La Ville de Shawinigan a maille à partir avec le syndicat des pompiers.

Suivi sur les rapports de la CNESST: Shawinigan annule une rencontre

Shawinigan — Les relations continuent de se détériorer entre l’Association des pompiers et pompières de Shawinigan et la Ville. Une rencontre était prévue mercredi matin pour discuter des deux derniers rapports de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail, mais elle a été annulée à une douzaine d’heures d’avis.

Il s’agit d’un nouveau chapitre de ce qui prend la forme d’une guerre d’usure. Rappelons que la CNESST a relevé une douzaine de dérogations dans un rapport publié en février sur deux éléments, à savoir la décontamination et le manque d’habits de combats de réserve pour les pompiers et la gestion de l’intervention lors d’un incendie survenu dans le secteur Shawinigan-Sud, le 23 novembre dernier.

La Ville de Shawinigan et le comité de santé et sécurité au travail de l’APPS devaient se rencontrer mercredi, dès 8 h, pour échanger sur les suites de ce rapport. Selon le syndicat, les représentants municipaux ont annulé cette réunion la veille, vers 20 h. Dans un nouveau communiqué publié mercredi, le syndicat relate que «l’employeur considère qu’il n’est plus pertinent de traiter ce dossier via cette instance pour le moment».

François St-Onge, directeur des communications à la Ville de Shawinigan, indique plutôt que la direction n’avait pas finalisé sa préparation pour cette rencontre, d’où son annulation. «C’est une tempête dans un verre d’eau. Nous n’étions pas prêts à poursuivre les discussions. La rencontre n’était donc pas pertinente pour tout de suite.»

En début de semaine, l’APPS avait publié un autre communiqué dans lequel elle déplorait notamment qu’aucun correctif n’ait encore été apporté aux douze dérogations relevées par la CNESST. Cette dernière a d’ailleurs imposé de nouveaux délais à la Ville la semaine dernière.

M. St-Onge nie que cette nouvelle sortie ait incité la Ville à biffer de son agenda la réunion de mercredi matin. «S’il fallait annuler des rencontres à chaque fois qu’ils font un communiqué...», laisse-t-il tomber.

De son côté, Benoit Ferland, président de l’APPS, déplore l’attitude de la Ville. Le suivi des recommandations de la CNESST devient d’autant plus complexe que le comité paritaire qui avait été mis en place ne peut se réunir, puisque la Ville aurait demandé l’exclusion de M. Ferland.

M. St-Onge n’a pas voulu émettre de commentaires à ce sujet. En théorie, le comité de santé et sécurité au travail de l’APPS est devenu le seul canal pour aborder les dérogations relevées par la CNESST.

«Je ne comprends pas», témoigne M. Ferland. «Ça arrive à la suite de nos sorties. On trouve ça très dommage. Nous offrons notre collaboration depuis le début. Nous offrons des solutions, nous voulons que le dossier avance, mais on se fait arrêter. La Ville ne veut pas travailler dans le bon sens pour un dossier de cette importance.»

M. Ferland croit que la CNESST assurera le suivi directement avec la Ville.

Pour le reste, une rencontre de négociation est prévue le 15 mai avec un médiateur du ministère du Travail. La convention collective est échue depuis le 1er janvier 2017.

«On comprend qu’ils sont frustrés par nos agissements», convient le représentant syndical. «Le maire a mentionné, à plusieurs reprises, que ce n’était pas sa façon de faire. Nous sortons dans les médias parce que ça n’avance pas. On est rendu là.»