Sylvie Lachapelle se remet lentement de ses importantes blessures.
Sylvie Lachapelle se remet lentement de ses importantes blessures.

Sylvie Lachapelle: «C’est très difficile»

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
LA TUQUE — «Il était agressif, il voulait tuer tout le monde.» C’est à peu près tout ce dont se souvient Sylvie Lachapelle des instants qui ont précédé l’agression. L’ancienne conseillère municipale de La Tuque et copropriétaire de l’hôtel Central à Parent se remet lentement des importantes blessures qu’elle a subies la semaine dernière.

«Le rétablissement peut être long. Je me suis fait opérer pour le visage, la mâchoire, le nez… Je revois le chirurgien facial le 15 janvier. Je ne peux pas rien faire, j’ai tout le visage enflé. C’est très difficile», lance Sylvie Lachapelle qui se relève de peine et de misère de cette violente attaque.

«J’en ai pour des mois et des mois et peut-être même des années avant de m’en remettre», ajoute-t-elle.

La copropriétaire de l’hôtel Central à Parent se souvient plus ou moins des événements. Elle se rappelle toutefois que la serveuse avait besoin d’aide avec un individu et qu’elle lui avait demandé d’intervenir.

«Il était agressif, il voulait tuer tout le monde. Ç’a été filmé par les caméras de surveillance et c’est sous enquête», lance-t-elle brièvement.

Cette photo de Sylvie Lachapelle a été prise après l’opération maxillo-faciale.

À travers tous les moments difficiles que traverse Sylvie Lachapelle, elle a une pensée pour l’employée qui était sur place cette soirée-là et qui a elle aussi reçu des coups.

«Je ne suis pas la seule victime là-dedans. […] Ça affecte tout le personnel aussi», note Mme Lachapelle.

D’ailleurs, de l’aide psychologique devrait être offerte aux employés de l’établissement dans les prochains jours.

Rappelons que Patrice St-Amand a été formellement accusé de tentative de meurtre, en lien avec la violente agression dont a été victime Sylvie Lachapelle à Parent la semaine dernière. Il a comparu en début de semaine au palais de justice de La Tuque et reviendra devant le tribunal le 14 janvier. Des accusations supplémentaires de voies de fait, menace et d’incendie criminel devraient être déposées à ce moment.

«C’est ma belle-sœur qui m’a appris ça. J’espère qu’il ne ressortira pas pour ne pas que des affaires de même arrivent à d’autres», a commenté Mme Lachapelle.

On voit Sylvie Lachapelle lors de son arrivée le 4 janvier au CHRTR.

Cette dernière et les membres de sa famille ont d’ailleurs accepté de partager les bouleversantes photos afin de dénoncer «la violence gratuite faite encore à une femme».

Rappelons qu’en début d’année, Patrice St-Amand se trouvait dans la région de La Tuque pour faire de la motoneige en compagnie d’un autre individu. Le 2 janvier, il se serait rendu chez Ti-Rouge, un lieu d’hébergement au lac Dandurand, où une dizaine de personnes se trouvaient dans un chalet. Une chicane aurait alors éclaté et St-Amand se serait fait expulser de l’endroit. Il se serait alors déplacé vers le bar de l’hôtel Central dans le village de Parent. Une autre chicane aurait alors éclaté et Patrice St-Amand aurait mentionné vouloir régler ses comptes avec Ti-Rouge. Sylvie Lachapelle est intervenue afin de calmer l’individu. C’est là qu’elle se serait fait agresser à coups de poing et coups de pied.

Quelques jours après les incidents, Sylvie Lachapelle ne sait pas si elle sera en mesure de retourner sur place ou d’y travailler à nouveau.

«Je ne suis vraiment pas certaine», dit-elle la gorge nouée par l’émotion.

Il faut dire que depuis déjà quelques années, l’hôtel Central de Parent est à vendre.

Patrice St-Amand est accusé de tentative de meurtre.

Le conjoint de Sylvie Lachapelle, Jean Dupont, soulignait cette semaine au Nouvelliste qu’ils étaient épuisés et qu’ils souhaitaient passer le flambeau après 20 ans.

Rappelons également que l’autre individu arrêté dans cette affaire, âgé de 31 ans, pourrait comparaître à une date ultérieure.