Jean-François Blais

Émerger des inondations par l'action citoyenne

Jean-François Blais a toujours professé son attachement à sa Mauricie natale. L'authenticité de ce sentiment d'appartenance s'est incarnée ces dernières semaines à travers son implication dans l'épisode des inondations qui ont touché la région. Le réalisateur s'est retrouvé porte-parole des sinistrés de Yamachiche et a initié l'idée du concert-bénéfice prévu à l'Amphithéâtre Cogeco le 11 juin.
Au terme de son parcours à l'école secondaire l'Escale de Louiseville, Jean-François Blais a complété le programme d'Arts et technologies des médias du Cégep de Jonquière, question de pouvoir évoluer dans le milieu qui le fascinait depuis l'enfance, la télévision. Sa feuille de route comme réalisateur, mais aussi comme concepteur, metteur en scène et directeur artistique, est assez longue. Ces années-ci, il est surtout connu comme grand manitou de l'émission En direct de l'univers.
Jean-François Blais considère sa maison de Yamachiche, en bordure du lac Saint-Pierre, comme sa résidence principale, et son appartement à Montréal comme un pied-à-terre. «Je viens de Louiseville, j'habite à Yamachiche, je travaille à Montréal, mais toute ma vie est dans la région», confirme le fils de Gaétan et Denyse Blais, «un couple qui s'est impliqué toute sa vie», à qui il accorde le crédit de son élan altruiste.
Comme ses voisins, Jean-François Blais a subi les dégâts et le stress des inondations printanières. Il se considère toutefois chanceux de n'avoir eu «que» de l'eau sur son terrain et dans son garage, et non dans sa maison. C'est la détresse de ses voisins qui l'a interpellé, particulièrement après le passage du bateau qui aurait provoqué le déferlement de vagues de deux mètres pratiquement jusque dans les maisons.
«Moi je n'étais pas là, mais mes voisins ont eu la peur de leur vie. Ça a été l'élément déclencheur. C'était un non-respect des citoyens de la part de l'Association des pilotes maritimes. Ça m'a révolté», raconte celui qui est par la force des choses devenu porte-parole des sinistrés de son secteur. Dès la visite du chef du NPD Thomas Mulcair le 5 mai, M. Blais a milité pour que le dossier de la vitesse des bateaux sur le fleuve soit revu.
«Quand l'eau sera partie, il faudra s'asseoir avec les autorités fédérales. Ce dossier-là ne va pas repartir avec l'eau. Ça peut se reproduire», plaide-t-il.
Jean-François Blais avait pris la parole lors de la conférence de presse nationale du NPD, mais a aussi rencontré le ministre François-Philippe Champagne et le premier ministre du Québec Philippe Couillard pour leur exposer la situation vécue par ses concitoyens. 
«La situation des inondations devenait hors de contrôle. Ça dégénérait. Je trouvais important de dire qu'on avait besoin d'aide. Il y a des gens qui ont perdu beaucoup», explique celui qui servait de trait d'union entre les autorités et les citoyens.
«Les résidents se fiaient sur moi pour avoir des réponses et pour faire avancer les choses. J'essayais de les tenir au courant par une chaîne de courriels et eux me faisaient part de leurs inquiétudes.»
Une fois que M. Blais a su qu'un programme d'aide pour les sinistrés allait être bonifié, il a voulu aller plus loin.
«Comme citoyen, qu'est-ce qu'on peut faire? Il faut que le citoyen s'implique. Il ne faut pas toujours attendre après le gouvernement», s'est-il dit. L'idée du spectacle-bénéfice a germé et après avoir contacté Steve Dubé, de l'Amphithéâtre Cogeco, son épouse Isabelle Viviers et lui ont commencé à solliciter les quelque 25 artistes qui partageront la scène au profit des sinistrés du Québec, via la Croix-Rouge.
Jean-François Blais gagne sa vie en gérant des projets dans le domaine culturel. Comment a-t-il perçu cette expérience de leadership dans la vie citoyenne? «Ce n'est pas quelque chose que tu prévois, mais définitivement, je vais continuer à m'impliquer dans la vie civile. Je préfère m'impliquer que de publier un statut Facebook pour dire que je ne suis pas d'accord. Ce n'est pas avec un pouce par en bas sur Facebook qu'on fait avancer les choses», image-t-il.