Paméla Marcotte-Michaud et son fils Arnaud Vézina.
Paméla Marcotte-Michaud et son fils Arnaud Vézina.

Tarifs en garderie: des parents maintiennent la pression sur le gouvernement

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Malgré le congé du temps des Fêtes, les parents d’enfants qui fréquentent des garderies non subventionnées n’abandonnent pas leur combat et maintiennent la pression sur le gouvernement. La pétition présente sur le site de l’Assemblée nationale qui demande que le tarif journalier soit de 8,25 $ pour tous les services de garde a recueilli plus de 13 185 signatures.

Lancée il y a près de deux semaines par le Regroupement des parents utilisateurs de garderies non subventionnées, cette pétition nommée «Tarif journalier à 8,25 $ pour tous les services de garde» demande «au gouvernement du Québec le remboursement intégral de tout montant excédentaire à 8,25 $ pour frais de garde d’enfants aux parents utilisateurs du milieu non subventionné, et ce, rétroactivement au 1er janvier 2019». Le Regroupement demande donc que les frais de garde soient les mêmes pour les enfants qui fréquentent le réseau public des Centres de la petite enfance (CPE) et pour ceux qui sont en garderies privées non subventionnées.

«Recueillir plus de 13 000 signatures en si peu de temps, c’est au-delà de nos espérances. La visibilité que notre démarche a eue dans les médias juste avant Noël a permis de recueillir plus de 7000 signatures en une semaine. C’est inespéré», avoue Paméla Marcotte-Michaud, une mère de Trois-Rivières dont l’enfant fréquente une garderie non subventionnée et porte-parole du regroupement.

«Lorsque nous avons dépassé les cinq chiffres, on tombe dans les pétitions les plus en vue à l’Assemblée nationale et les députés commencent à en tenir compte.»

Le retour au tarif unique dans le réseau public de garderie, rétroactif au 1er janvier 2019, a été annoncé par Québec en novembre dernier. Avec cette mesure, les familles qui sont dans le réseau public paient le même montant, sans égard à leur revenu familial. Or, cette mesure ne s’applique pas aux garderies privées non subventionnées, utilisées par environ 25 % des familles du Québec. Ces familles doivent donc payer près de 40 $, voire plus, pour une journée. Il y a bien sûr un crédit d’impôt pour les frais de garde basé sur le revenu familial, mais ces familles payent toutes bien plus que les 8,25 $ exigés au public.

«Il y a presque 90 000 places en garderie au Québec qui ne sont pas subventionnées», précise Paméla Marcotte-Michaud en ajoutant que plusieurs parents ne connaissent pas le coût réel des frais de garde.

À ce titre, Finances Québec propose un calculateur sur son site Internet pour connaître les coûts réels des services de garde (www.budget.finances.gouv.qc.ca/Budget/outils/garde_fr.asp).

«Les gens ne sont pas toujours au courant de ce que ça coûte réellement. Il faut fouiller et s’informer. C’est ce qu’on s’est rendu compte avec le Regroupement», précise-t-elle.

Avant le retour au tarif unique dans les garderies subventionnées, les parents payaient en fonction de leur revenu familial dans les deux systèmes. Bien que les tarifs étaient modulés, cela était équitable, contrairement à la situation actuelle. C’est cette nouvelle iniquité que dénonce vivement le Regroupement des parents utilisateurs de garderies non subventionnées.

«Allez calculer et vous allez vous rendre compte que ça ne revient plus au même», affirme Paméla Marcotte-Michaud. «Mais c’est difficile de rejoindre les jeunes familles, car c’est la tranche de la population qui court tout le temps et qui a peut-être moins le temps de suivre les nouvelles et de se tenir informée.»

Contrairement au système scolaire public du Québec, les places ne sont pas garanties. Les parents qui envoient leur enfant dans une garderie privée le font, car ils n’arrivent pas à obtenir une place dans le réseau public. D’ailleurs, la Place 0-5, ce guichet unique d’inscription obligatoire pour obtenir une place, démontre des lacunes, estime le Regroupement des parents utilisateurs de garderies non subventionnées. Même si un parent inscrit son enfant alors qu’il est encore dans le ventre de sa mère, rien ne lui garantit une place lorsque l’enfant aura un an.

Estimant que la mesure du gouvernement est discriminatoire envers les parents usagers des garderies non subventionnées, Paméla Marcotte-Michaud a même déposé une plainte à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Elle devrait avoir une réponse dans les prochaines semaines.