Martin Magny

Chevalier du développement durable

Martin Magny ne fait pas que prêcher en faveur du concept de développement durable. Il concrétise ses idéaux dans sa vie familiale, dans son environnement professionnel et dans ses implications sociales, principalement au sein de la fondation Trois-Rivières pour un développement durable, qu'il préside.
M. Magny est actionnaire et directeur des opérations chez FAB 3R, une entreprise spécialisée dans l'usinage d'équipements lourds. Il travaillait pour GL&V Fabrication, où il a gravi les échelons d'un poste de commis à la réception et à l'expédition, jusqu'à celui de directeur qualité et développement durable. La compagnie a annoncé sa fermeture en 2012, et en 2013, M. Magny et des collègues ont racheté les actifs de GL&V Fabrication et ont fondé FAB 3R.
«En 2008, chez GL&V, je suis devenu chargé de projets spéciaux. C'est là que toute la notion de développement durable est apparue. J'avais comme mandat dans mes projets spéciaux d'améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments de l'usine et de devenir une des références à Trois-Rivières en développement durable», explique celui qui a instauré une foule de pratiques pour réduire l'empreinte écologique découlant des opérations, mais aussi celle émanant du quotidien des travailleurs.
Par exemple, le gaspillage de papier a été freiné avec le remplacement du papier à main par les linges de tissu sur rouleau dans les salles de bain, et des napperons de tissu lavables ont succédé aux napperons de papier dans la cantine. Les gobelets jetables ont été bannis pour faire place aux tasses de verre. On remarque aussi, dans le stationnement de l'entreprise, des espaces réservés aux employés qui ont recours au covoiturage.
Cet encouragement à partager des trajets de voiture est cohérent avec l'implication de Martin Magny dans Roulons vert. Voué à la gestion des déplacements, l'organisme promeut les alternatives à l'utilisation de l'auto en solo. L'organisation présidée par Martin Magny est au coeur de projets tels l'amélioration des voies cyclables et l'élaboration de programmes de gestion des déplacements, et participe à des activités de sensibilisation comme la Journée sans ma voiture.
M. Magny est également président de la fondation Trois-Rivières pour un développement durable depuis sa création en 2011. «Le premier but était de greffer des servitudes de conservation dans le cas de terrains qui ont une valeur écologique, comme la tourbière Red Mills, pour conserver l'état naturel des lieux. On a 35 hectares protégés maintenant. Puis on a élargi le mandat de la fondation. Elle a comme mission de faire en sorte que le développement durable devienne un mode de vie pour tous les Trifluviens et Trifluviennes», formule-t-il.
Outre ce souci de protection des écosystèmes, la fondation s'intéresse au maintien de la qualité du milieu de vie des citoyens. Le verdissement des cours d'école compte parmi les projets élaborés dans cette optique. Un millier de jeunes ont été sensibilisés à la plantation de 142 arbres pour contrer les îlots de chaleur dans 16 cours d'école. La fondation contribue aussi au bioblitz, une activité d'échantillonnage des rivières et ruisseaux pour répertorier les espèces qui y évoluent.
Le développement économique responsable est aussi encouragé par l'octroi de certification en développement durable aux entreprises de Trois-Rivières, un processus auquel contribue la fondation. À ce jour, 80 entreprises, organismes et événements ont obtenu la certification.
Les associés de FAB 3R privilégient l'achat local pour leurs fournisseurs, même si les coûts de ce choix se révèlent parfois plus élevés. À l'extérieur de son travail, Martin Magny demeure un apôtre de l'achat local par tous les citoyens: «Si tout le monde faisait un effort à tous les jours pour acheter localement, notre économie trifluvienne irait beaucoup mieux.»
«Le plus gros enjeu est de faire comprendre aux gens que le développement durable, ce n'est pas seulement l'environnement. Oui le recyclage et le compost, c'est important. Mais l'achat local aussi. Il faut faire quelque chose pour encourager les gens à acheter plus localement», plaide-t-il.