Bécancour épongera 50 % de la facture des tarifs surpalocaux imposés à ses résidents qui pratiquent des activités sportives à Trois-Rivières.

Tarifs supralocaux: Bécancour épongera 50 % de la facture

TROIS-RIVIÈRES — La Ville de Bécancour accepte de faire un bout de chemin pour alléger la facture des tarifs supralocaux qui seront imposés cette année par la Ville de Trois-Rivières. Le conseil municipal a en effet adopté lundi soir une résolution faisant en sorte que Bécancour épongera 50 % de la facture pour ses citoyens qui seront affectés par cette hausse tarifaire des activités sportives non offertes à Bécancour et offertes sur le territoire de la Ville de Trois-Rivières.

On se souviendra que la Ville de Trois-Rivières a récemment adopté une nouvelle politique de tarifs supralocaux pour les citoyens des municipalités voisines utilisant les équipements sportifs de la Ville. Des tarifs variant de 138 $ à 716 $ s’ajoutant aux frais d’inscription des différentes associations sportives. Cette politique, avait expliqué la Ville, visait d’abord à s’entendre avec les différentes municipalités sur un partage des coûts dans un souci d’équité avec ses propres citoyens finançant par leurs taxes ces équipements municipaux.

À Bécancour, cette nouvelle politique touchera 120 jeunes du territoire, explique le maire Jean-Guy Dubois. Le conseil municipal a donc décidé, par une résolution adoptée lundi, d’assumer le remboursement de 50 % des frais de non-résident, jusqu’à un maximum de 325$ par personne âgée de 18 ans et moins, par inscription. Ces frais devront toutefois s’appliquer sur des activités sportives qui ne sont pas offertes sur le territoire de Bécancour, précise le maire.

«Il y a certaines catégories de hockey, par exemple, où les jeunes n’ont pas le choix d’aller à Trois-Rivières. Là, ça va s’appliquer. Mais si ça se donne aussi chez nous, on ne remboursera pas. Chez nous, ça touche aussi beaucoup de jeunes qui sont inscrits à des activités de trampoline à Trois-Rivières», constate le maire Dubois.

À ce jour, dix municipalités ont fait parvenir leur décision à la Ville, soit les municipalités de Saint-Luc-de-Vincennes, Notre-Dame-du-Mont-Carmel, Saint-Étienne-des-Grès, Saint-Maurice, Saint-Barnabé, Sainte-Geneviève-de-Batiscan, Yamachiche, Saint-Célestin, Batiscan et Bécancour.

Certaines, dont Notre-Dame- du-Mont-Carmel et Saint-Maurice, ont accepté certaines concessions offrant une aide financière à divers degrés aux citoyens qui souhaiteraient se rendre à Trois-Rivières pour pratiquer leurs activités sportives. D’autres, comme Saint-Luc-de-Vincennes, préfèrent ne pas embarquer dans cette nouvelle politique et demandent à la Ville de revoir sa position sur les tarifs. À Batiscan, on mettra en place une politique de remboursement des frais aux parents, mais on demande à la Ville de Trois-Rivières de revoir ses tarifs à une hauteur «plus raisonnable». Batiscan réservera une enveloppe de 1500 $ pour l’ensemble des demandes de remboursement, pouvant aller jusqu’à 50% de la facture mais qui seront calculées au prorata des demandes formulées par l’ensemble des citoyens touchés.

À Yamachiche, on continue des ententes de partenariat avec Louiseville laissant libres les citoyens de choisir s’ils veulent aller à Trois-Rivières ou non, avec les augmentations tarifaires que cela impose. Saint-Étienne-des-Grès avait adopté sensiblement la même position, poursuivant des ententes conclues avec Saint-Boniface pour le hockey par exemple.

À Sainte-Geneviève-de-Batiscan, il existe déjà un programme d’aide financière pour les parents qui doivent éponger une facture de non-résident et les gens peuvent s’adresser à la Municipalité pour l’obtenir. Toutefois, le conseil municipal s’est positionné de façon défavorable face à la politique imposée par Trois-Rivières, refusant d’en assumer les frais de façon systémique et automatique.

À la Ville de Trois-Rivières, on réitère que l’objectif premier n’est certes pas celui de refiler la facture aux parents des jeunes qui souhaitent pratiquer des activités sportives sur son territoire, mais de s’entendre avec les municipalités pour en arriver à un partage des coûts plus équitable.

«Les municipalités qui nous ont transmis leurs réponses sont tout de même en accord avec le principe de l’approche de l’utilisateur-payeur. Nous sommes également en discussions présentement avec Nicolet et Champlain, qui ont démontré une certaine ouverture. Pour nous, on souhaite continuer le travail de sensibilisation auprès de ces municipalités afin de leur faire comprendre aussi notre réalité. L’entretien de ces équipements coûte cher et les calculs ont été réalisés dans un souci d’équité avec nos citoyens», explique la porte-parole de la Ville, Cynthia Simard.

Cette dernière indique que le Service des loisirs poursuit ses approches auprès des municipalités, et que la Commission des loisirs se réunira au cours des prochaines semaines pour la suite des choses. «À la suite de cette réunion, nous prendrons des décisions et ferons connaître notre position», ajoute-t-elle.

Rappelons que 1200 jeunes de 26 municipalités utilisent l’un ou l’autre des équipements sportifs de la Ville de Trois-Rivières et pourraient éventuellement être touchés par ces tarifs, qui se détaillent à 138 $ de plus pour les activités nautiques, 144 $ pour les sports de gymnase, 311 $ pour les sports de pelouse et 716 $ pour les sports de glace.