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TDA/H : Au-delà du diagnostic, deuxième partie
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TDA/H : Au-delà du diagnostic, deuxième partie
Dans cette deuxième partie du dossier sur le TDA/H, les journalistes des Coopératives de l'information vous amènent en classe.  
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Une médication à l’aveugle pour mieux collaborer

TDA/H : au-delà de la prescription

Une médication à l’aveugle pour mieux collaborer

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
Dans un cycle de quatre semaines, Delphine*, 7 ans, et Mathias*, 11 ans, prennent une médication pour gérer leur trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H). Le hic, c’est qu’autant leurs parents, leur enseignant, leur médecin qu’eux-mêmes ignorent totalement s’ils ont ingéré une dose faible, moyenne, forte ou même un placebo.

Comme plusieurs autres enfants, ils font partie d’un projet de recherche qualitative élaboré par un groupe de recherche piloté par le Dr Philippe Robaey, professeur à la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa, professeur associé à l’Université de Montréal et pédopsychiatre au Centre hospitalier pour enfants de l’Est de l’Ontario. Ce modèle canadien communément appelé «Share decision making» (Partage de la prise de décision), qui a d’ailleurs fait l’envie de la Chine au point où il a été exporté dans le pays le plus populeux du globe, vise avant tout à améliorer la collaboration entre les familles et le réseau scolaire, celle-ci étant parfois ponctuée de malentendus de frustration.

«On essaie de répondre à une question précise, car les stimulants (comme le Ritalin) sont souvent le traitement le plus commun, sauf que le problème avec ces médicaments, c’est qu’il n’y a pas vraiment de formule simple pour savoir quelle est la dose optimale. Ça varie assez fort, ça peut aller du simple au triple d’une personne à l’autre. Habituellement, on essaie donc de doser de manière progressive, mais cette méthode-là dure longtemps et l’évaluation des effets n’est pas idéale, on ne sait pas très bien quand s’arrêter et plusieurs choses se mélangent. [...] Souvent, les parents ne se sentent pas engagés, sentent qu’ils ne font pas partie de la décision», explique le Dr Robaey.

Le processus développé par son équipe et lui consiste donc à désigner quatre semaines d’essai lors desquelles le jeune patient atteint de TDA/H prend aléatoirement une dose de médication différente (faible, moyenne, élevée et placebo). Une période de 28 jours durant laquelle, sur une base hebdomadaire, les parents et l’enseignant rempliront chacun de leur côté un questionnaire exhaustif pour évaluer les comportements de l’enfant et les effets secondaires. Rien n’est laissé au hasard, dit-on.

«On le fait à l’aveugle, en quadruple aveugle même, car personne ne connaît la dose, sauf bien sûr le pharmacien. Il y a deux raisons à cela: d’abord, il y a le côté pharmacologique pour contrôler l’effet placebo, mais aussi parce qu’au bout du processus, on rencontre les gens pour voir ce qui s’est amélioré, avec des données claires. On analyse les symptômes. Avec leurs observations, on peut alors choisir laquelle des quatre semaines était la meilleure et prendre une décision sans référence au médicament. Rien n’est automatisé ou fait par ordinateur. On parle seulement de l’enfant et ça permet vraiment aux parents d’être informés par la réalité, sans être influencé par le médecin, l’enseignant ou d’autres parents qui pensent le contraire. On ne peut pas les pousser dans une direction ou une autre, ça les rassure beaucoup», dit-il.

Ajoutant que les médication miracle n’existe pas, le Dr Robaey spécifie que la méthode éprouvée «ne règle pas tous les problèmes mais ouvre la porte à ce qu’il faut faire d’autre» pour le TDA/H. 

Professeur titulaire d’orientation scolaire et professionnelle à la Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa, André Samson a également activement participé à l’élaboration de ce projet avec des recherches au sujet de la collaboration entre les parents d’enfants TDA/H et le milieu scolaire.

«Ça donne beaucoup de place à la fois aux parents et aux profs, ça les implique davantage. Parce que dans nos propres recherches et celles ailleurs en Amérique du Nord, on constate que les parents se sentent incompris, pas assez soutenus, un peu frustrés. Ils disent qu’on tente de leur dire quoi faire, comment faire, etc. Lorsqu’on applique ce modèle, ils sentent qu’ils ont un meilleur soutien social, une meilleure écoute, parce qu’ils vivent beaucoup de stigmatisation. Ça ne paraît pas bien d’avoir un enfant TDA/H. Ils en vivent non seulement à l’école, même si ce n’est pas de manière délibérée, mais aussi avec leur famille. C’est leur perception», affirme-t-il.

M. Samson rappelle que le TDA/H a la particularité d’avoir un côté subjectif.

«Si un parent ou un enseignant est particulièrement fatigué lors d’une journée X, le comportement de l’enfant peut lui sembler plus atroce que lors d’une autre journée. Notre modèle aide à objectiviser tout ça», précise le professeur.

*noms fictifs

Les temps ont changé

TDA/H : au-delà du diagnostic

Les temps ont changé

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Raymonde Malenfant a commencé à enseigner en 1982. À cette époque, l’acronyme TDA/H était encore inconnu.

« Les dix dernières années, on a vu apparaître tout ça. C’était souvent le TDA/H à comorbidité. C’était parfois un trouble de l’attention avec un trouble d’anxiété ou d’opposition avec le TDA/H. Ce n’était pas connu avant. Maintenant, on est capables de les reconnaitre », explique l’enseignante retraitée, qui a enseigné en première année, en maternelle et au préscolaire. 

Pour expliquer la situation, Mme Malenfant compare le TDA/H à un trouble visuel. « On a tous des besoins. Certains ont besoin de lunettes pour les yeux, d’autres ont besoin de lunettes pour le cerveau. » C’est de cette manière que Raymonde Malenfant, une enseignante maintenant retraitée, expliquait aux jeunes enfants les besoins de médication pour le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H).

« Si un enfant a besoin de ses lunettes et que son parent les oublie un matin, le petit est handicapé toute la journée, renchérit l’enseignante. Si un enfant a besoin d’être médicamenté et que le parent l’a oublié le matin, l’enfant est handicapé toute la journée. »

Le rôle de l’enseignant est de remplir des questionnaires médicaux, mais ne fait évidemment pas de diagnostic. « Les médecins vont regarder tout ça et va constater si l’enfant a ou non un TDA/H. »

« Le prof peut mentionner au parent qu’il y a des manifestations de déficit d’attention avec hyperactivité, on peut suggérer au parent d’aller consulter, explique l’ancienne directrice d’école Nicole Clermont. Ici, à la CSRS [devenu le CSSRS], on avait une entente avec les médecins pour que l’enseignant remplisse un formulaire avec ses observations. Le parent en complète un aussi. Ça doit être documenté. Habituellement, un médecin ne prescrit pas de médication avant d’avoir consulté le monde scolaire. »

Sans être une partisane de la médication, Raymonde Malenfant constate « qu’un enfant qui nécessite une médicamentation et qui n’en a pas, c’est le jour et la nuit ». 

« Quand ils sont au préscolaire, il est difficile de diagnostiquer un enfant, indique l’ancienne enseignante. [Les médecins] vont attendre un petit peu, souvent, car ça va avec la maturité. Il y a beaucoup d’immaturité affective. Après, ils arrivent à l’école, on va penser qu’ils sont dans la lune, mais ils vont s’inquiéter. Ils ne savent plus si c’est papa, maman ou la blonde de papa qui vont venir le chercher, par exemple. Ils ont des stress qu’ils ne devraient pas avoir. »

Et les parents acceptent maintenant beaucoup plus facilement la différence de leur enfant. « Si on recule de 10 ans, c’était difficile d’aborder ça avec les parents. J’ai vu des parents réfractaires. Et c’est correct, ça leur appartient. Je leur disais que leur enfant présentait ces signes. Ils ont finalement été diagnostiqués plus tard. Ils n’étaient pas prêts à ce moment », analyse Mme Malenfant.

« Mais il y a tellement eu d’ouverture, on en a tellement parlé, les parents sont plus outillés. Ce n’est pas péjoratif d’être TDA/H », continue-t-elle, ajoutant que les contextes familiaux ont également beaucoup changé dans les dernières années. 

Cependant, les enseignants doivent parfois composer avec les effets secondaires de ces médicaments. « Il y a des enfants qui arrêtent de manger, d’autres tombent carrément amorphes. Les enseignants doivent composer avec le fait que souvent, il y a plusieurs jeunes TDA/H dans la classe. Il y a aussi des enfants avec d’autres problématiques : dyslexiques, dysphasiques, dysorthographie et dyscalculique. Beaucoup d’adaptation est tentée, ça ne fonctionne pas pour tous les élèves », raconte Mme Clermont, ajoutant qu’avec les années, plusieurs molécules ont été développées.

Vice-président de la zone de Sherbrooke pour le Syndicat des enseignants de l’Estrie, David Raymond a un message d’espoir pour les jeunes atteints d’un TDA/H. « Les élèves avec un déficit d’attention vont souvent très bien réussir dans la société. Ils ont une capacité incroyable de faire plusieurs choses et de travailler longtemps. Le passage à l’école, effectivement, est parfois difficile. Nos classes ordinaires bondées d’élèves avec des troubles spécifiques ne nous permettent pas toujours de répondre à leurs besoins », exprime-t-il, spécifiant que le CSSRS travaille avec des partenaires comme TDAH Estrie dans le cadre de formations, entre autres. 

Des outils... et des défis

TDA/H : au-delà du diagnostic

Des outils... et des défis

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Pour l’ancienne directrice Nicole Clermont, chaque année est un défi pour un enseignant, même s’il a les outils pour gérer les enfants plus problématiques.

« Il faut avoir la vocation, je peux le dire! lance-t-elle. Il y a matière à amélioration. On parle de diminuer le nombre d’élèves dans les classes, d’augmenter le nombre de professionnels dans les écoles pour assurer les suivis. C’est une grande problématique. À l’école du Boisjoli, on avait 550 élèves et on avait deux journées de psychologie par semaine. On manque de personnel professionnel dans les écoles, c’est sûr. C’est un gros débat qu’il y a actuellement avec la COVID et la détresse chez les adolescents », commente la directrice.

Une enseignante à la retraite, Raymonde Malenfant, pense également qu’un enseignant qui veut est un enseignant qui peut. « On reçoit beaucoup de littérature par rapport à ça. Il y en a qui arrivaient et qui voulaient que les enfants soient en silence. Mais ils arrivent en réunion et n’arrêtent pas de parler. C’est deux poids, deux mesures », déplore-t-elle cependant. 

« Le plus important, surtout pour les enfants en difficulté, c’est le lien que l’enseignant va développer », rajoute Mme Malenfant. 

David Raymond, vice-président de la zone de Sherbrooke pour le Syndicat des enseignants de l’Estrie, considère que les ratios sont trop élevés dans les classes. « Si nous avons quatre, cinq ou six élèves intégrés, c’est difficile de répondre à tous les besoins. Un élève avec de l’hyperactivité, si on lui offre de s’asseoir sur un ballon, il va se retrouver au plafond. Si on le donne à un jeune qui a un déficit d’attention sans hyperactivité, ça lui permet de rester plus actif et concentré », analyse-t-il.

Il amène des pistes de solution. « Différents projets sont menés par les écoles, complète-t-il. Dans certains milieux, ils vont faire un parcours dans le corridor avec des X au mur, ce qui permet à l’élève de sauter d’un X à l’autre lors de certains déplacements et de bouger. En même temps, ça répond aux besoins de certains élèves et d’autres fois, des élèves auront de la difficulté à s’arrêter. On va bonifier l’offre en éducation physique dans d’autres milieux et toute la notion du sport-étude. Les plateaux peuvent être disponibles pour faire bouger les élèves sur l’heure du dîner. »

Les enseignants se sont adaptés

Dans les dernières années, les enseignants ont usé de créativité pour s’adapter à leurs élèves. 

« Dans certaines classes, les enfants sont assis sur des ballons pour leur permettre de bouger. D’autres sont plus permissifs : ils ont une pédagogie plus ouverte. Ils ont des stations de travail dans la classe et du matériel diversifié, ce qui fait que l’enfant n’est pas toujours assis au même bureau avec le même matériel pédagogique. Ça peut favoriser beaucoup l’enfant qui a une difficulté d’attention », décrit la directrice retraitée et paracycliste de haut calibre, Nicole Clermont. 

À l’école du Boisjoli, Mme Clermont avait poussé l’audace : des vélos stationnaires avaient été installés dans les corridors. « Un enfant avec un surplus d’énergie, à la place de l’envoyer en retrait dans le corridor, on le tournait d’une façon plus positive. Il a un besoin de bouger? Parfait. Va t’installer sur un vélo stationnaire et va pédaler », exprime Mme Clermont, qui donnait même de petits défis aux élèves.

Est-ce que des enfants ont pu éviter la médication grâce à ces initiatives? « Sûrement, pense l’ancienne directrice. Ça ne répond peut-être pas aux besoins de tous les enfants. Certains d’entre eux ont vraiment besoin de médication. Pour d’autres, je pense qu’on peut la contourner. C’est un choix du parent. Ça peut être un mélange des deux. Rien n’empêche qu’un enfant médicamenté utilise les ballons, par exemple. »

La méthode d’enseignement plus classique n’a jamais nécessairement fonctionné, selon elle. « On se retrouvait avec des élèves en grande difficulté d’apprentissage. On faisait des groupes fermés. Je ne peux pas dire que c’était nécessairement gagnant. On a échappé beaucoup de garçons avec ce type d’approche », résume Mme Clermont. 

Les pauses actives, facteur clé de la concentration

TDA/H : au-delà du diagnostic

Les pauses actives, facteur clé de la concentration

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
L’activité physique à fréquence régulière, pour un laps de temps aussi court soit-il, est sans aucun doute un facteur-clé pour prédisposer le cerveau à l’apprentissage en classe. Que l’élève soit aux prises avec un TDA/H ou non.

Voilà l’un des principes de base du programme «Corps actif, cerveau performant» (CACP), un modèle né en Outaouais il y a une décennie et qui aujourd’hui est appliqué dans plus de 25 écoles des quatre centres de services scolaires francophones et de la commission scolaire anglophone de la région.

Pour maximiser la concentration des élèves, en particulier les plus vulnérables, on recommande par exemple aux enseignants d’organiser des pauses actives de 5 à 10 minutes à quelques reprises pendant une journée. Avec les milliers de capsules vidéo que l’on retrouve sur le web, les jeunes peuvent dépenser leur trop-plein d’énergie de multiples façons, précise-t-on. De la danse au saut à la corde imaginaire en passant par le cardioboxe, le yoga, la marelle ou des exercices musculaires, les possibilités de bouger pour réactiver ses neurones sont nombreuses.

Selon le conseiller pédagogique et responsable du programme CACP au Centre de services scolaire au Coeur-des-Vallées, Marc-Antoine Otis, les équipes-écoles ayant expérimenté les pauses actives sont unanimes quant aux avantages que procurent ces activités dans la dynamique de classe au quotidien.

Ces pauses permettent non seulement de retrouver une meilleure concentration par la suite, mais aussi de stimuler le développement moteur de l’enfant et de développer le sentiment d’autonomie, entre autres.

Il est toutefois impératif de choisir les bons moments afin que ces pauses aient les répercussions souhaitées, précise M. Otis.

«Parfois, les élèves sont concentrés sur la tâche pendant toute une période et à d’autres moments, leur attention diminue considérablement après seulement 20 minutes. C’est à ce moment qu’il est pertinent d’utiliser la pause active en salle de classe. De retour à la tâche, l’élève se centre davantage sur l’activité, surtout si à la base, l’élève est à risque au niveau de la concentration. Si, au contraire, la pause active est utilisée au mauvais moment (lorsque tous les élèves sont centrés sur la tâche), celle-ci n’aura pas vraiment d’effets bénéfiques et risque même de nuire plutôt qu’aider. Il faut s’assurer que cette pause active soit un temps d’arrêt structuré pour favoriser la motivation des élèves et la relation avec l’enseignant», explique-t-il. 

Le programme CACP est désormais un partenaire officiel de la Chaire de recherche Kino-Québec (Université de Sherbrooke) sur l’adoption d’un mode de vie physiquement actif en contexte scolaire. L’équipe régionale donnera aussi cette année des formations au niveau provincial grâce au groupe de développement «Activité physique et apprentissage» du Ministère de l’Éducation. 

« Les enseignants n’ont pas inventé le TDA/H »

TDA/H : au-delà du diagnostic

« Les enseignants n’ont pas inventé le TDA/H »

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Les enseignants dans les écoles sont souvent pointés du doigt quand il est question du trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H). Les enseignants tolèrent-ils moins aujourd’hui ceux qui sont parfois encore appelés les « petits tannants » dans leurs classes?

« Les enseignants n’ont pas inventé le TDA/H. Ce sont des observateurs. Ils voient beaucoup d’enfants, année après année. Ce sont les meilleurs témoins », soutient le Dr Alain Lesage, médecin psychiatre.

Le Dr Francis Livernoche pratique la pédiatrie sociale et se rend directement dans de nombreuses écoles avec des niveaux de défavorisation élevés. Selon lui, c’est beaucoup plus simple que ce soit le pédiatre qui se déplace dans le milieu où évoluent naturellement les enfants plutôt que de les faire venir dans un hôpital qui peut sembler si intimidant.

« Ce ne sont pas les enseignants qui poussent vers la médication. Moi je travaille beaucoup dans le milieu scolaire et je le constate : quand un enfant se désorganise dans une classe, c’est souffrant pour l’enseignant et surtout pour les 20 autres enfants qui ont un impact sur leurs apprentissages », indique le Dr Livernoche.

« Je vois les enseignants mettre en place plein de moyens d’adaptation avant d’orienter les enfants vers moi, le pédiatre qui est en deuxième ou en troisième ligne : des ballons pour sautiller tout en restant sur place, des objets qu’on peut tenir dans les mains, les interventions un à un, être assis en avant de la classe… Les enseignants font un travail colossal dans un contexte difficile. On cherche quels sont les déclencheurs et on fait des plans d’intervention avant de demander une médication », rassure le pédiatre.