Marco Rivard, un employé de Vallée du parc, ne manquait pas de travail, jeudi.

Tempête coûteuse à Vallée du parc

SHAWINIGAN — Une bonne bordée de neige est habituellement accueillie avec joie par les centres de ski. Sauf que la neige lourde qui s’est abattue sur la Mauricie au cours des derniers jours a causé plus de mal que de bien au centre de glisse Vallée du parc qui repousse son ouverture de trois jours.

Là comme dans bien d’autres coins de la région, des arbres ont cédé sous le poids de la neige et des branches ont endommagé des fils électriques, privant la station de ski d’électricité pendant 36 heures. Un arbre s’est même retrouvé sur le câble d’un téléski.

«On a beaucoup de travail depuis 48 heures. Il a fallu élaguer, ramasser les vestiges des deux derniers jours, remettre les pistes en ordre. L’éclairage ne marche pas. Ça va retarder l’ouverture de la saison», déclare le directeur général, Alain Beauparlant.

Vallée du parc devait ouvrir vendredi. Le tout est reporté à lundi afin de laisser le temps aux employés de s’assurer que tout sera sécuritaire lorsque les premiers skieurs et planchistes dévaleront les pentes.

«J’aime mieux ouvrir une fois que tout est parfait, ajoute M. Beauparlant. Mais on va quand même ouvrir 10 jours plus tôt qu’en 2017. L’an passé, on a ouvert le 14 décembre. Et lundi, on va ouvrir à temps plein.»

Il est trop tôt pour connaître la valeur des dommages observés au centre de glisse. Selon M. Beauparlant, les caprices de Dame Nature se conjuguent davantage en une hausse des heures de travail pour les employés.

«On est passé de 15 à 30 employés pour ouvrir le plus rapidement possible. Rien n’a été détruit, mais il faut refaire du filage, des connexions. C’est plein de petits travaux à faire. Mais le gros coût, c’est la nourriture. Il faut évaluer tout ça. S’il faut qu’on jette, c’est entre 5000 $ et 10 000$ qu’on mettrait aux poubelles.»

À l’instar de Vallée du parc, de nombreux abonnés d’Hydro-Québec ont été privés de courant durant de nombreuses heures. Le portrait s’est amélioré au fil de la journée de jeudi. Les 200 équipes de monteurs se relaient jour et nuit afin de rétablir le service.

En début de journée, jeudi, 3193 clients étaient sans électricité en Mauricie, dont près de 2500 uniquement dans la MRC de Maskinongé. Plus de 1000 clients mauriciens ont retrouvé le courant durant la journée et la société d’État était confrontée à régler des problèmes dans des zones boisées où l’accès était difficile.

«On a besoin des motoneiges. Ça prend des moyens particuliers pour accéder à des lignes en milieux boisés. Il est tombé tant de neige qu’on ne peut utiliser les voies carrossables. Environ 95 % des clients ont retrouvé le service. On est dans les cas d’exception», explique Véronique Trépanier, porte-parole régionale d’Hydro-Québec.

Au bilan de 22 h, Hydro-Québec rapportait toujours que 1325 clients étaient privés de service en Mauricie, dont 1080 dans la MRC de Maskinongé et 215 à Shawinigan.

De nombreuses branches sont tombées sur les installations du téléski de Vallée du parc.

Patience pour certains clients

Saint-Mathieu-du-Parc a été particulièrement touchée par cette tempête, plus de 1000 clients étant sans courant. Des abonnés vivant dans des secteurs plus isolés pourraient devoir patienter encore plusieurs heures, sinon quelques jours, avant de ravoir l’électricité.

«Il y a des poteaux touchés, des fils touchés. Le temps que les émondeurs passent, le temps pour que ça circule, ça pourrait durer quelques jours. Les arbres sont tellement pliés que des véhicules ne peuvent pas passer», raconte le directeur régional de la Sécurité civile, Sébastien Doire, d’autre part satisfait que la situation continue tout de même de s’améliorer.

Même chose dans la municipalité voisine. Des citoyens de Saint-Élie-de-Caxton pourraient être privés d’électricité encore un certain temps. D’ailleurs, la Municipalité a dû mettre les bouchées doubles pour couper des arbres qui bloquaient des routes, isolant certains citoyens.

«J’ai fait une tournée. Il fallait passer sous des fils qui pendaient. Mais les gens n’étaient pas en danger. Les gens qui vivent sur le bord des lacs sont conscients qu’ils sont dans la forêt. Il faut s’équiper et s’adapter», constate le maire Robert Gauthier.

Le maire de Saint-Élie précise que la situation actuelle incite le conseil à évaluer l’achat d’une génératrice et à mettre à jour le plan des mesures d’urgence. Contrairement à des municipalités comme Saint-Boniface, Saint-Mathieu, Saint-Étienne-des-Grès ou Saint-Paulin, Saint-Élie n’a pas ouvert de centre d’hébergement.

«On n’a pas de centre d’hébergement, car on n’a pas de génératrice pour la Maison du citoyen, dit le maire Gauthier. J’ai mandaté le directeur général pour s’informer des coûts d’une génératrice. Il faut s’équiper mieux que ça et mettre en œuvre le plan des mesures d’urgence. On va consulter la Sécurité civile et on va regarder la possibilité d’avoir des subventions.»

La Sûreté du Québec a contribué à ces mesures d’urgence en déployant notamment des policiers qui faisaient le tour de certains secteurs, notamment à Saint-Boniface, à Saint-Élie et à Saint-Mathieu. Ces policiers se déplaçaient en motoneige pour s’assurer que tous les citoyens allaient bien.

«Des policiers ont fait du porte-à-porte pour s’assurer de la sécurité des gens. On n’a pas eu de sauvetage à faire. Les gens étaient en sécurité», confirme la sergente Éloïse Cossette, porte-parole régionale de la Sûreté du Québec.

Avis d’ébullition à Saint-Mathieu

La Sécurité civile annonce que l’avis d’ébullition de l’eau est maintenu à Saint-Mathieu, et ce, pour l’ensemble du territoire.

D’autre part, une génératrice a été installée dans la tour de télécommunications de Saint-Mathieu. Les services de communication et d’Internet ont été rétablis.

La Sécurité civile avait auparavant récupéré quatre téléphones satellites du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs pour les prêter à Saint-Mathieu.

Avec la collaboration de Gabriel Delisle