Dre Diane Robert

Dre Diane Robert: d’abord aider

Shawinigan — En 41 ans de pratique médicale à Grand-Mère et Shawinigan, la Dre Diane Robert, médecin de famille dévouée, a toujours cherché à en faire un peu plus, d’abord pour ses patients, mais également, à la veille d’une retraite bien méritée, pour ses jeunes collègues à qui elle enseigne.

Arrivée en 1978 à l’Hôpital Laflèche de Grand-Mère, elle fut la première femme médecin à Grand-Mère, une période où les femmes n’étaient représentées qu’à 20 % dans la profession.

Jeune maman, le désir d’être auprès de ses patients et celui d’être également près de ses enfants donnaient souvent lieu à des choix très déchirants, se souvient-elle. Elle a dû ralentir sa carrière pour prendre soin de sa fille, atteinte d’une maladie génétique héréditaire rare qui la rendait peu à peu sourde et en déficience visuelle. Ses efforts de mère ont été récompensés puisque malgré cette grande épreuve, sa fille est devenue pharmacienne en CHSLD, une profession qu’elle occupe d’ailleurs toujours.

La compassion est un trait de personnalité de la Dre Robert qui s’impose dès le début dans sa profession de médecin. Dès ses premières années, elle fera bataille notamment pour que les parents puissent demeurer en tout temps auprès de leur enfant hospitalisé au lieu des deux petites heures autorisées par l’hôpital dans ces années-là.

Avec une équipe de divers professionnels de la santé, elle s’intéressera plus tard à la violence faite aux personnes âgées. «On a fait des formations à l’AFÉAS, à l’Âge d’or et dans le réseau. C’était un peu d’avant-garde pour le temps», raconte-t-elle.

Lorsque l’Hôpital Laflèche a été transformé en centre d’hébergement et de soins en réadaptation, la Dre Robert devient, pendant 13 ans, chef du service de réadaptation et de gériatrie. Ce moment de sa carrière est sans doute celui qui lui apportera le plus de fierté. «On avait formé un comité sur l’utilisation des mesures de contrôle, donc des contentions», dit-elle. Pas moins de 475 personnes ont été formées dans l’établissement, du directeur au responsable des cuisines, ce qui a permis de diminuer les contentions de 52 % à 12 %. «Ce fut quelque chose d’important pour moi de redonner aux personnes âgées cette liberté de mouvement qu’au nom de la sécurité, on leur enlevait», dit-elle. Des parties de cette formation ont été reprises par la suite pour créer une formation provinciale.

L’expérience inestimable de la Dre Robert en fait éventuellement une formatrice recherchée par la Faculté de médecine de l’Université de Montréal qui s’est implantée à Trois-Rivières. Elle enseignera à tous les niveaux de la formation des médecins et demeure aujourd’hui responsable des cours d’éthique aux externes et de cours théoriques. Elle enseigne également aux médecins en résidence à l’Unité de médecine familiale de Shawinigan-Sud. À 65 ans, la Dre Robert est maintenant leader pédagogique pour l’Université de Montréal et ne s’arrête toujours pas, «car j’ai du bonheur à être avec les étudiants», dit-elle.

Malgré toutes ses responsabilités, elle faisait environ 25 heures de bureau par semaine. «J’ai eu 750 patients que j’ai suivis au bureau pendant toutes ces années. La majorité d’entre eux, je les ai suivis pendant 30 à 40 ans», dit-elle en précisant qu’elle a quitté sa pratique le 29 août dernier. Au GMF de Grand-Mère, 11 de 14 nouveaux médecins ont été ses étudiants, signe que le temps passe. «Ils ont tous repris mes patients.»

«Maintenant, je prends soin des étudiants et je les aide à se développer.» La Dre Robert se plaît à partager avec eux des valeurs d’humanisme, car «ce qui se passe dans le cœur a souvent un impact sur la maladie», plaide-t-elle. Détentrice du prix Pierre-Hamel et de plusieurs prix pour sa pédagogie, notamment pour le mentorat auprès de ses jeunes collègues, la Dre Diane Robert souhaite s’accorder encore trois années, environ, pour partager avec ses étudiants en médecine la somme importante de connaissances et d’expériences professionnelles récoltées pendant plus de quatre décennies de pratique médicale.