Mélany Thiffault montre les factures accumulées au dépanneur du Carrefour en raison de la panne de télécommunications.

Télécommunications à La Tuque: «Il faut que le dossier bouge»

LA TUQUE — La Tuque a dû déployer ses mesures d’urgence, jeudi, en raison d’une importante panne de services de communications qui touchait les services de Télébec. La situation, qui a duré plusieurs heures a été rétablie en milieu d’avant-midi. Un nouvel épisode qui ramène, une fois de plus, le débat sur les services de télécommunications en Haute-Mauricie.

Pour la mairesse suppléante, Caroline Bérubé, l’incident de jeudi parle de lui-même. L’isolement vécu par les citoyens, qui heureusement n’a pas eu de conséquences graves, n’a pas lieu d’être en 2018.

«La Bostonnais, La Croche, Lac-Édouard étaient complètement déconnectés parce qu’ils n’ont pas de réseau cellulaire. […] Ça amène un état de panique et ça isole carrément les gens. On demande d’accélérer le processus de connectivité autant pour le réseau cellulaire qu’Internet haute vitesse. Avec un événement comme celui-là, on peut voir l’ampleur des impacts», insiste-t-elle.

«Ce n’était pas la fin du monde, mais ç’aurait pu l’être. Des incidents comme aujourd’hui parlent d’eux-mêmes. L’urgence d’agir vient d’événements extérieurs actuellement. C’est une preuve de plus qu’on doit être connecté», a ajouté Mme Bérubé.

Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, milite depuis déjà plusieurs mois pour une meilleure connectivité de sa ville. Il en avait même fait son cheval de bataille aux dernières élections municipales.

«C’est un dossier chaud de l’agglomération vivement défendu par le maire. Comme il n’est pas disponible, je me fais la porte-parole parce que c’est aussi un dossier soutenu par l’ensemble du conseil municipal. Il faut que le dossier bouge», a commenté la conseillère municipale, Caroline Bérubé.

La Ville de La Tuque soutient que l’absence de redondance est un problème à régler pour éviter ce genre d’événement.

«Il faut continuer de travailler sur nos projets pour brancher la fibre optique avec le Lac-Saint-Jean. C’est à partir de ce moment-là que nous n’aurons plus de problème. On veut que ce soit réglé une bonne fois pour toutes», a indiqué Hélène Langlais, directrice des communications de la Ville de La Tuque.

C’est un accident survenu sur le chantier des travaux de la route 155 à Saint-Roch-de-Mékinac, tard mercredi soir, qui est à l’origine de tout le branle-bas de combat. Les citoyens touchés ont été privés de téléphone, de service Internet et de télévision par câble.

La conseillère municipale, Caroline Bérubé, pense que l’incident de jeudi est une preuve de l’urgence d’agir dans le Haut Saint-Maurice dans le dossier d’Internet haute vitesse et du réseau cellulaire.

«Environ 5000 clients peuvent avoir été affectés dans une certaine mesure», a indiqué, Vanessa Damha, gestionnaire principale des relations avec les médias chez Bell.

Mesures d’urgence

Le CIUSSS MCQ a également mis en place des mesures pour éviter que les services aux citoyens soient affectés par cette panne.

«Il n’y a pas eu d’impact pour la population et aucun service n’a été arrêté. Par ailleurs, il y a eu des impacts de mobilisation durant la nuit. Les équipes ont mis des mesures en place pour pallier l’interruption de service de téléphonie. Par exemple, les pagettes des médecins ne fonctionnaient pas, ils ont dû les appeler sur leur cellulaire. Pour ceux qui ne répondaient pas, ils ont collaboré avec la police pour les aviser à la maison pour s’assurer que tout le monde savait que les communications étaient rompues», a indiqué la porte-parole du CIUSSS MCQ, Caroline Paquin.

Les équipes du CIUSSS MCQ se sont également assurées du bon fonctionnement du point de service à Parent.

La Ville de La Tuque a également mis en place ses mesures d’urgence. Les pompiers ont fait la tournée des résidences pour personnes âgées, des écoles et des garderies pour s’assurer que les gens aient au moins un téléphone cellulaire à proximité en cas d’urgence.

«Les gens qui n’ont pas accès au réseau cellulaire étaient mal pris, comme La Croche, La Bostonnais, Lac-Édouard. Il y avait des pompiers dans les casernes et s’il y avait eu une urgence, on aurait pu communiquer par radio avec la caserne de La Tuque afin de déployer les services d’urgence […] C’est moins paniquant en 2018 que ça pouvait l’être en 2000. Les cellulaires sont beaucoup plus répandus», a souligné Hélène Langlais, directrice des communications de la Ville de La Tuque.

Les abonnés de Sogetel ont toutefois été épargnés par la panne et le réseau cellulaire était toujours disponible.

Casse-tête pour les commerçants

Les commerçants locaux ont aussi été victimes, car la plupart des terminaux de paiement direct et les guichets automatiques ne fonctionnent pas.

«C’était la catastrophe ici ce matin», a lancé d’entrée de jeu Mélany Thiffaut, propriétaire du Dépanneur du Carrefour.

«Pas d’Interac, pas de guichet, pas de valideuse, pas de téléphone… bref on n’avait rien. Les travailleurs arrivaient avec leur café à 6 heures ce matin. Il n’y a pas grand monde qui traîne de l’argent. C’était le maudit bordel. On est équipé ici, un fil décroche et on perd tout… Là, j’ai une guirlande de papier que les gens vont revenir payer. Ce n’est pas plaisant», a-t-elle ajouté.