Marie Hallé

«Donner aux autres me rend heureuse»

Le temps est une denrée rare et précieuse que bien des gens aimeraient garder pour eux. Marie Hallé est une exception. «Je suis bien quand je donne du temps», dit-elle. «Donner aux autres me rend heureuse.»

Malgré les divers emplois qu’elle a occupés dans sa vie et même si elle a élevé trois enfants, Marie Hallé a toujours réservé quelques soirées, chaque semaine, pour aider sa communauté à s’épanouir, en particulier du côté du secteur Saint-Louis-de-France où elle habite.

Très polyvalente, on l’a vu consacrer du temps et de l’énergie au mouvement scout, à la maison des jeunes, au baseball, à la paroisse, au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, au démarrage d’un jardin communautaire et de cuisines collectives et même au redémarrage de la friperie de son quartier.

Lorsqu’on lui demande comment elle a fait pour faire entrer tout ça dans son horaire de travailleuse à plein temps et de mère de famille, Marie Hallé tient à saluer le soutien indéfectible de son conjoint qui est lui aussi bénévole à ses heures.

Employée depuis 13 ans au Centre communautaire de loisirs Jean-Noël-Trudel de Trois-Rivières, où elle est responsable du volet communautaire, Marie Hallé tient à préciser que le communautaire ne touche pas seulement la population moins favorisée de la ville. «On travaille pour toute la communauté au complet pour les gens de toutes classes sociales», dit-elle. Parmi ses tâches, elle siège à différentes tables, comme Quartier vie, Enfance, jeunesse famille et Sécurité alimentaire. Son travail l’amène aussi à toucher aux dossiers qui ont trait aux saines habitudes de vie, notamment en collaboration avec Trois-Rivières en action et en santé (TRAS).

Mme Hallé est aussi responsable de l’organisation de trois fêtes de districts à Trois-Rivières et d’une fête pour les 50 ans et plus vivant sur le territoire de Trois-Rivières.

L’an dernier, dans ses moments libres, Mme Hallé a fait partie du conseil d’administration de la Maison des jeunes Le Transit. Cette année, elle s’implique dans le conseil pastoral du Sanctuaire.

Le bénévolat, pour cette mère de grands enfants âgés aujourd’hui de 27, 24 et 20 ans, a commencé bien avant qu’elle se marie et c’est dans le mouvement scout, auprès des Jeannettes, qu’elle s’impliquera au début. «Le fruit ne tombe pas loin de l’arbre», dit-elle, car ses sœurs aussi ont été animatrices scouts et leurs parents avaient tracé la voie en faisant aussi du bénévolat.

Marie Hallé n’aura finalement pris une pause du bénévolat que pendant sept ans, le temps de mettre au monde ses enfants et de gérer, pendant ce temps, un commerce de fleuriste. Le mouvement scout reviendra dans sa vie lorsque sa fille se joindra aux Exploratrices, une branche du mouvement pour les 9 à 11 ans. «À partir de ce moment-là, le bénévolat n’a jamais arrêté. Je suis redevenue animatrice», dit-elle.

Cette technologue en agriculture prend aussi plaisir à faire son propre jardin et toutes ses conserves de légumes elle-même. La santé fait partie de ses préoccupations qu’elle a partagées avec d’autres en démarrant des jardins communautaires à Saint-Louis-de-France et en s’occupant de groupes de cuisines collectives.

Quand on lui demande où elle prend l’énergie et le temps pour toutes ces activités, Marie Hallé aime bien citer une phrase que sa fille prend plaisir à lui répéter: «Quand je dis que je n’ai pas le temps, c’est que je ne prends pas la peine de prendre le temps.»

Marie Hallé a vite constaté que donner de son temps aux autres est enrichissant. «Quand je donne aux autres, je n’attends rien en retour. Ça me fait plaisir de le faire et je suis sûre que tout ce qu’on fait un jour, si ça ne nous est pas redonné, ça va être redonné à des gens autour de nous qui en ont besoin. Peut-être qu’un jour ce sera un de mes enfants qui aura besoin et il y aura quelqu’un sur son chemin», dit-elle.