Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Terres contaminées: Shawinigan veut un fonds spécial

Shawinigan — Le passé industriel de Shawinigan est bien connu. Plusieurs entreprises se sont établies dans cette ville durant le XXe siècle pour profiter de la proximité avec les centrales hydroélectriques. Or, les terrains qui ont accueilli des usines sont souvent fortement contaminés. En raison des défis que cette situation entraîne, les élus municipaux demandent à Québec d’accorder un statut particulier à Shawinigan ainsi que d’accorder un fonds spécial, à l’instar de Montréal et Sherbrooke, dédié à la réhabilitation des terrains contaminés.

Une résolution en ce sens a été adoptée lors de la dernière assemblée publique du conseil municipal de Shawinigan. La Ville va donc déposer officiellement une demande au ministère de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques pour que lui soit accordé un statut spécial et que soit créé un fonds pour faciliter la décontamination des sols contaminés.

Afin d’appuyer sa demande, la Ville fait valoir «qu’au cours de la période allant de 1980 jusqu’à tout récemment, Shawinigan a connu la plus importante désindustrialisation au Québec en assistant, impuissante au démantèlement de nombreuses usines». Ces usines étaient reliées aux domaines de l’électrochimie, des pâtes et papiers, ainsi que de l’aluminium.

Même si plusieurs terrains industriels ont déjà été décontaminés, la Ville soutient qu’on retrouve encore à Shawinigan «une variété et une densité importante de contaminants» sur des terrains qui représentent de «forts potentiels de développements».

La Ville estime aussi que le nombre élevé de terres contaminées sur son territoire rend difficile la transformation de son «passif environnemental en potentiel de développement durable et économique vers 2030», comme le prévoit le plan global de réhabilitation des terrains contaminés. Surtout que les fermetures des grandes usines depuis près d’une décennie ont entraîné «des pertes significatives de revenus de taxation».

Des coûts trop importants pour Shawinigan

Selon les évaluations de la Ville de Shawinigan, la mise en œuvre du plan global de réhabilitation nécessiterait des investissements majeurs de 58 à 119 millions $. Et les besoins sont si grands que la Ville juge que le programme ClimatSol-Plus n’est pas adapté à la réalité à laquelle elle fait face. «Il est impossible de dégager un tel montant du budget de la Ville, tenant compte de ses revenus annuels et de sa faible richesse foncière en considération de l’importance des investissements requis pour le maintien de l’ensemble de ses infrastructures actuelles», mentionne également la Ville dans sa résolution

Les élus de Shawinigan affirment que les citoyens de Shawinigan «ne peuvent assumer seuls la facture reliée à des activités industrielles passées».

Le maire Michel Angers mise sur les engagements réalisés lors des dernières élections par la Coalition avenir Québec, parti qui est maintenant au pouvoir. «Nous avons aussi le soutien et l’appui de notre députée pour cette démarche. Nous croyons nous aussi pouvoir bénéficier de ce fonds spécial que d’autres villes ont eu», affirme le maire de Shawinigan.

Rappelons que lors de la dernière campagne électorale, la députée de Laviolette-Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, avait affirmé que le traitement des terres contaminées était une priorité. Elle soutient que dès son élection, elle a déposé une demande auprès du ministère concerné pour le traitement des terres contaminées, dont celles de l’ancienne Belgo.

«Mes demandes ont été faites par écrit et verbalement», soutient la députée. «Je trouve ça, le dossier de la Belgo, totalement inacceptable. C’est encore un exemple d’un entrepreneur qui ne fait pas sa job et les citoyens doivent payer. Shawinigan est malheureusement dans le haut de la liste pour les villes où il y a le plus de terrains contaminés laissés par les industries qui sont parties.»