La résidence l'Entre-Deux demeure ouverte.
La résidence l'Entre-Deux demeure ouverte.

Sursis pour la résidence l’Entre-Deux

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
La résidence pour personnes handicapées l’Entre-Deux bénéficie d’un sursis et demeurera ouverte. Les résidents ont poussé un soupir de soulagement vendredi après-midi lors d’une assemblée générale sur la question. Le conseil d’administration de la résidence devra toutefois trouver des solutions pour redresser les finances de la corporation qui affiche un déficit accumulé d’environ 125 000 $.

Les 24 résidents des deux pavillons de l’Entre-Deux étaient présents à cette assemblée générale. Plusieurs proches de ceux-ci ainsi que membres du personnel, qui n’avaient pas le droit de vote, étaient aussi sur place pour prendre part aux discussions sur l’avenir du service pour personnes handicapées. La tension était palpable, car plusieurs personnes craignaient la fermeture de la résidence. Il s’agissait d’une des options sur la table, mais elle a été rejetée massivement pas les résidents.  

Le déficit de 125 000 $ s’accumule depuis la création de la corporation de la résidence, il y a un peu plus de 20 ans. En 2017, le déficit de la résidence a été de 49 300 $, ce qui a fait grossir le déficit accumulé. Entre 2016 et 2017, les salaires et charges sociales inscrits au budget ont bondi de 70 000 $. La direction de la résidence soutient que cela est dû à l’utilisation accrue d’heures supplémentaires, devant la difficulté de recruter des préposés aux bénéficiaires. Le syndicat répond à cela que lors de la négociation de la dernière convention collective, les employés ont accepté que soient coupées 90 heures de travail par semaine afin de faire des économies. Des parents de résidents ont soulevé ce paradoxe et ont affirmé que cela faisait la démonstration de la mauvaise gestion de l’endroit.

Ne cachant pas qu’il y a un problème de déficit accumulé, le président du conseil d’administration, Jocelyn Bouchard, soutient que des changements devront être apportés à l’administration de la résidence pour éviter de faire progresser le déficit accumulé depuis la création de la résidence en 1995, mais aussi que le financement est adéquat. «Notre budget est comparable à celui des résidences similaires. Nous devrions pouvoir avoir un budget équilibré avec le financement que nous avons du CIUSSS (1,1 million $)», a-t-il précisé après la rencontre. «On se doit de renégocier la convention collective. Avec l’expérience, on va négocier pour que le temps supplémentaire soit beaucoup plus bas.»

Les discussions ont été houleuses à quelques reprises vendredi après-midi. Le spectre d’une possible fermeture de la résidence rendait plusieurs personnes émotives. «Il y a des points de vue variés. Ç’a été un peu houleux, mais ça prenait de bonnes discussions. Et il en ressort des éléments positifs. Les gens veulent que ça reste ouvert et ils ne veulent pas recommencer à zéro avec un nouveau conseil d’administration», a ajouté M. Bouchard.  

Dans les prochaines semaines, les postes vacants du conseil d’administration de la résidence doivent être comblés afin de mener à bien cette restructuration de la gouvernance notamment en embauchant un nouveau directeur général. Plusieurs personnes et résidents présents à l’assemblée de vendredi ont manifesté leur intérêt d’intégrer le conseil d’administration. Actuellement, deux places sont réservées aux résidents, ce qui pourrait changer prochainement.

Yannick Bellemare est un des résidents du pavillon du Cap-de-la-Madeleine. Il avoue en effet que l’inquiétude était un sentiment généralisé depuis un certain temps. «Ça a créé beaucoup d’inquiétude. Au Cap, on est encore plus isolé qu’à Trois-Rivières. Le conseil d’administration vient à Trois-Rivières, mais pas au Cap. Ils ne nous donnent aucune information. Il y a beaucoup d’incertitude. On s’est réuni dernièrement et quelques-uns se sont mis à pleurer», a soutenu Yannick Bellemare qui ajoute que la décision de maintenir la résidence ouverte est très bien accueillie par ceux qui y habitent.
Lorsque la décision de maintenir la résidence ouverte a été annoncée, plusieurs résidents ont applaudi. Ils sont très heureux de pouvoir continuer de vivre chez eux. Certains, comme Sara Milot, peuvent maintenant se concentrer sur leur projet personnel. Cette jeune femme originaire de La Tuque poursuit d’ailleurs des études en Gestion et intervention en loisir au Collège Laflèche. «J’avais peur pour la suite des choses. Je ne voulais pas que ça affecte mes études. Mais aujourd’hui, on est rassuré et on va pouvoir dormir», a avoué la jeune femme.