Carole Guimond

Bénévole à plein temps

La Médaille du souverain pour les bénévoles qu’elle vient de recevoir est soigneusement rangée dans un tiroir. Carole Guimond n’a même pas voulu faire partie de la cérémonie pour souligner l’honneur qui vient de lui être rendu. «J’ai beaucoup de difficulté à recevoir. Je suis une personne très simple», insiste-t-elle tout en soulignant que si elle a finalement accepté cette prestigieuse décoration, c’est plutôt au nom des équipes avec lesquelles elle donne sans compter des heures interminables de bénévolat dans sa communauté du secteur Shawinigan-Sud.

Dans son cas, il n’y a pas qu’une seule cause, mais plutôt, une multitude de causes auxquelles elle se dévoue depuis de longues années, une des principales étant le Centre Adrienne-Roy de Shawinigan, un organisme qui vient en aide aux personnes alcooliques et toxicomanes. Comme plusieurs autres bénévoles, Mme Guimond fait les impôts des usagers du centre depuis 20 ans. Elle en fait aussi pour les résidants du HLM de Shawinigan-Sud. Des centaines et des centaines de déclarations de revenus lui sont passées entre les mains sans qu’elle demande quoi que ce soit en retour.

«On est une équipe. Nous allons chercher les rapports d’impôt au Centre d’action bénévole qui s’appelle maintenant le Trait d’Union», dit-elle.

Carole Guimond œuvre aussi au sein de l’AFÉAS depuis 19 ans, dont 15 ans à titre de présidente, un titre qu’elle conserve toujours. C’est là qu’elle se sent le plus dans son élément, car un de ses plus grands plaisirs, dans la vie, c’est de tisser. Elle tisse des linges à vaisselle, des catalognes et des nappes. «Je monte les métiers. Je fais des motifs. J’aime vraiment ce que je fais», dit-elle en exhibant plusieurs exemplaires de son travail.

Depuis 18 ans, elle donne également du temps à la popote Les Blés d’or à titre de trésorière. «Et j’ai fait les achats pour l’organisme pendant au moins 15 ans», précise-t-elle. Un problème à une épaule l’a obligée à abandonner le transport des lourdes caisses de conserves et autres aliments qu’elle allait acheter toutes les semaines pour permettre aux autres bénévoles de cuisiner. Pour ce qui est de la trésorerie, toutefois, elle entend bien continuer «tant qu’ils vont me garder», assure-t-elle.

Carole Guimond n’a pas hésité à s’impliquer également dans la gestion des jardins communautaires de son secteur depuis également une quinzaine d’années. Cette fois-ci, c’est son conjoint qui l’a entraînée dans cette nouvelle aventure. «Je m’occupe de leurs finances», dit-elle. «Je loue les jardins et je m’occupe du financement. Je m’occupe également de faire herser et labourer la terre et de faire tondre le gazon là où le terrain n’est pas cultivé. Nous sommes une équipe de quatre. Mon conjoint a quitté et moi, j’ai continué», dit-elle, «mais ce n’est pas ma plus grosse tâche», tient-elle à souligner.

C’est que Mme Guimond est également présidente des Jeux d’été de la FADOQ de Shawinigan-Sud. «Je dois être là depuis 15 ans et plus aussi», raconte-t-elle. «Mon conjoint a 10 ans de plus que moi, donc à 42 ans, j’ai commencé à jouer à la pétanque avec eux et au baseball-poche», explique-t-elle. Elle n’a jamais cessé.

«Je tiens à souligner que dans tout ce que j’entreprends, j’ai de bons comités, de bonnes personnes qui travaillent avec moi», insiste-telle.

Comme si toutes ces implications n’étaient pas déjà extraordinaires pour une seule personne, Carole Guimond organise également la Salon des artisans de l’AFÉAS Saint-Sauveur depuis 15 ans. Non seulement les artisanes peuvent-elles vendre les produits qu’elles fabriquent, mais l’événement permet également à l’AFÉAS d’avoir des revenus. C’est le bénévolat qui demande le plus de temps à Mme Guimond dans l’année. Sur sa page Facebook, Carole Guimond se qualifie d’ailleurs de «bénévole à plein temps».

Notre Tête d’affiche confie qu’elle souffre d’agoraphobie et que cette situation l’empêche d’occuper un emploi rémunéré. «C’est une maladie contre laquelle je me bats depuis 33 ans», dit-elle. «Le bénévolat m’a aidée à m’épanouir.»