Suspension de la session d’hiver: la pétition grossit à vue d’oeil

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — La pétition lancée dimanche dernier par une étudiante de l’UQTR pour demander au ministre Jean-François Roberge de suspendre la session d’hiver dans les cégeps et les universités grossit d’heure en heure. En fin de journée, jeudi, elle dépassait les 108 000 signatures.

L’instigatrice, Elizabeth Leblanc-Michaud, a indiqué au Nouvelliste qu’elle a envoyé un mot au ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, mercredi, pour attirer son attention sur cette pétition même si cette dernière reste ouverte dans le but d’atteindre au moins 150 000 signatures.

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Pour l’instant, Mme Leblanc-Roberge n’a obtenu qu’un accusé de réception de la part du bureau du ministre.

Elle a également fait parvenir la pétition aux recteurs et rectrices de plusieurs universités québécoises, incluant l’UQTR. Du côté de l’université trifluvienne, on n’avait pas de commentaires à formuler de ce côté, jeudi, sinon pour dire que «c’est une question pour le ministre», indique le responsable des communications, Jean-François Hinse.

«Ils se relancent la balle», estime Mme Leblanc-Michaud à la lumière de nombreux documents que lui ont fait parvenir des étudiants.

Cette dernière ajoute qu’elle reçoit de très nombreux témoignages de la part d’étudiants très inquiets. «Les étudiants se mobilisent, parlent entre eux, écrivent à leur association étudiante. Quelque chose se passe», constate-t-elle.

Le Nouvelliste a tenté de relancer le bureau du ministre à la lumière de ces nouveaux développements, jeudi, sans toutefois obtenir de réponse.

Du côté des écoles primaires, qui ne sont toutefois pas visées par cette pétition, l’organisme COMSEP ne cache pas une certaine inquiétude en ce qui concerne les enfants en difficulté. L’organisme, qui œuvre notamment auprès de 17 classes dans huit écoles ayant un taux de défavorisation de 9 et 10, de la maternelle à la première année, craint que malgré les travaux et exercices qui seront acheminés dans les familles, ce ne sont pas tous les enfants qui réussiront à apprendre. «Il y a des parents qui ne sont pas capables d’accompagner leurs enfants», indique la coordonnatrice, Sylvie Tardif. Même si ces enseignements et travaux ne sont que «suggérés» par le ministre Roberge et qu’il n’y aura pas d’examens du ministère à la fin de l’année, Mme Tardif craint qu’à la reprise de l’école, certains enfants défavorisés aient de la difficulté à suivre les autres.

COMSEP ne pourra d’ailleurs plus aller dans les écoles, à ce moment-là, parce que les écoles se sont fait dire d’annuler toutes les activités, rappelle Mme Tardif. COMSEP entend donc changer ses pratiques, dit-elle, pour pouvoir continuer à aider ces enfants.

En attendant, pour traverser la crise, Mme Tardif signale que COMSEP a des livres à prêter pour aider les enfants ainsi que des crayons, des stylos-feutres et du matériel pédagogique qui peuvent être remis aux familles dans le besoin.