Tenue de registre: la Ville se défend d'avoir privilégié les vacances

Alors que des citoyens sont mécontents qu'une signature de registre sur un règlement d'emprunt de 7,7 millions $ pour l'enfouissement de fils sur le site de Trois-Rivières sur Saint-Laurent se déroule en pleines vacances de la construction, soit les 28, 29 et 30 juillet, la Ville se défend d'avoir choisi délibérément un moment où les citoyens ont l'esprit ailleurs. Des 1992 signatures nécessaires pour obtenir un scrutin référendaire sur la question, moins d'une centaine avaient été recueillies mardi après-midi... et quelques voix de citoyens se font entendre pour protester contre cette façon de faire. Il ne reste en effet qu'une journée, soit aujourd'hui, jusqu'à 19 h.
Yvan Toutant, des communications à la Ville, qui venait justement de recevoir un appel à ce sujet, a un peu ironisé en déclarant: «Vous êtes en train de me dire qu'on devrait bannir le mois de juillet?»
Ce dernier soutient que le dossier a suivi son cours normalement, après l'avis de motion. Un avis public a été donné pour l'ouverture de registre.
«Ça s'est fait comme habituellement. Pourtant, la consultation sur une station d'essence dans le district de Chavigny, a eu lieu dans la même période. Il n'a pas semblé y avoir de problème là.»
M. Toutant admet que tout le monde n'est pas abonné au Nouvelliste, mais que la démarche était bien en vue sur le site Internet de la Ville.
«C'est facile à dire: j'ai pas Le Nouvelliste. Tout ce que j'ai à dire, c'est qu'on n'a pas délibérément dit: «On va faire ça pendant les vacances de la construction». Et puis, il faut dire aussi que tout le monde n'est pas contre ce projet d'enfouissement de fils près du Vieux-Trois-Rivières où on a aussi enfoui des fils», tranche-t-il.
Le porte-parole de la Ville reconnaît que l'ouverture du Technoparc s'est faite rapidement et que la Ville n'a pas pensé immédiatement à l'enfouissement des fils électriques, ce qui aurait pu s'avérer moins coûteux.
«Mais là, on est rendus là», résume-t-il.
Même son de cloche du côté du conseiller du quartier, Jean-François Aubin qui, contrairement à sa collègue Marie-Claude Camirand dans le dossier d'un projet de station-service, n'a pas senti le besoin de faire une publicité supplémentaire auprès de ses électeurs au sujet de la tenue d'un registre.
M. Aubin explique sa position par le fait qu'il a pris bonne note de la position de la population lors des dernières élections municipales, et qu'elle semble soutenir le projet de Trois-Rivières sur Saint-Laurent et souhaiter qu'il se termine bien. Enfin, rappelle-t-il, il a voté en faveur de ce projet qui, par ailleurs, aurait fait l'objet de reportages dans les médias avant l'été.
Quant à savoir si on doit bannir carrément les consultations populaires pendant les semaines où une bonne partie du Québec est en vacances, il n'est pas contre.
«Ce n'est jamais le temps idéal. Y-a-t-il une réflexion a faire? Peut-être, mais je sais aussi que dans ce cas, retarder la consultation, c'était sans doute retarder le chantier en cours. Il faut aussi savoir qu'une partie du montant d'argent, c'est pour l'avenir.»
M. Aubin admet que la décision d'enfouir les fils dès le tout début de Trois-Rivières sur Saint-Laurent aurait pu être prise.
«Je n'étais pas là à l'époque. On sait que le climat entourant l'amphithéâtre était différent. Ça n'a pas ressorti. Mais si des gens ne veulent pas qu'on mette de l'argent là-dessus, ils n'ont qu'à signer le registre. Je n'ai pas de problème avec ça. La question importante à se poser, et ce n'est pas mauvais de le faire, c'est sur le moment où on tient la consultation. Ça peut être intéressant d'en discuter», a-t-il conclu.