La ministre Isabelle Charest a réaffirmé jeudi que son objectif est de favoriser l’accès au sport et à la pratique sportive.

Tarifs supralocaux: un frein à la pratique de l’activité physique, dit la ministre Charest

Trois-Rivières — Il n’y a pas que les parents touchés qui trouvent que Trois-Rivières a pesé fort sur le crayon quand elle a décidé d’imposer des tarifs supralocaux pour ses activités sportives. Invitée à commenter cette controverse, la ministre déléguée à l’Éducation et ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, estime que les frais d’inscription imposés par la capitale régionale aux non-résidents risquent de constituer un obstacle à la pratique de l’activité physique.

«On sait que les coûts d’inscription à une activité sportive ont un impact direct ou peuvent être un frein direct à la participation d’un sport. C’est sûr que des coûts qui sont faramineux ou élevés peuvent effectivement être un frein. Moi, mon objectif c’est de favoriser l’accès au sport et à la pratique sportive», affirme la ministre.

Qu’en est-il des montants exigés par la Ville de Trois-Rivières? «C’est sûr que si on compare avec d’autres municipalités, si on compare avec le coût d’inscription pour ceux qui proviennent de Trois-Rivières, effectivement, il y a une grosse disparité. (...) C’est sûr qu’en partant, quand il y a 700 $ qui s’ajoutent aux coûts (...), ça devient une activité sportive qui est très peu abordable, et il y a définitivement un frein [à l’activité physique]», note Mme Charest.

Rappelons que la Ville de Trois-Rivières compte imposer des frais supplémentaires de 138 $ pour les sports nautiques et aquatiques, de 144 $ pour ceux en gymnase et de 311 $ pour les sports de pelouse. Les sports de glace vont grimper de 716 $. Des associations sportives et des parents ont manifesté leur inquiétude par rapport à ces frais qui viendront s’ajouter à ceux de l’inscription.

À la dernière assemblée publique, la Ville a précisé qu’elle est en négociation jusqu’au 28 février avec les municipalités visées par les frais supralocaux. Si elles ne s’entendent pas, la facture devrait être refilée aux parents.

D’ailleurs, tout en précisant qu’elle ne peut pas s’immiscer dans la gestion interne des municipalités, la ministre souhaite que ces dernières travaillent ensemble et trouvent des solutions.

«J’espère très sincèrement que les municipalités vont trouver une entente.»

«Si elles ont de la difficulté à trouver des moyens, ajoute-t-elle, elles peuvent nous consulter et on pourra peut-être leur parler de notre expertise et de cas qui fonctionnent dans d’autres municipalités. Encore une fois, pour moi, mon objectif, c’est de faire en sorte que les enfants puissent bouger.»

La ministre note également que les montants investis par le gouvernement dans les infrastructures visent aussi à encourager l’accessibilité aux activités sportives. «Quand on octroie des montants pour des infrastructures, c’est toujours dans l’optique qu’il y ait une accessibilité de l’emplacement, de l’installation, mais il faut aussi qu’il y ait une accessibilité en termes de coûts pour la participation à ces activités.»

Est-ce que le gouvernement pourrait aider des municipalités comme Trois-Rivières à l’entretien de leurs infrastructures sportives? La ministre affirme que le gouvernement investit déjà «énormément» dans le domaine sportif. «Il y a déjà beaucoup de sommes qui sont données et il reste aux municipalités à faire leur bout de chemin.»