Amina Chaffai: Amoureuse de la Mauricie

Pendant 16 ans, elle s’est surtout fait connaître en tant que bras droit de l’ex-ministre Julie Boulet. On lui connaît une apparence assez effacée et discrète, dans le public, mais Amina Chaffai est une personne fort impliquée dans son milieu. En dépit des longues heures que lui exigeait son travail le jour, le soir et les week-ends, elle a en effet trouvé moyen de consacrer du temps à diverses causes, principalement à la Classique internationale de canots de la Mauricie et au Festival international du film de Trois-Rivières. «Je suis un peu hyperactive», confie-t-elle en riant. «Si je regarde la télé, il faut que je tricote en même temps pour m’occuper.»

Amina Chaffai a de qui retenir. Son père, commerçant au Maroc, s’engageait dans sa communauté en commanditant des événements sportifs. Sa mère, elle, était pleinement engagée dans la défense des droits des femmes. C’est dans ce contexte d’altruisme qu’évoluera la jeune Amina jusqu’à son arrivée au Québec, en 1985, pour des études en biophysique. Une entente du Sommet de la francophonie la fait atterrir à l’UQTR. Elle prend alors mari et pays et fonde une famille à Saint-Étienne-des-Grès où elle habite depuis 30 ans. Elle travaillera pour son conjoint pendant quelques années puis créera sa propre boîte de consultation en communications.

Malgré ses études, elle ne travaillera donc jamais en sciences. Impliquée bénévolement dans sa communauté dès son entrée à l’Université, elle ne dit jamais non à diverses implications sociales. «Dès mon arrivée, Clo Pratte m’invite à m’impliquer au Centre de santé des femmes», illustre-t-elle. Amina Chaffai s’impliquera également dans les milieux scolaires fréquentés par sa fille, donnera un peu de son temps aux immigrants, à la Table de concertation du mouvement des femmes ainsi qu’à Moisson Mauricie et Centre-du-Québec.

Julie Boulet devient députée de la circonscription de Laviolette en octobre 2001 et Amina Chaffai devient sa conseillère régionale et relationniste un an plus tard. Son engagement auprès de cette politicienne, qui occupera plusieurs ministères, durera jusqu’en décembre 2016, date à laquelle Mme Chaffai décide de prendre une retraite bien méritée.

«Ce n’était pas un travail partisan pur», estime-t-elle, car il était important, explique-t-elle, d’assurer de bons canaux de communication avec les paliers municipal et fédéral de même qu’avec les organismes de la région. Les bons rapports avec les élus des autres formations politiques revêtaient également beaucoup d’importance à ses yeux parce que la démocratie est l’une des valeurs qu’elle chérit le plus. «Quand on aime aider, je crois sincèrement que la politique est le meilleur moyen parce qu’on est dans un milieu décisionnel», explique-t-elle.

Malgré des journées bien remplies au service de la ministre, Amina Chaffai accentue ses implications communautaires en devenant rédactrice en chef du périodique municipal Le Stéphanois, en 2015.

En 2013, elle offre ses services à l’organisation de la Classique internationale de canots de la Mauricie qui commençait à vivre un certain essoufflement. «Je suis amoureuse de la Mauricie», confie-t-elle. Pour elle, il est impératif de maintenir cette vitrine exceptionnelle sur la rivière Saint-Maurice. «Je les ai appelés pour m’engager», dit-elle. Elle se retrouve rapidement au sein du conseil d’administration alors que l’équipe est en train de se renouveler. En peu de temps, la Classique retrouve un éclat de jeunesse avec, notamment, la création du boulevard des Canotiers et l’utilisation du web pour commenter en direct les compétitions.

Bien ancrée dans son milieu, notamment grâce à son travail en politique, Amina Chaffai donnera un autre bon coup de pouce à la région en démarrant, en 2017, le TR-IFF ou Festival international du film de Trois-Rivières avec Stella Montreuil et Gilles Leblanc. La deuxième édition de l’événement qu’elle préside se déroulera du 8 au 15 novembre.

On ne s’étonne pas qu’elle se passionne pour le cinéma. «Pour moi, le cinéma permet de combattre des préjugés, de s’ouvrir sur le monde, de s’instruire, de sensibiliser et de dénoncer des atrocités», fait-elle valoir.

On reconnaît bien là ses valeurs.