Joëlle Carle

Ambassadrice de la consommation responsable

Le portrait des valeurs chères à Joëlle Carle est cohérent. Aide-maraîchère dans une ferme bio, la trentenaire est membre responsable des Incroyables comestibles, responsable régionale des Cyclopétards et administratrice du groupe Zéro Déchet Mauricie. L'environnement et la consommation responsable sont au centre des actions de cette Trifluvienne engagée.
Diplômée en traduction, Joëlle Carle a travaillé dans ce domaine à Montréal pendant quatre ans avant de revenir s'établir à Trois-Rivières en 2010 pour y poursuivre sa carrière.
«En 2014, je me suis dit que j'étais tannée de travailler dans un bureau devant un ordinateur 35, 40 heures par semaine. J'ai quitté l'emploi pour aller travailler sur une ferme maraîchère bio», raconte-t-elle.
C'est au sein du groupe d'action Équiterre en Mauricie que Joëlle Carle avait rencontré la propriétaire de la ferme La Chouette lapone, de Saint-Séverin, où elle a commencé à travailler. Cette implication au sein d'Équiterre est une des nombreuses qui ont garni sa feuille de route dès son retour à Trois-Rivières. Elle a aussi oeuvré auprès du comité citoyen en transport durable de Roulons Vert et au Comité de Solidarité Trois-Rivières.
«L'environnement a commencé à me toucher de plus en plus, avec les idées de faire un jardin, de faire du compost... Et en entrant dans le milieu communautaire de Trois-Rivières, je me suis fait plein d'amis et je faisais de plus en plus d'activités. Je n'étais plus capable d'arrêter de faire du bénévolat, c'était trop l'fun!», raconte celle qui a aussi fait partie des conseils d'administration de l'Écomarché de Trois-Rivières et du Forum jeunesse Mauricie, deux entités maintenant dissoutes.
Dans un autre domaine, en 2013, Joëlle Carle a démarré la section régionale du groupe de vélo Les Cyclopétards. À l'été 2013, le groupe réunissait 50 membres et en 2016, on en comptait 120.
«C'est un groupe uniquement pour les femmes, non axé sur la compétition. Le but est de devenir autonome, aussi - on a des ateliers de réparation de crevaison, par exemple. Plusieurs filles se sont mises à faire du sport grâce au groupe. On se crée un réseau, des amitiés se sont développées», énumère la cycliste qui a dû limiter ses sorties l'été dernier pour s'occuper davantage de son autre projet chouchou, les Incroyables comestibles, un concept imaginé en Angleterre en 2008.
«Je prends des choses qui existent et qui marchent et je les amène ici. J'ai rien inventé!», indique la responsable du projet qui invite les particuliers, les organismes et les entreprises à cultiver un jardin de façade dont peuvent profiter les passants. Des barils et des bacs sont notamment installés au centre-ville de Trois-Rivières, et divers organismes entretiennent des potagers publics.
«Ça permet de nourrir des gens. Je veux faire la promotion de l'agriculture urbaine, et les Incroyables comestibles, c'est une super bonne façon de le faire. Les gens sont surpris de voir la générosité. Des fois ils ne comprennent pas qu'ils peuvent prendre les légumes et que c'est gratuit. Ça fait tellement de bien, autant à la personne qui cultive le plant qu'à la personne qui se sent touchée de savoir qu'elle peut prendre quelque chose gratuitement.»
Joëlle Carle est également impliquée dans le groupe Zéro déchet Mauricie. «Je suis en train de monter un dossier sur les destinations zéro déchet, un guide de la consommation responsable à Trois-Rivières», dit l'ambassadrice de l'économie locale et du principe de l'autosuffisance.
«Il faut se poser plus de questions. Si on se pose des questions par rapport à ce qu'on achète, on se met à se renseigner et à voir ce qui n'a pas de bon sens. Après on peut faire des demandes aux instances publiques ou aux commerces. Si personne dit que ça n'a pas de bon sens un brocoli emballé dans une barquette de styromousse avec du plastique, ils vont continuer à le faire. On se pose des questions, on fait des demandes et après on peut changer nos habitudes.»