Virginie Dulac en compagnie de ses deux enfants, Maya et Koby.

Sur le qui-vive au cœur des feux en Australie

TROIS-RIVIÈRES — Vivant depuis six ans dans la magnifique région des Blue Montains en Australie, Virginie Dulac espère de tout cœur que les feux de forêt qui ravagent son coin de pays ne détruisent pas son quartier.

«On a chacun un sac sur le bord de la porte. S’il nous reste que ça à la fin de la journée, ça sera ça. L’important, c’est de nous mettre en sécurité», confie la mère de deux enfants originaire de Louiseville qui vit en Australie depuis maintenant 24 ans, dont six ans dans la région des Blue Montains, située à une centaine de kilomètres à l’ouest de Sydney.

Constamment sur le qui-vive et à l’affût des dernières informations sur l’évolution des feux de forêt, Virginie Dulac mentionne que la population est à la merci des conditions météorologiques. Le feu le plus près n’est qu’à environ huit kilomètres de sa résidence.

«Nous sommes totalement vulnérables aux conditions météo. On attend encore de grandes chaleurs pour le week-end prochain, ce qui cause des feux de broussailles partout. Et si les vents soufflent fort, le feu se propage très rapidement. [...] Samedi dernier, le feu a progressé de huit kilomètres en une seule nuit», précise-t-elle en rappelant qu’elle a déjà vécu il y a quelques années une situation similaire.

«Le feu s’était alors arrêté à deux kilomètres de la maison. Si le vent n’avait pas changé de côté rapidement, on aurait tout perdu.»

Se tenir informé de l’état de la situation est la clé pour réagir rapidement, mentionne l’agente de bord originaire de Louiseville. Elle précise d’ailleurs qu’elle est constamment en lien avec des résidents de son secteur pour partager de l’information. «On peut alors savoir si une personne évacue et pour quelles raisons elle a pris cette décision. Nous pouvons ensuite réagir rapidement», mentionne-t-elle.

Même les habitudes des deux enfants de Virginie Dulac sont chamboulées, alors qu’ils sont au milieu du congé scolaire estival.

Vivant en Australie depuis 24 ans, Virginie Dulac ne se souvient pas d’une période de sécheresse aussi intense. Elle mentionne que plusieurs arbustes sur son terrain sont morts par manque d’eau ces derniers temps. «Mon gazon est totalement brun. Ma fille m’a d’ailleurs fait remarquer que ce n’est plus du gazon que nous avons, mais plutôt de la paille. Et de la paille, ça prend en feu...»

Avec cette végétation très sèche, les incendies s’allument rapidement et se propagent à un rythme très rapide. Lorsque les étincelles et la foudre se mettent de la partie, les conséquences peuvent être terribles. «Nous avons eu un orage la nuit dernière et la foudre est tombée sur un arbre situé à environ un kilomètre de chez moi. Celui-ci s’est embrassé. Heureusement, les pompiers ont pu intervenir rapidement», précise Virginie Dulac qui avoue son admiration pour les combattants du feu.

Malgré tous ces feux qui ravagent son pays d’adoption, Virginie Dulac se fait rassurante pour ses proches. Elle indique que les incendies de forêt «font partie de notre vie» et qu’elle ne met pas sa vie en danger. «Je ne veux pas créer de panique chez les gens que je connais. Je ne serai pas à la mauvaise place au mauvais moment», mentionne-t-elle.