Patrick Charlebois

Courir, une seconde nature pour Patrick Charlebois

La course à pied fait partie de la vie de Patrick Charlebois depuis presque toujours. Pour lui, courir, c'est comme une seconde nature. Un peu comme chanter peut l'être pour une chanteuse ou peindre pour un peintre.
Après avoir participé à un grand nombre d'événements de course à pied au fil des ans et réussi plusieurs performances qui en feraient pâlir plusieurs, le conseiller financier de 46 ans et père de quatre garçons a pris part au World Marathon Challenge en janvier dernier, une éreintante compétition qui consiste à courir sept marathons en sept jours sur sept continents. Il a d'ailleurs terminé au quatrième rang derrière trois athlètes professionnels lors de ce périple athlétique qui l'a amené en Antarctique, au Chili, aux États-Unis, en Espagne, au Maroc, aux Émirats arabes unis et en Australie.
Mais pourquoi décide-t-on de se lancer dans une telle aventure alors qu'il existe déjà une multitude d'événements sportifs représentant des défis de taille et qui sont plus accessibles? D'autant plus que le principal intéressé faisait déjà partie du club sélect des coureurs ayant complété les six marathons majeurs au monde, soit Boston, Chicago, New York, Londres, Berlin et Tokyo...
«J'ai pris cette décision-là sur un coup de tête! Quand j'ai appris que ça existait, je me suis tout de suite dit que je devais le faire. Quand je l'ai annoncé à ma famille, mon fils aîné m'a dit: ''Mais tu vas mourir!'' Je l'ai alors remercié pour les encouragements», raconte l'athlète de 46 ans en blaguant.
Après plusieurs mois de préparation, période au cours de laquelle il a couru jusqu'à 211 kilomètres en une semaine, le coureur était fin prêt à attaquer son défi. Mais il était loin de se douter qu'il allait réussir à le compléter dans le peloton de tête, au pied du podium de surcroît.
De son propre aveu, il a gagné en confiance tout au long de la semaine qu'a duré la compétition. Du coureur amateur un peu anxieux en raison d'une douleur qu'il ressentait à un mollet avant le premier des sept marathons en Antarctique, il a tranquillement pris sa place dans le quatuor de tête. Il a même poussé l'audace en terminant au deuxième rang lors des marathons de Marrakech et de Dubaï. Il a même réussi l'exploit de courir ce dernier en 2:57:54, fracassant ainsi la barre psychologique des trois heures.
Bien qu'il soit très heureux de son rang au classement général, celui qui agit également à titre de commissaire à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy tenait avant tout à rentrer au pays en pouvant dire qu'il avait complété ce défi. C'est de cet accomplissement qu'il est le plus fier.
Et des coureurs au bord de l'agonie et sur le point de craquer, il en a vu pendant cette longue semaine. Il a notamment vu la légende vivante de la course à pied, l'Américain Ryan Hall, souffrir le martyre et serrant les dents afin de rallier la ligne d'arrivée à Madrid en Espagne. Il a d'ailleurs développé une belle relation avec le recordman américain du demi-marathon, ainsi qu'avec plusieurs autres participants. Il faut dire que passer 168 heures ensemble à surpasser ses limites jour après jour, ça permet de tisser des liens.
La volonté de s'impliquer dans son milieu habite M. Charlebois depuis presque aussi longtemps que son amour de la course. C'était donc tout à fait naturel pour lui de jumeler son défi à une collecte de fonds pour la Fondation régionale pour la santé de Trois-Rivières, organisme pour lequel il s'implique à titre de membre du conseil d'administration. Il a réussi à amasser 45 600 dollars depuis qu'il a commencé sa préparation au printemps 2016. Il est d'ailleurs confiant d'atteindre très prochainement l'objectif de 77 777 $ qu'il avait fixé, un clin d'oeil au défi qu'il a complété avec brio le mois dernier. L'argent recueilli servira à l'achat d'équipements pour l'unité de néonatologie du Centre hospitalier affilié universitaire régional de Trois-Rivières.