La réparation sur la rue J.-Réal-Desrosiers a été complétée mercredi matin. Les pièces endommagées de la conduite ont été conservées par la Ville pour des fins d’investigation.
La réparation sur la rue J.-Réal-Desrosiers a été complétée mercredi matin. Les pièces endommagées de la conduite ont été conservées par la Ville pour des fins d’investigation.

Terminé le «flushgate» à Trois-Rivières: «Un sentiment de victoire»

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Après plus de seize jours de déversement dans la rivière Saint-Maurice et le fleuve Saint-Laurent, la crise des eaux usées est terminée à Trois-Rivières. À 17h15 mercredi, la Ville a annoncé que le réseau avait été complètement remis en fonction et que le déversement des eaux usées était somme toute terminé.

La Ville de Trois-Rivières avait reçu des nouvelles encourageantes mercredi après-midi, alors que la réparation sur le réseau de refoulement des eaux usées avait été complétée et que le système était progressivement remis en marche. Depuis le début de la journée, mercredi, l’eau avait recommencé à s’écouler tranquillement dans les tuyaux, pour se rendre jusqu’aux étangs aérés du secteur Sainte-Marthe.

Un signe encourageant, puisque lors des deux bris précédents, l’eau n’avait jamais pu se rendre jusqu’aux étangs, étant donné que le bris survenait lors de la remise en service. 

«C’est terminé! Le réseau a été progressivement remis en service et on a pu constater que tout avait tenu le coup. Les pompes vont donc être remises en marche complètement au poste de pompage principal, et le déversement va lui aussi cesser progressivement, pour se terminer complètement dans les prochaines minutes», a expliqué à 17h15 Guillaume Cholette-Janson, porte-parole de la Ville de Trois-Rivières.

Une nouvelle qui a réjoui au plus haut point le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, qui n’a pas caché être devenu très émotif en apprenant la nouvelle. «C’est un immense soulagement, et je salue le travail de toutes les équipes sur le terrain. Pour la Ville, ça représente pas moins de 100 employés qui ont travaillé là-dessus sans relâche depuis le début, autant dans les départements de l’approvisionnement, du génie, des travaux publics, des communications, de l’aménagement... On en est venu à bout et c’est un vrai sentiment de victoire», résume le maire Lamarche.

Au final, cette crise aura mené au déversement de près de 1,3 milliard de litres d’eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent et la rivière Saint-Maurice. Des déversements qui ont aussi valu une mise en demeure au ministre de l’Environnement Benoît Charette par la Fondation Rivières.

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Mercredi midi, la Fondation Rivières indiquait ne pas avoir reçu de suite à sa mise en demeure, et gardait l’œil ouvert sur le déroulement des opérations à Trois-Rivières. C’était quelques heures avant d’apprendre que le déversement prenait fin.

Cette crise aura possiblement coûté plus d’un million de dollars à la Ville de Trois-Rivières, des travaux qui ont été financés dans le cadre de mesures d’urgence, ce que la Loi sur les cités et villes permet au maire d’une ville ou d’une municipalité. Il faudra toutefois attendre l’analyse fine de tous ces travaux pour mettre un coût réel sur l’ensemble de ce chantier.

Le maire Lamarche ne cache d’ailleurs pas qu’un post mortem se tiendra à la suite de cette saga, afin d’évaluer la chaîne des événements et d’en tirer des apprentissages. «Nous avons conservé les pièces des conduites qui ont été endommagées afin d’approfondir notre investigation. Il faudra évaluer le cheminement des eaux, dans le cadre d’un plan d’intervention plus large et déjà mis en place», indique Jean Lamarche, qui rappelle à quel point l’enjeu de l’usure des infrastructures d’eaux usées est panquébécois et devra forcément être remis au cœur des débats dans les prochaines années.