À cheval... sur de bons principes

BÉCANCOUR — Bernard Giles avait à peine 12 ans lorsque, en allant donner un coup de main à un copain sur une ferme, il est tombé en amour avec les chevaux. Sa passion est devenue si forte qu’à 16 ans, tout en continuant à fréquenter l’école, il démarre sa propre entreprise dans le domaine équestre dans la région de Montréal avec une vingtaine de chevaux grâce à son frère aîné qui a pu emprunter de l’argent pour lui.

C’est à l’âge de 26 ans qu’il s’établit finalement à Bécancour, car les fermes y étaient beaucoup moins chères. Bernard Giles fonde alors la Ferme du Joual Vair, une des premières entreprises touristiques de la ville.

C’était il y a 40 ans et depuis, le fougueux entrepreneur est devenu un véritable atout pour son milieu. Depuis 17 ans, il occupe la présidence de Tourisme Centre-du-Québec (autrefois Tourisme Mauricie-Bois-Francs). «C’est une question de bien commun», explique-t-il. «Je peux contribuer à l’essor de l’industrie touristique régionale. C’est un bien économique pour la région.»

«L’industrie touristique est mieux considérée qu’elle l’était il y a 20 ou 25 ans», signale M. Giles «C’était vu par la population, pas juste les élus, comme un passe-temps que les gens se payaient, mais c’est devenu une industrie économique assez importante. C’est la troisième en importance au Canada maintenant», souligne-t-il.

Lorsqu’il a établi son centre équestre à Bécancour, en 1979, «une entreprise touristique, ça faisait un petit peu bizarre dans le décor agricole», se souvient-il. «Les premiers liens ont été établis avec des gens qui travaillaient encore à la ferme avec des chevaux et qui me respectaient beaucoup pour ça parce qu’on avait la même passion», raconte-t-il.

Tout au long de sa vie, Bernard Giles a été motivé par deux principes: «Vivre en homme libre et travailler pour le bien commun», raconte-t-il. L’autosuffisance l’attire, mais «on est autosuffisant que si l’on sait bien s’entourer», fait-il valoir avec une pointe de philosophie.

Pendant 9 ans, il a hébergé chez lui des jeunes qui lui étaient référés par la Direction de la protection de la jeunesse. M. Giles ne cache pas qu’il lui fallait, à ce moment-là, un gagne-pain supplémentaire, mais «j’aime les jeunes», insiste-t-il. Il leur a transmis son intérêt pour le bien commun. «Ces jeunes-là, je les ai mis à contribution. Si quelqu’un passait au feu, j’amenais mes jeunes aider à nettoyer. Je les ai embarqués dans un processus communautaire», raconte-t-il. «Je collaborais avec eux aux travaux. Il fallait donner l’exemple», fait-il valoir.

Bernard Giles s’implique dès son arrivée sur le territoire centricois au sein du comité d’établissement du parc de la rivière Gentilly, un secteur qu’il parcourait déjà à cheval. Il était en effet convaincu du potentiel touristique et économique du magnifique emplacement.

Alors que Maurice Richard est député et qu’il est question d’une nouvelle réglementation qui interdirait la circulation animale dans le réseau routier québécois, sauf dans les endroits permis, Bernard Giles se fait plutôt l’avocat d’une permission de circulation partout, sauf là où c’est interdit.

Son argumentaire fut retenu, ce qui a beaucoup simplifié l’application de la loi par les municipalités.

Dès le début des années 1990 et pendant une bonne demi-douzaine d’années, Bernard Giles devient également coordonnateur de BécanTour, un organisme qui développait l’industrie touristique dans la Ville de Bécancour. «On aidait les entreprises touristiques à s’établir ou à s’améliorer», explique-t-il.

Bernard Giles est devenu une référence canadienne en matière de tourisme équestre. Il y a quatre ans, l’organisme Canada hippique l’a en effet invité au Nouveau-Brunswick afin qu’il fasse passer un examen aux entrepreneurs oeuvrant dans ce domaine dans le but de standardiser les pratiques de l’industrie. Il rédigera même cet examen en collaboration avec l’organisme.

Son idéal du bien commun l’a amené à s’impliquer dans de très nombreuses causes. Il fut notamment un des membres fondateurs de Québec à cheval (aujourd’hui Cheval Québec), un organisme dont il est d’ailleurs toujours un fidèle membre.