Maskinongé présente le taux d’infection le plus élevé per capita au Québec.
Maskinongé présente le taux d’infection le plus élevé per capita au Québec.

Taux d’infection record de COVID-19 dans Maskinongé

Louiseville — Si la région métropolitaine est qualifiée d’épicentre québécois de la pandémie, c’est bel et bien le territoire de Maskinongé qui présente le taux d’infection à la COVID-19 le plus élevé au Québec, avec 4,36 personnes atteintes de la maladie par tranche de 1000 habitants, selon les plus récents chiffres de l’Institut national de santé publique. Montréal, en comparaison, présente un taux de 2,84 personnes infectées par 1000 habitants.

Au CIUSSS Mauricie-et-Centre-du-Québec on indique que les foyers d’éclosion de l’usine d’Olymel, à Yamachiche, et de la résidence Les Jardins Latourelle, à Louiseville, contribuent à expliquer l’importance de la contamination sur territoire maskinongeois. Si l’on convient que les travailleurs de ces deux organisations ne sont pas tous de la région, leurs activités et leurs interactions avec la population peuvent avoir contribué à la transmission communautaire, explique la porte-parole du CIUSSS, Geneviève Jauron.

Appelé à commenter la situation, le député de Maskinongé, Simon Allaire, souligne que les statistiques viennent rappeler que la transmission communautaire est maintenant une réalité avec laquelle il faut composer sur le territoire. «Le message que j’ai à apporter dans ce contexte-là, puisque cette concentration-là semble plus élevée dans Maskinongé, c’est qu’il faut d’autant plus respecter les consignes qui sont mises en place», déclare-t-il. «Restez à la maison!», implore l’élu.

Le député Simon Allaire invite la population à respecter les consignes de confinement.

Le maire Deshaies furieux

De son côté, le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, n’était pas au courant de la statistique, lorsque contacté par Le Nouvelliste. Bien qu’au fait que la résidence Les Jardins Latourelle est aux prises avec une éclosion, il déplore que les informations ne lui soient livrées qu’au compte-gouttes. «Le CIUSSS ne m’a jamais appelé, c’est décevant!», laisse-t-il tomber. 

Le premier magistrat dit devoir s’en remettre aux renseignements glanés à droite et à gauche pour se faire une idée de ce qui se passe sur le terrain. «C’est la SQ et les journalistes que me tiennent le plus informé», se désole le maire. La Ville est tenue à l’écart du processus d’intervention, selon lui, et cela compromet sa capacité à agir en toute sécurité, soutient-il. Il cite en exemple l’équipe incendie qui a récemment répondu à un appel de routine à la résidence Les Jardins Latourelle. «Les pompiers sont rentrés là comme si de rien n’était. C’est une personne de la place qui leur a dit qu’on avait des cas de COVID-19», relate M. Deshaies. «On ne sait rien, la santé publique ne nous avise pas du tout sur rien», peste-t-il.

Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, déplore le manque de communication des autorités sanitaires.

Situation en évolution aux Jardins Latourelle

Comme le fait valoir le CIUSSS MCQ, une partie de l’explication derrière la position peu enviable qu’occupe Maskinongé dans le palmarès québécois des foyers d’infection tient sans doute aux nombreux cas rapportés à la résidence Les Jardins Latourelle. Dans une note envoyée aux parents et aux proches des résidents dans la journée de vendredi, la direction de la résidence indique que ce sont maintenant 18 employés, 13 résidents de la ressource intermédiaire et trois résidents de la section résidence pour personnes aînées qui ont contracté la maladie, pour un total de 34 cas confirmés. Rappelons que les employés ne sont pas nécessairement inclus dans les statistiques locales, certains pouvant être originaires de l’extérieur de la région.

La direction de la résidence n’a pas répondu à notre demande d’entrevue, mais le communiqué interne fait valoir que toutes les mesures recommandées par la santé publique ont été mises en place dès la découverte d’un premier cas. On indique aussi que l’ensemble du personnel et des résidents devrait subir un test de dépistage à la maladie, tel qu’autorisé par le ministère de la Santé, le 9 avril.

De son côté, le CIUSSS MCQ assure qu’une enquête épidémiologique a été ouverte dès la détection d’un premier cas. De plus, un suivi serré et quotidien serait fait avec les propriétaires de l’endroit. «La situation est prise très au sérieux», commente Geneviève Jauron. 

Comme plusieurs employés ont dû être placés en isolement après avoir contracté la maladie, des intervenants du réseau public ont été appelés en renfort pour épauler l’établissement privé. «Nous avons un chef de programme qui suit le tout. Nous y envoyons régulièrement entre deux et quatre intervenants, un ergothérapeute, des gestionnaires et une infirmière en support», énumère Mme Jauron, qui souligne qu’il s’agit là de mesures temporaires pour aider l’établissement à se réorganiser. 

Les autorités publiques n’étaient pas en mesure samedi de fournir des données précises quant à l’évolution de la contagion dans l’établissement au cours des derniers jours. Or, le 3 avril, toujours par voie de communication interne, la direction de la résidence faisait état de 18 cas détectés dans ses murs. Une semaine plus tard, il y en a 16 de plus. Deux résidents ont succombé à la maladie, après avoir été transférés au centre hospitalier.