Huguette Béland

Briser l’isolement des aînés

Shawinigan — Huguette Béland est la présidente d’un club de la Fadoq dans le secteur Grand-Mère depuis 18 ans. Ce dernier compte 800 membres de 50 à quelque 90 ans. Son dynamisme est impressionnant. Des activités y sont présentées tous les jours de la semaine, week-ends compris. Ouvert en 1992, le club est propriétaire de sa bâtisse.

Pour Huguette Béland, assumer la coordination du Club Sérénité, fondé en 1992, est presque un emploi à plein temps. Elle y consacre en moyenne 30 heures par semaine tout à fait bénévolement, souvent à son bureau, décoré avec goût de souvenirs ramenés d’Afrique, où elle a passé, toute jeune maman, 6 ans avec son mari et sa fille sous la direction de l’ACDI.

De cette femme engagée émane une énergie peu commune. Sa vivacité d’esprit frappe encore plus lorsqu’elle laisse tomber, tout bonnement, au hasard de l’entrevue, que 79 chandelles ont orné son dernier gâteau d’anniversaire.

Le secret de son énergie demeure un secret, mais on comprend comment elle a pu traverser les 18 dernières années à la barre d’un navire qui est sans doute plus difficile à naviguer qu’il n’en paraît. Huguette Béland appuie et respecte en effet sans réserve son fidèle conseil d’administration, lui aussi en poste depuis longtemps. «Il y a des hauts et des bas. Certaines décisions sont parfois moins populaires que d’autres», reconnaît-elle.

C’est que les besoins et les intérêts des membres évoluent. Les mentalités changent et les prix doivent malheureusement augmenter aussi. Autrefois, dit-elle, les activités gravitaient autour de jeux comme la pétanque et le baseball-poche. «Les goûts ont changé», dit-elle. Aujourd’hui, les aînés veulent bouger.

C’est pourquoi la danse a pris une grande importance au sein des activités proposées par le Club Sérénité.

On parle ici de cours, de journées de pratiques et de soupers dansants. La danse sociale côtoie la danse en ligne et le style country. Bref, il y en a pour tous les goûts.

Le club n’hésite pas à embaucher des professeurs qualifiés, dont certains donnent des cours à Montréal et à Trois-Rivières. Ces professeurs attirent des amateurs de danse de l’extérieur, notamment d’Ottawa et de Laval, qui participent aux activités dansantes du Club Sérénité.

Afin de faire vivre l’édifice du club, le conseil d’administration que dirige Mme Béland organise des soupers dansants. Les administrateurs préparent souvent eux-mêmes les repas et servent aux tables plus de 100 convives qui prennent part chaque fois à cette activité mensuelle très prisée. «Ça permet de payer le déneigement, l’électricité, le chauffage et les assurances», explique la présidente. «Les gens viennent même de Trois-Rivières pour participer à nos soirées dansantes.»

«Ce que j’aime le plus, c’est de briser l’isolement, d’informer, de former et de divertir les gens», dit-elle. Pas besoin d’être en couple, dans la vie, pour venir danser. Les partenaires de danse se forment souvent sur place.

Huguette Béland a su donner encore plus, l’an dernier. Lorsqu’est venu le temps de refaire entièrement la décoration de la salle, elle a levé la main pour coordonner les travaux. La dame ne s’en cache pas, le Club Sérénité «est ma deuxième demeure», mais l’art de la décoration intérieure représente une seconde passion tout aussi grande pour elle. Si vous ne la voyez pas au club, il y a de fortes chances qu’elle soit rivée devant son petit écran pour dévorer une émission de télévision portant sur la déco ou les travaux de rénovation. Les connaissances accumulées au fil de ses visionnements ont été mises à profit pour décorer la salle du Club Sérénité, un accomplissement dont elle est particulièrement fière.

«On ne sert pas le vin dans des coupes de plastique. On utilise de la vraie vaisselle», précise-t-elle. Ce n’est pas par snobisme, précise-t-elle, mais par souci pour l’environnement. «On est sensible à ça.»

Pas étonnant que notre Tête d’affiche ait récemment reçu le trophée Micheline-Villemure des mains du Centre d’action bénévole de Grand-Mère.