées

TROIS-RIVIÈRES — Notre Tête d’affiche, Raymond Rinfret de Sainte-Geneviève-de-Batiscan, est fier d’avoir reçu, l’an dernier, la Médaille du lieutenant-gouverneur pour son implication à la Fondation des handicapés adultes de la Mauricie. Il tient toutefois à souligner que cette implication et toutes les autres n’auraient pas été possibles sans sa tendre moitié, Louise. Le couple a en effet toujours fonctionné comme deux pistons d’un même moteur.

«Les épreuves de la vie brisent un couple ou le soude», fait valoir M. Rinfret. Et lorsqu’on aime un enfant autant qu’eux aiment leur fille, ça soude encore plus.

Ayant en tête la sécurité à long terme de sa fille handicapée, M. Rinfret n’a pas hésité à s’impliquer au sein du conseil d’administration de cette fondation afin de voir naître le beau projet de construction de l’édifice à logements adaptés Résidence Entre-Deux. Un premier de ces édifices a vu le jour sur la rue des Cyprès en 1997 et le second, au début des années 2000 sur la rue Dussault.

Ces résidences offrent des services jour et nuit aux personnes vivant avec un handicap sévère nécessitant un minimum de 25 heures de soins par semaine.

L’idée, raconte-t-il, était partie d’un groupe de personnes ayant la sclérose en plaques et qui vivaient alors à la Résidence Cooke.

En contribuant à la réalisation de ce projet et en aidant ainsi sa fille qui souhaitait aller vivre en appartement, M. Rinfret se réjouit d’avoir également aidé beaucoup d’autres personnes handicapées puisque les édifices comptent chacun 12 logements, dit-il.

Ces résidents, «sont comme mes enfants», raconte-t-il et l’endroit est tellement plus lumineux, pour eux, que de vivre en CHSLD, constate-t-il.

Retraité d’Hydro-Québec en 1996, Raymond Rinfret a décidé d’utiliser ses temps libres pour la cause des personnes handicapées. Ce qui lui tient le plus à cœur, raconte-t-il, c’est de mettre un peu d’humanité dans un système qui n’en contient pas toujours.

Dans le but d’obtenir du financement pour soutenir des budgets récurrents pour l’Association de la paralysie cérébrale et l’Atelier Coup de main, notre Tête d’affiche a pris part à la création du Regroupement des bingos de Trois-Rivières. Chaque année, en effet, l’organisme distribue des fonds aux organismes d’entraide de la région.

De 1996 à 2009, M. Rinfret participera aussi activement aux campagnes de financement de l’Association de la paralysie cérébrale.

Dès 1997, il deviendra le président fondateur de la Fondation des handicapés adultes de la Mauricie. Depuis, il a occupé diverses autres fonctions au sein du conseil d’administration tout en participant activement à l’organisation des campagnes de financement.

La question du logement l’interpelle beaucoup et il sera invité à se joindre au comité de sélection de l’Office municipal d’habitation de Trois-Rivières-Ouest en 1998.

Raymond Rinfret ne se limitera pas à donner du temps aux conseils d’administration des organismes qui aident les personnes handicapées. Il a offert également son temps directement à ces personnes. De 2002 à 2015, il s’est en effet transformé en chauffeur d’autobus pour l’Association des handicapés adultes de la Mauricie. L’autobus, raconte-t-il, avait été fourni généreusement par Alcoa. Grâce à ce véhicule, il était possible de faire voyager ces personnes un peu partout pour assister à des activités culturelles, sociales et sportives.

Ce bénévole confie que les heures consacrées à soutenir à sa façon les personnes handicapées lui ont permis de se réaliser sur le plan familial et social.

En plus de toutes ces implications, ce bénévole convaincu aide également les personnes à faibles revenus en prenant part à la clinique d’impôt organisée chaque année par le centre de bénévolat de son secteur. M. Rinfret mord à belles dents dans la vie. Il suit, avec son épouse, des cours à l’Université du troisième âge de l’UQTR. «Tout m’intéresse», raconte cet avide lecteur et grand amateur de sudoku et de généalogie. Lorsqu’on lui demande où il a trouvé tout ce temps pour autant d’implications, Raymond Rinfret répond: «Le temps, tu le perds ou tu l’utilises.»