Josée Grandmont

À la défense du patrimoine

Partout où l’on protège et met en valeur le patrimoine, Josée Grandmont se fera un plaisir de donner temps et énergie. Présidente de Culture Mauricie pendant sept ans et toujours membre du conseil d’administration, présidente de Mediat-Muse pendant quatre ans, présidente du Conseil du patrimoine religieux du Québec depuis deux ans et membre du comité sur l’avenir des églises formé il y a quelques semaines par Mgr Luc Bouchard, notre Tête d’affiche avoue sa grande sensibilité face à l’histoire et tout particulièrement face au patrimoine religieux.

On peut aisément comprendre pourquoi. À l’emploi des Ursulines de Trois-Rivières depuis 32 ans, d’abord en tant qu’archiviste de collections, Josée Grandmont a rapidement gravi les échelons en accédant d’abord à la direction adjointe du Musée des Ursulines, puis à sa direction, en 1998.

S’il est une femme qui a pu mesurer l’impact des Ursulines au Québec et du patrimoine qu’elles lèguent, c’est bien elle. Sous sa gouverne, le Musée des Ursulines a donc non seulement conservé sa vocation de gardien de l’histoire de cette communauté religieuse et, par ricochet, de la ville, mais il s’est également ouvert sur le monde en devenant parallèlement, par moment, le théâtre d’activités ludiques et séculières, comme la chasse aux lutins de Noël et la quête des œufs de Pâques. Il ne faut surtout pas s’étonner que ce soit avec l’approbation entière des sœurs et même pour leur plus grande joie. Après tout, les Ursulines «sont des éducatrices», fait valoir Mme Grandmont. «La vie avec les enfants, c’était leur profession.»

La conservatrice a également su projeter les Ursulines dans le monde numérique des temps modernes. Le Musée a en effet acquis, tout récemment, une application 3D qui permet d’explorer, à partir d’un écran tactile, le monastère et quelques-unes de ses dépendances, et ce, de 1715 à nos jours. Cette application permet également de faire une visite virtuelle de lieux moins accessibles, comme la somptueuse chapelle et la crypte.

On comprend donc aisément comment la passion pour le patrimoine religieux s’est peu à peu emparée de Josée Grandmont.

Dès son arrivée à la présidence de Culture Mauricie, cette dernière plaide en faveur de l’action et d’un travail de terrain pour faire vivre ou revivre le patrimoine culturel, touristique et religieux. Sous son impulsion, l’organisme s’implique donc dans le tourisme culturel d’expérience. Le nombre de membres passe peu à peu d’une cinquantaine à quelque 300.

Sa présidence coïncide avec l’arrivée d’Éric Lord à la direction et de nombreux partenariats sont alors développés. L’idée, dit-elle, était «d’arrêter de faire des études et des sondages. On savait ce que nos membres voulaient». Il fallait donc y travailler.

Mme Grandmont tient à souligner l’apport du conseil d’administration qui l’entourait, des gens qui allaient tous dans la même direction, se souvient-elle. «On avait des projets très terrain pour aider les artistes, pour aider les organismes culturels. On s’est refait une image et Culture Mauricie est encore dans l’action», se réjouit-elle.

Mme Grandmont s’était d’abord fait les dents avec Médiat-Muse où elle a passé une partie de sa présidence «à monter des expositions territoriales» alors que l’organisme ne bénéficiait pas d’un employé permanent à ce moment-là. L’investissement en temps était donc important. «Si mon conseil d’administration au Musée des Ursulines n’avait pas vu l’importance que je sois présente dans ces organismes-là, il n’aurait pas accepté», fait-elle valoir. Ces implications-là ont été très bénéfiques, dit-elle. «Ça permet de rencontrer des décideurs», fait-elle valoir et d’établir des partenariats constructifs.

«Pour moi, le patrimoine religieux est important. Il faut bien le garder et être lucide par rapport à ce patrimoine et trouver des façons de le garder vivant», plaide-t-elle. «Mes enfants me disent que nous avons visité toutes les églises du Québec», dit-elle en riant, mais les églises sont souvent les gardiennes d’œuvres d’art de valeur, souligne-t-elle en citant notamment les peintures d’Ozias Leduc et les magnifiques vitraux de Guido Nincheri à la Cathédrale de Trois-Rivières.