Francine Gélinas et Jean-François Hardy

Créer un pont entre les cultures

Depuis deux ans déjà, Jean-François Hardy et Francine Gélinas ont travaillé conjointement pour mettre en place un programme qui permet aux jeunes immigrants de poursuivre leur intégration en jouant au soccer durant la saison estivale. Un programme qui brise l’isolement, poursuit l’intégration, ouvre l’esprit et partage la culture.

«Le soccer, c’est quelque chose que tous les jeunes connaissent, peu importe leur origine», mentionne Francine Gélinas, instigatrice du projet.

Installée à Trois-Rivières depuis maintenant cinq ans, Mme Gélinas a eu l’idée alors qu’elle s’impliquait bénévolement au Service d’accueil des nouveaux arrivants de la ville. «Les jeunes sont vraiment désemparés une fois l’école terminée parce qu’ils sont en plein processus d’adaptation», explique-t-elle. Un de ses proches lui a alors suggéré d’inscrire les jeunes au soccer. «Je me suis aperçue que c’était bénéfique et l’idée m’est venue par la suite pour essayer d’intégrer d’autres enfants à pratiquer ce sport».

Francine Gélinas a alors trouvé l’oreille attentive de Jean-François Hardy, vice-président au conseil d’administration du club de soccer de Trois-Rivières (CSTR). «J’ai vécu très jeune ce qu’étaient les difficultés d’intégration sociale, parce que j’ai une sœur qui est atteinte d’une déficience intellectuelle. J’ai donc toujours eu un regard pour les gens qu’on a tendance à oublier ou à mettre de côté», confie-t-il.

Œuvrant dans le monde du soccer depuis 2012, Jean-François a constaté que les jeunes immigrants se retrouvent souvent à l’extérieur en train de pratiquer ce sport. Même chose du côté de la dame qui constate qu’«ils ont toujours un ballon dans les pieds». Le soccer était donc tout indiqué pour les aider à briser l’isolement. «C’était le sport idéal pour favoriser leur intégration dans leur communauté d’accueil», raconte Jean-François.

La pratique du soccer les guide et leur donne également la chance de continuer à parler en français. Leur milieu familial n’étant pas toujours francophone, certains jeunes ont plus de difficulté à reprendre les connaissances qu’ils avaient acquises en français au cours de l’année précédente. Le programme du CSTR les encourage dans leur apprentissage de la langue.

Partager la culture
Le programme avec le CSTR favorise d’autant plus l’échange de culture et incite les gens à en apprendre davantage sur ces jeunes issus d’un milieu étranger. Il faut comprendre que la plupart des parents immigrants connaissent peu la région. Ce sont donc ceux natifs de la région qui proposent de transporter les enfants du programme du CSTR pour les différents matchs et tournois. «C’est un lieu de rencontre. Par le biais du soccer, ça permet de poser des questions et d’en apprendre davantage et à chaque fois c’est un voyage passionnant», souligne Francine.

Les deux instigateurs sont heureux de constater l’échange qui se crée entre les jeunes eux-mêmes. «À part la différence culturelle, chez les jeunes il y a un échange qui est là et qui est sans préjugés. On a un des joueurs de l’équipe qui vient du Cameroun et qui raconte ce qu’il a vécu là-bas. Les autres sont amusés et parfois surpris par ce qu’il peut leur dire», indique Jean-François Hardy.

Voir l’épanouissement
Le projet avec le CSTR a été initié afin d’informer et favoriser l’intégration des nouveaux arrivants de la région. Francine Gélinas et Jean-François Hardy s’aperçoivent des bienfaits qu’ils sèment dans leur communauté, mais prennent aussi conscience des effets que le projet a sur eux-mêmes. «Au début, on se dit qu’on le fait parce que c’est nécessaire, puis on se rend compte qu’on le fait parce que ça nous rend heureux. C’est surtout de voir ces jeunes-là s’épanouir, joindre une équipe et de voir les bienfaits que ça leur apporte», avoue Jean-François.

Pour Mme Gélinas, c’est de voir l’émerveillement dans les yeux des enfants en voyant l’équipement. «Quand tu leur remets l’uniforme du CSTR, on voit la fierté qu’ils ressentent dans leur sourire. Puis, l’étincelle dans leurs yeux, c’est ça la récompense», affirme-t-elle.