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Gérer la philanthropie d’autrui

Suzanne Ross et Lise Beaulieu ont toutes deux des parcours professionnels en gestion. Elles se sont d’abord côtoyées au sein de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières et, aujourd’hui retraitées, elles continuent de faire fructifier leurs compétences au profit de la Fondation communautaire du Saint-Maurice.

«La mission des fondations communautaires est d’amasser de l’argent dont seuls les rendements sont distribués à la cause choisie par le créateur du fonds», résume Lise Beaulieu pour expliquer en quoi consiste cet organisme plus ou moins connu de la population. 

«Chaque créateur de fonds a son propre objectif, mais on met l’argent en commun. L’argent récolté est administré par deux gestionnaires de portefeuille, avec un regard du comité de placements de la fondation», ajoute Suzanne Ross, anciennement gestionnaire dans des institutions financières.

Pour simplifier, on pourrait dire que chaque créateur de fonds a sa petite fondation dans un créneau de son choix, et ce fonds est administré par la Fondation communautaire du Saint-Maurice (FCSM). C’est le rendement des placements qui est utilisé pour soutenir les causes choisies par les créateurs de fonds. Des individus, des familles, des organismes ou des entreprises peuvent créer leur propre fondation pour aider dans des domaines comme la santé, l’éducation, la culture et l’environnement, par exemple.

«Au début, on avait un seul fonds de 3000 $ pour les personnes handicapées, et aujourd’hui, on a près de 4 millions $ d’actifs, et au-delà de 85 fonds différents», décrit Mme Beaulieu en parlant de la FCSM, créée en 1999.

La création d’une fondation n’est pas réservée qu’aux millionnaires. Les petits montants sont considérés autant que les plus grands. «Une personne peut commencer avec 2000 $ et en remettre chaque année, et elle fera partie du lot comme celui qui crée un fonds et met 100 000 $», illustre Mme Beaulieu, ce à quoi sa complice ajoute: «On veut faire savoir que la fondation, c’est pour M. et Mme Tout-le-Monde. C’est le principe de donner au suivant.» 

Des exemples de fonds? Un agronome qui enseigne à l’université verse chaque année de l’argent dans sa fondation, avec l’objectif de soutenir des projets de recherche en environnement. Autre exemple, les fusions de paroisses ont incité les bénévoles de certaines d’entre elles à créer un fonds pour que les revenus de l’argent amassé dans leur paroisse d’origine soient redistribués dans cette communauté en particulier. Des individus ont aussi créé des fonds pour offrir des bourses à des étudiants.

C’est lorsqu’elle était directrice générale de Centraide que Lise Beaulieu a découvert la Fondation communautaire du Saint-Maurice, puisque c’était la permanence de Centraide qui s’en occupait. Puis, Mme Beaulieu a invité Suzanne Ross, nouvellement retraitée, à effectuer des tâches administratives bénévolement pour l’organisme et, en 2007, à se joindre au conseil d’administration. 

Jusqu’en 2011, les deux femmes œuvraient bénévolement pour la Fondation, entre autres via son conseil d’administration. À un moment, celui-ci a souhaité optimiser le développement de la fondation et la faire connaître davantage. Les deux femmes ont proposé leurs services rémunérés à raison d’une journée par semaine, pour participer plus activement au développement de l’organisme, tout en maintenant leur contribution bénévole au conseil d’administration.

«On fait des présentations, on rencontre les gens qui veulent de l’information et créer leur fonds, on établit un protocole... L’avantage de la fondation communautaire, c’est que tout le soutien administratif, c’est nous qui le faisons. On s’occupe des engagements avec l’Agence du revenu et des reçus de charité», énumère Lise Beaulieu qui, avant de diriger Centraide, était connue comme directrice générale de TVA Trois-Rivières.

«On aime ce qu’on fait! On aime encore rencontrer des gens, les aider. On ressent une satisfaction à développer la fondation, à aller chercher des nouvelles personnes et à continuer à brasser un peu de paperasse comme on l’a toujours fait dans notre carrière», formule Suzanne Ross pour décrire le plaisir que son amie et elle trouvent dans leurs occupations de retraite.

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Des jumelles qui ont choisi Gentilly

Les jumelles Labbé sont pétillantes, volubiles, dynamiques. Alexandra est ingénieure, Virginie comptable, elles sont toutes deux mères et sont impliquées dans plusieurs organisations du secteur Gentilly de Bécancour, leur milieu d’adoption.

Gentilly se démarque par le fort sentiment d’appartenance partagé par ses résidents, et le carnaval semble être un pôle incontournable dans la cohésion de l’ancien village. C’est justement le carnaval qui a séduit Alexandra Labbé dans son élan de s’établir à Gentilly, alors qu’elle obtenait un emploi à la centrale nucléaire, en 2007. Sa sœur Virginie l’a suivie en 2014, même si son conjoint et elle travaillent à Trois-Rivières.

Les jumelles Labbé ont grandi à Saint-François-du-Lac, où leurs parents exploitaient une ferme laitière. Elles ont toutes les deux fait leurs études de deuxième cycle à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

«J’ai eu ma permanence à Hydro-Québec en décembre 2007. J’étais à Trois-Rivières, et j’ai commencé à fouiller sur Internet à propos de Gentilly. Je suis tombée sur le carnaval, et je capotais en voyant toutes les activités! Nous, on est du monde qui aime ça quand il y a de l’action!», raconte Alexandra, qui a acheté une maison à Gentilly avec son conjoint en 2008.

Alexandra a commencé à s’impliquer dans le carnaval en 2009. «C’est l’fun le carnaval parce qu’en peu de temps, tu connais une centaine de personnes, et tu es capable de rencontrer du monde à l’épicerie! Certaines personnes n’aiment pas ça, mais moi, aller à l’épicerie, rencontrer du monde et dire bonjour, j’aime ça!», lance celle qui travaille maintenant comme ingénieure électrique à l’Aluminerie de Bécancour.

Au fil des ans, elle a participé à l’organisation de plusieurs soirées de la programmation du carnaval, comme celle des nouveaux arrivants, qu’elle a cocréé dans le but de favoriser l’intégration des gens récemment installés à Gentilly.

Alexandra a également contribué à l’élaboration de soirées comme celles du bien cuit des présidents et celle du couronnement, en plus d’avoir assuré la technique lors de spectacles. Avec sa sœur et leurs conjoints, elle organise aussi le rallye automobile du carnaval.

En 2013, Virginie Labbé travaillait à Trois-Rivières et vivait avec sa fille dans un petit appartement. Elle a rencontré son conjoint actuel, Alan, et le couple a commencé à regarder les maisons.

«Un soir, on était dans la file pour assister à une soirée du carnaval, et Alan trouvait qu’il y avait beaucoup d’activités à Gentilly. Alexandra a dit: ‘‘Pourquoi ne venez-vous pas vous installer ici?’’ On est allés voir des maisons sur internet, et en avril 2014, on est déménagés ici!», confie Virginie, directrice financière à la Coopérative des ambulanciers de la Mauricie. 

Comme sa sœur, Virginie a tôt fait de s’impliquer dans le carnaval, mais aussi dans Loisirs Gentilly, l’organisme qui chapeaute l’événement et bénéficie des profits qu’il génère. Le manque de bénévoles et la situation financière fragile de Loisirs Gentilly nécessitaient un virage. Comme solution à l’impasse, Virginie Labbé a entre autres piloté le transfert de la gestion des plateaux sportifs à la Ville de Bécancour.

«Maintenant, on gère encore la piscine, mais l’autre partie de notre mission est de réinvestir les profits du carnaval dans des projets de la communauté. Depuis trois mois, on analyse les projets soumis par la population», explique Virginie, qui a aussi joint sa sœur dans le comité organisateur des Défis du parc de la rivière Gentilly, rendez-vous des amateurs de vélo, de course et de kayak en septembre.

Les sœurs sont aussi bénévoles à la ludothèque La boîte à jeux de Gentilly. Elles ont contribué à l’ouverture et à la structuration de cette sorte de bibliothèque de jeux, dont la création a été initiée par un comité du Centre de femmes Parmi Elles et financée par divers partenaires.

Mentionnons en terminant que les curriculum vitae des jumelles Labbé font état de nombreuses bourses d’excellence et d’autres distinctions académiques comme des médailles du gouverneur général, autant au secondaire, qu’au collégial et à l’université.

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Donner une place aux artistes

Richard Hudon a œuvré toute sa vie professionnelle dans le domaine de l’électricité. Aujourd’hui, le retraité se définit comme artiste-peintre.

Non seulement continue-t-il de développer sa créativité personnelle, il met aussi à profit ses compétences en gestion et en coordination au sein de l’Association d’artistes-peintres du Centre-Mauricie, un organisme qu’il préside depuis 10 ans.

«Je suis un peintre avant tout. Quand je suis président de l’association, c’est ma job», se décrit le natif de La Tuque, maintenant établi dans le secteur Grand-Mère de Shawinigan. À travers la création d’une trentaine de toiles cette année, il dirige le comité de gestion du regroupement qui réunit quelque 170 peintres, et mène plusieurs projets de front.

Richard Hudon a fondé une entreprise de services d’électriciens avec son beau-frère à La Tuque. Il fut par la suite gestionnaire pour Hydro-Québec, puis consultant pour VFP à Trois-Rivières, avant de redevenir gestionnaire construction pour Hydro-Québec. Lorsqu’il a pris sa retraite en 2006, il était chef surveillant des travaux de la centrale du Rocher-de-Grand-Mère.

«La peinture, ça fait 30 ans que j’en fais. J’ai toujours été attiré par le dessin, la peinture. Mais j’ai commencé à peindre quand ma première épouse, qui est décédée, était à l’hôpital», raconte celui qui a bénéficié de l’enseignement d’Arthur Harvey à La Tuque dans les années 1980, et de Régis Vézina, dans le secteur Lac-à-la-Tortue de Shawinigan, à la fin des années 1990.

À l’aube de la retraite, M. Hudon s’est joint à l’Association d’artistes-peintres du Centre-Mauricie. Il a siégé la première année comme directeur, avant de prendre la présidence du comité de gestion en 2007. Pour le nouveau retraité, il allait de soi de s’impliquer au-delà du simple statut de membre de l’association.

«Pourquoi m’être impliqué? Pour le leadership. J’ai tout le temps été gestionnaire, coordonnateur. Ça m’a donné l’occasion d’atténuer un peu le mal du travail. J’étais un électricien, je suis devenu un peintre», formule M. Hudon.

Dès son arrivée à la présidence de l’organisme à but non lucratif, Richard Hudon a vu à la réorganisation du comité de gestion et à la redéfinition des tâches de chacun des membres qui y siégeaient. Il souhaitait aussi moderniser les façons de faire, notamment en ce qui concerne la trésorerie et la communication avec les membres.

La communication par internet a progressivement remplacé les chaînes téléphoniques, et la création d’un site internet a contribué à l’élan de modernisation visé.

Le nouveau président a aussi tenu à relocaliser l’association, qui logeait auparavant dans un sous-sol. Cet ancien emplacement limitait la fréquentation de la galerie où les membres accrochaient leurs toiles.

Le local actuel, sur l’avenue de Grand-Mère, accueille chaque année quelque 1000 visiteurs à la découverte des œuvres des membres qui y exposent. Des ateliers, des rencontres et divers événements se déroulent dans le local auquel on a greffé 

la galerie Clair Obscur, qui laisse la place à un ou deux artistes chaque mois. Des membres exposent aussi à la Librairie Poirier de Trois-Rivières.

En 2007, Richard Hudon a également créé le premier symposium champêtre, un événement d’un jour tenu dans un parc de Shawinigan. Cette occasion pour les artistes de se faire connaître auprès du public s’ajoutait au symposium de la Plaza de la Mauricie, organisé par l’association depuis déjà quelques années.

L’association regroupe des peintres amateurs et professionnels dont l’âge varie entre environ 15 et 96 ans. «Quand on est peintre à la maison, on est confiné à la maison, et nos toiles restent dans le sous-sol ou le garde-robe. L’association est là pour promouvoir l’art, pour regrouper des artistes et diffuser de l’information. On est là pour aider des peintres à se découvrir et à sortir de leur maison», résume Richard Hudon.

Parmi les projets à venir,  M. Hudon travaille à la coordination d’un concept de ruelle des peintres, qui devrait prendre forme l’été prochain en collaboration avec Culture Shawinigan.



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Gardien de l’histoire régionale

Jean Roy ne se lasse pas d’approfondir sa passion pour l’histoire et surtout, de la faire rayonner. Professeur retraité de l’Université du Québec à Trois-Rivières, il a mis sur pied et codirige Empreintes, une revue d’histoire de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Il souhaite également mettre en valeur l’histoire de l’UQTR, qui soulignera ses 50 ans en 2019.

Originaire de Trois-Rivières, Jean Roy y a complété son baccalauréat en histoire, avant de poursuivre son parcours à la maîtrise et au doctorat à Aix-en-Provence. Il a obtenu un poste de professeur à l’UQTR en 1979 et y a œuvré jusqu’à sa retraite en 2008.

Pendant ces années, il a présidé divers organismes, dont la Corporation pour le patrimoine sidérurgique de la Mauricie, l’Institut d’histoire de l’Amérique française et la Société de conservation et d’animation du patrimoine (SCAP) de Trois-Rivières. Il a par ailleurs cosigné plusieurs ouvrages. 

Il a notamment codirigé avec des collègues Histoire de la Mauricie et Histoire du Centre-du-Québec dans la collection Les régions du Québec.

M. Roy a présidé la Corporation du Manoir des Jésuites, dont l’objectif était de conserver le bâtiment aujourd’hui restauré et connu sous le nom de Maison Rocheleau. Cette implication dans l’ancienne ville de Cap-de-la-Madeleine l’a mené à la présidence de la Société d’histoire de Cap-de-la-Madeleine, qui continue d’exister malgré la fusion municipale. L’attachement des Madelinois à leur société d’histoire l’a motivé à s’y impliquer.

«Pour moi c’était un outil pour la diffusion de l’histoire», commente-t-il en mentionnant le tournant qu’il a donné à la publication de la société. «On avait une publication qui était plus de l’ordre du bulletin. J’ai voulu faire davantage, soit une revue qui ne s’adresse pas seulement à nos membres, mais à un plus large public, qui soit accessible facilement dans les lieux publics, dont les bibliothèques», précise-t-il en parlant du Nouveau Madelinois, qui était tiré à 300 exemplaires.

Cette revue a cessé d’exister en 2016 avec l’émergence du projet de la revue d’histoire régionale Empreintes, dont le premier numéro a été lancé en juillet dernier.

«C’est un effet de mon métier d’historien, mais d’historien qui ne travaille pas en vase clos, qui veut être lu et diffusé. Je crois aussi qu’il faut trouver une place pour que la relève s’exprime. Il y a de jeunes historiens qui ont besoin d’un lieu pour faire connaître ce qu’ils font. Une revue comme Empreintes se prête à ça», formule-t-il en évoquant la genèse de la publication dont il est l’instigateur, et qu’il coréalise avec Appartenance Mauricie Société d’histoire régionale.

Les deux premiers numéros sont consacrés à l’année 1867. Plus axé sur le volet politique, le premier se concentre sur la Confédération en Mauricie et au Centre-du-Québec. Le second, qui paraîtra en décembre, sera axé sur d’autres dimensions sociales, toujours autour de l’année 1867. La revue autofinancée grâce aux partenaires financiers, aux abonnements et aux dons, est tirée à 750 exemplaires et est disponible dans 11 points de vente.

«Au départ, je ne pensais pas qu’à la Mauricie. Moi, une grande partie de ma recherche a porté sur le Centre-du-Québec, surtout sur son histoire culturelle et religieuse. Le Centre-du-Québec méritait que l’on trouve des collaborateurs pour continuer à développer son histoire», indique l’historien.

M. Roy est également président de l’Association des professeurs retraités de l’UQTR et s’implique dans un comité qui soulignera les 50 ans de l’institution en 2019.

«On a déjà fait une histoire sur les structures, vue du haut. Moi, j’ai plus d’intérêt pour l’histoire sociale, l’histoire du plus grand nombre. J’ai proposé qu’on fasse l’histoire de l’université vue à partir de ses unités. Une unité, ça peut être un département, un syndicat, une association étudiante, le CAPS...», énumère-t-il. 

Un fichier reposant sur le dépouillement de la presse universitaire sera constitué. Il pourra servir aux unités qui élaboreront leur histoire et la diffuseront sur le support de leur choix en 2019. 

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Préserver la culture abénakise

Mathieu O’Bomsawin, 27 ans, est un fier ambassadeur de la culture abénakise. À 15 ans, il était engagé comme guide au Musée des Abénakis à Odanak, et 10 ans plus tard, on lui confiait la direction générale de l’institution cofondée en 1965 par son grand-père Fernand O’Bomsawin.

«Mes parents m’ont toujours impliqué dans la communauté, tant dans les activités communautaires que culturelles. J’étais un jeune qui aimait beaucoup connaître l’histoire, j’ai toujours eu un intérêt pour apprendre», raconte le natif d’Odanak en décrivant son cheminement et son attachement croissant à la culture abénakise.

«Quand j’ai commencé à travailler au musée, je n’avais pas cette conscience, cette préoccupation-là. À force d’y travailler, ça a suscité un intérêt et ça a forgé une identité. Quand tu as 15 ans, tu ne t’assumes pas trop, tu ne te connais pas nécessairement. Le musée a été pour moi une école et un terrain de jeux pour explorer toutes les facettes de la culture», ajoute-t-il.

Mathieu O’Bomsawin a complété ses études secondaires à l’école Jean-Nicolet, obtenu son diplôme d’études collégiales en sciences humaines volet administration au Collège Laflèche, et son baccalauréat en administration des affaires, concentration ressources humaines, à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Il a fait un stage en ressources humaines au Musée des Abénakis, alors dirigé par Michelle Bélanger. «Quand Michelle Bélanger est arrivée, son premier mandat était d’assurer la stabilité financière du musée. Mais elle voulait redonner la direction à un membre de la communauté. Elle m’avait identifié pour être son successeur», explique modestement le jeune homme qui a bénéficié du mentorat de Mme Bélanger pendant deux ans, question de maîtriser les aspects de gestion spécifiques au musée.

En terminant son baccalauréat, Mathieu O’Bomsawin souhaitait s’impliquer dans sa communauté de plusieurs façons. Il a notamment été élu au conseil des Abénakis d’Odanak en novembre 2013, pour un mandat de deux ans. Il est particulièrement fier de l’élaboration d’une politique culturelle pendant ce mandat. Les actions émanant de cette politique visent les enjeux de la langue, des savoir-faire traditionnels et de la transmission des connaissances entre les générations.

«La culture, c’est quelque chose qui m’habite», insiste celui qui considère qu’«il faut prendre action maintenant pour s’assurer que les savoir-faire, les connaissances et le patrimoine ne se perdent pas».

Mathieu O’Bomsawin est président du conseil d’administration de Tourisme Nicolet-Yamaska, et administrateur au sein de celui de Tourisme autochtone Québec, une association touristique sectorielle qui regroupe près 130 membres des 11 nations autochtones du Québec. Cette structure accompagne les entreprises en démarrage, et s’occupe de la mise en marché et de la promotion des attraits et organismes en lien avec le tourisme autochtone au Québec.

M. O’Bomsawin est également présent dans le Réseau jeunesse des Premières nations du Québec et du Labrador. «Le Réseau jeunesse élit des porte-parole qui représentent la jeunesse autochtone au Québec. Ils siègent à l’Assemblée des chefs, où ils portent les dossiers jeunesse», décrit celui qui participe entre autres aux forums annuels du réseau.

Dans ce même souci d’intégrer les jeunes et de faire entendre leur voix, Mathieu O’Bomsawin a cofondé un comité jeunesse à Odanak en 2011. «Nous étions un regroupement de jeunes qui voulaient réaliser des activités, parce qu’il y avait des choses qui manquaient ou des activités qui nous rejoignaient moins. L’idée est de renforcer l’identité chez les jeunes», indique-t-il.

Mathieu O’Bomsawin est un jeune homme bien de son temps, lucide, à la pensée structurée. «La culture nous distingue en tant qu’individu, en tant que nation. Je trouve important de garder un lien avec notre culture, notre histoire, notre héritage. Je ne suis pas en train de dire qu’il faut pratiquer notre culture tous les jours. Je ne voudrais pas retourner il y a 500 ans, mais je trouve quand même important de faire des efforts pour conserver une partie de notre identité, de ce qui nous reste en tant qu’Abénakis.»

Actualités

L’activité physique comme une thérapie

En 2009, Pierre Cloutier en a eu assez de s’enliser dans le tourbillon destructeur qu’était devenue sa vie. Il a décidé de se prendre en mains et a trouvé son salut d’abord dans le vélo, puis dans la course et les triathlons. Au fil des années, il a mis sa passion au profit de causes, et il se présente comme un apôtre des saines habitudes de vie.

«À 40 ans, j’ai complètement changé ma vie. Je m’étais oublié pendant des années, et ça m’a amené à vivre des difficultés personnelles, dont des problèmes d’alcool. Il y a huit ans, j’ai décidé que c’était assez. J’ai découvert le vélo. Je suis tombé en amour avec ce sport que je n’avais jamais pratiqué», raconte le natif de Plessisville, établi à Louiseville en 1991 pour le travail.

C’est particulièrement l’exemple de Pierre Lavoie qui a inspiré Pierre Cloutier à exploiter son nouveau loisir plus à fond. Il a d’ailleurs participé au défi Pierre Lavoie dans sa formule Boucle (135 km), et en 2014, il a parrainé l’école primaire de Louiseville à laquelle il a remis 2000 $ pour l’achat d’articles de sport.

«C’est là qu’ont commencé mon implication auprès des jeunes, mon intérêt pour la transmission de ma passion pour le vélo et le désir d’amener les gens à être plus actifs», indique le conseiller en développement et en communication à la SADC (Société d’aide au développement des collectivités) de la MRC de Maskinongé.

Par la suite, il a joint Joël Bernier dans son projet de Grand défi Desjardins, qui consistait à pédaler de la Floride à Louiseville. Inspiré du principe de parrainage d’écoles, M. Bernier proposait aussi d’amasser des fonds pour favoriser les saines habitudes de vie des élèves d’une dizaine d’écoles de la MRC de Maskinongé. 

Douze cyclistes ont parcouru la distance à relais, en dix jours, au printemps 2015. Pierre Cloutier a amassé 10 000 $ et a roulé 1300 des 3400 km du défi. «Ça nous a permis d’aller rencontrer les jeunes à plusieurs occasions, de leur parler de notre projet, des saines habitudes de vie. On s’est rendu compte qu’on ne sensibilisait pas que les enfants. On atteignait beaucoup les adultes, aussi», se réjouit-il.

«C’est merveilleux de voir des parents qui bougent, qui sont actifs à leur mesure, à leur rythme. Ils ne sont pas obligés d’être des Ironman ou des marathoniens.»

Parlant de marathons et d’Ironman, Pierre Cloutier s’est aussi initié à la course, en visant rien de moins que le triathlon. Il a même appris à nager pour pouvoir relever ce nouveau défi sportif. 

Il a participé à son premier triathlon sprint à Nicolet (750 m de natation, 20 km de vélo et 5 km de course) au printemps 2016, avec plus ou moins de succès dans le volet natation. «J’étais découragé. J’étais inscrit à un autre triathlon à Mont-Tremblant en juin. Au lieu de dire: ‘‘Je ne suis pas capable’’, je me suis retroussé les manches et je me suis dit que j’allais nager encore plus. La nage n’allait pas m’empêcher de réaliser un rêve», raconte-t-il.

L’expérience s’est mieux déroulée et Pierre Cloutier a intégré le groupe d’entraînement de Steeve Carpentier en vue de participer au Ironman de Mont-Tremblant en 2017. Il a d’abord complété le demi-Ironman en juin (1,9 km de nage, 90 km de vélo et 21,1 km de course) et l’Ironman (3,8 km de natation, 180 km de vélo et 42,2 km de course) en août. 

Il a couru son troisième marathon le 8 octobre dernier à Bécancour. «Je suis fier quand je pense d’où j’arrive. En 2009, avec les problèmes que j’avais, jamais je n’aurais pensé faire ça un jour», constate celui qui donne également des cours de spinning aux adultes à l’école secondaire L’Escale, sur les vélos acquis grâce à l’argent amassé lors du Grand défi Desjardins.

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Jérôme Gagnon: promouvoir la fierté régionale

«S’il existait un diplôme en aide aux communautés ou en succès collectif, je m’inscrirais aux cours!», lance Jérôme Gagnon, un dynamique Nicolétain de 29 ans qui a à cœur l’essor de son milieu et le développement de la fierté régionale.

En septembre 2013, à 25 ans, Jérôme Gagnon était nommé directeur général de Tourisme Nicolet-Yamaska, et il salue l’audace du conseil d’administration qui l’a engagé en accordant sa confiance à un «jeune» comme lui. Satisfait des réalisations de l’organisme depuis quatre, ans, il relèvera de nouveaux défis sous peu en devenant agent de développement durable à la Ville de Nicolet.

Notre Tête d’affiche incarne les idéaux d’action, d’implication et d’altruisme. Dès le secondaire, à l’école Jean-Nicolet, on le retrouvait partout! «En cinquième secondaire, j’ai fini l’année avec 100 absences, mais j’étais toujours dans l’école!», sourit celui qui a fait partie d’Amnistie internationale, s’est impliqué dans des
collectes de fonds pour Opération Enfant Soleil, a parrainé des jeunes de première secondaire, animé des galas, etc.

C’est aussi au secondaire qu’il a effectué un premier voyage humanitaire en Haïti, avant d’en compléter deux autres en 2009 et 2015. En 2005, il était engagé comme matelot pour les Croisières MS/Jacques-Cartier. Il a obtenu son brevet d’officier de pont en navigation maritime, et est devenu directeur de croisière. Il œuvrait dans ce domaine depuis huit ans quand il a été recruté pour diriger Tourisme Nicolet-Yamaska.

«Depuis quatre ans, on a augmenté la notoriété de l’organisme. L’office de tourisme est important, et le potentiel touristique est vraiment là. On a développé un beau maillage avec les entreprises et les élus», se réjouit M. Gagnon, en précisant que les retombées économiques du tourisme dans Nicolet-Yamaska se sont chiffrées à 32 millions $ en 2015.

Le développement des circuits de vélo et de géocaching, ainsi que l’intégration de la Grande tablée du Lac Saint-Pierre dans le giron de Tourisme Nicolet-Yamaska comptent parmi les atouts qui ont enrichi l’offre récréotouristique sur le territoire, tout en permettant aux citoyens de redécouvrir leur coin de pays.
Être fier de sa région: Jérôme Gagnon insiste sur cet idéal qu’il cherche à transmettre au plus de gens possible. Pour lui, cette diffusion de la fierté passe par l’implication.

En marge de son emploi, il siège comme administrateur au sein des conseils d’administration du Carrefour jeunesse-emploi de Nicolet-Bécancour et de Manu Factum. Il souhaitait partager son expérience de gestion au sein d’organismes, et dans le cas de Manu Factum, il désirait aider à la restructuration de cette galerie-boutique dont la pérennité avait été remise en question.

«On est la relève. C’est dur d’aller chercher de l’implication. Le bénévolat est essentiel. Les gens qui veulent s’impliquer, il faut les outiller le mieux possible», dit-il pour appuyer son élan à aider la collectivité, mais aussi les individus qui veulent agir en ce sens.

Quatrième d’une famille de cinq enfants, Jérôme Gagnon est déménagé de Chicoutimi à Baie-du-Febvre avec sa famille en 1997. Ses sœurs, ses amis et lui s’impliquent dans l’organisation du carnaval de Baie-du-Febvre depuis plusieurs années. «Si on ne s’implique pas, ce sont nos milieux qui vont en souffrir», considère-t-il. «L’argent amassé pendant le carnaval va aux jeunes», précise le futur père qui fera bientôt son entrée dans le Club Optimiste, un autre organisme dédié à l’épanouissement de la jeunesse.

Jérôme Gagnon est également vice-président de la Coopérative de solidarité du Cœur du Québec, qui a entre autres chapeauté la création de l’hôtel Montfort et de la Classique Sogetel. Son implication se déploie aussi dans le domaine politique. Il est président de l’association du Parti québécois dans Nicolet-Bécancour.

«Il faut développer la fierté régionale. Si on crée les plus beaux projets mais que personne ne participe, ça ne sert pas à grand-chose. Ce n’est pas seulement aux retraités de donner du temps. Nos milieux de vie sont occupés par des retraités, des professionnels, des familles... L’implication, c’est essentiel pour nos milieux de vie, et c’est valorisant», conclut-il.

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Le bénévolat de famille

Élyse Bompeix, 19 ans, est la troisième soeur Bompeix à recevoir le trophée Bénévolat Jeunesse décerné par le Centre d'action bénévole de Grand-Mère. Avant elle, ses soeurs Sofiane et Mireille ont aussi été récompensées pour leur assiduité dans l'implication au sein de plusieurs organisations et au profit de diverses causes.
Tout comme sa soeur Mireille, qui avait été désignée Tête d'affiche en 2015, Élyse Bompeix a commencé à s'impliquer dès l'école primaire. À l'école de Sainte-Flore, elle participait à des campagnes de financement pour venir en aide aux citoyens d'un village de la Sierra Leone. Élyse se souvient entre autres avoir vendu des produits équitables pour soutenir des habitants de ce pays africain qui vivaient dans la pauvreté.

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Les défis de la persévérance

Quand il raconte son parcours, Luc Bourassa résume en disant qu'il a été «mis dehors» du Cégep, et relate comment il a quitté le premier cours inscrit à son horaire à l'UQTR en adaptation scolaire, convaincu qu'il n'était pas à sa place. Aujourd'hui, il est bel et bien enseignant en adaptation scolaire, mais donne aussi des conférences sur la persévérance.
Passionné de musique, Luc Bourassa aurait spontanément choisi ce domaine, s'il n'avait pas cédé aux pressions l'en décourageant. Il a commencé des études au Collège Shawinigan en administration, avant d'en entreprendre d'autres en cinéma au Cégep Saint-Laurent à Montréal et de finalement s'inscrire en musique au Cégep de Trois-Rivières sans finir le cours. 

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Chevalier du développement durable

Martin Magny ne fait pas que prêcher en faveur du concept de développement durable. Il concrétise ses idéaux dans sa vie familiale, dans son environnement professionnel et dans ses implications sociales, principalement au sein de la fondation Trois-Rivières pour un développement durable, qu'il préside.
M. Magny est actionnaire et directeur des opérations chez FAB 3R, une entreprise spécialisée dans l'usinage d'équipements lourds. Il travaillait pour GL&V Fabrication, où il a gravi les échelons d'un poste de commis à la réception et à l'expédition, jusqu'à celui de directeur qualité et développement durable. La compagnie a annoncé sa fermeture en 2012, et en 2013, M. Magny et des collègues ont racheté les actifs de GL&V Fabrication et ont fondé FAB 3R.