Après avoir enregistré deux hausses importantes en 2011 (4,63 %) et en 2012 (6,90 %) et une très légère en 2013 (0,32 %), la STTR affiche des baisses annuelles de plus de 2 % depuis 2014, à l’exception de 2017 et 2018.

STTR: l’achalandage en baisse depuis six ans

Trois-Rivières — Alors que le transport collectif est vanté comme un incontournable dans la lutte aux changements climatiques, la Société de transport de Trois-Rivières (STTR) ne semble pas profiter de cette tendance. L’achalandage de la STTR est à la baisse depuis six ans. Le nombre de déplacements est passé de 3 711 679 à 3 552 532 de 2013 à 2018, soit une diminution de 4,3 %.

«C’est sûr qu’avec l’achalandage des dernières années, on voyait qu’il y avait une stagnation, c’est-à-dire que s’il y avait une petite augmentation, par la suite, il y avait soit une stabilité ou une légère diminution», explique Guy de Montigny, directeur général de la STTR.

Après avoir enregistré deux hausses importantes en 2011 (4,63 %) et en 2012 (6,90 %) et une très légère en 2013 (0,32 %), la STTR affiche des baisses annuelles de plus de 2 % depuis 2014, à l’exception de 2017 qui a connu une hausse de 1,5 % et 2018 où l'achalandage a stagné.

Les chiffres de 2018 correspondent grosso modo à ceux de 2011 (3 460 038). Ces résultats ont contribué à la volonté de la STTR de réaménager son réseau. «Évidemment, quand on regarde l’achalandage, quand on regarde la part modale du transport collectif qui est moins de 3 % de l’ensemble des déplacements, c’est sûr que ça lance comme signal que le transport en commun doit répondre davantage aux besoins. Avec le constat que l’achalandage stagnait, c’est clair qu’il fallait procéder à des changements.»

La part modale du transport collectif à Trois-Rivières est de 2,1 %, selon l’Enquête origine-destination 2011 du ministère des Transports. Du côté de l’automobile, elle est de 84,4 %. L’automobile était même en hausse de 5,6 % comparativement à l’enquête précédente qui remonte à 2000. Celle du transport en commun était de 2,8 % en 2000.

Est-ce que la refonte du réseau de la STTR va permettre de donner un nouveau souffle à la popularité du transport en commun? Rappelons que ces modifications ont suscité énormément de grogne. L’achalandage a diminué d’environ 1 % depuis ce réaménagement majeur.

«On a une baisse au niveau de la vente des cartes d’environ 1 %. Évidemment, il est trop tôt après quelques mois pour conclure des impacts sur l’ensemble de l’achalandage. Avant d’établir des conclusions, il faut roder, il faut observer, il faut ajuster. Il faut se mettre en période de rodage et d’observation», explique M. de Montigny.

Face au mécontentement, la STTR a annoncé certains changements, à la fin du mois d’octobre, qui seront en vigueur dans les prochains mois.

«Le réseau qu’on propose est un réseau en ajustement et en mode amélioration continue. C’est important de ne pas avoir un réseau qui va être statique dans le temps, mais évolutif, et c’est dans ce sens-là qu’on voit les prochains mois et les prochaines années. On veut un réseau qui évolue, qui soit davantage collé aux besoins de la population.»

L’un des objectifs est de freiner la baisse de l’achalandage. «Évidemment, ce qu’on souhaite, c’est minimalement éviter les diminutions, créer de la stabilité, et après, espérer que les améliorations qui suivront pourront nous amener à des niveaux supérieurs.»

DÉPART DU NUMÉRO 2 DE LA STTR

Par ailleurs, le numéro 2 de la STTR, Daniel Girard, quitte l’organisation. Le directeur du service de transport urbain a accepté un poste dans le domaine des services préhospitaliers, à Québec. Selon M. de Montigny, son départ n’a rien à voir avec le réaménagement du réseau. «C’est vraiment une opportunité qui lui a été offerte dans son domaine d’expertise. C’est un rôle de directeur général dans ce domaine qui lui est cher, alors évidemment, devant cette opportunité, il a saisi l’occasion.»

Il était en poste depuis avril 2018. C’est la deuxième fois en deux ans que la STTR perd son directeur de transport urbain qui est responsable de la planification et de l’exploitation. Une situation que M. de Montigny attribue à la pénurie de main-d’œuvre alors que les entreprises jouent du coude pour recruter les meilleurs joueurs. «Les gens se font offrir des opportunités qu’ils ne peuvent pas laisser passer.»

Au dire de M. de Montigny, M. Girard était un «rouage très important» pour l’organisation. Il va assurer l’intérim le temps qu’il soit remplacé.