Le ministre du Patrimoine Steven Guilbeault a effectué mardi une visite du Musée POP de Trois-Rivières en compagnie de la directrice générale de l’institution Valérie Therrien.

Steven Guilbeault: un intérêt pour la culture en région

TROIS-RIVIÈRES — Le ministre canadien du Patrimoine Steven Guilbeault a manifesté de façon concrète son intérêt tant pour la culture que pour les régions en passant la majeure partie de la journée de mardi en Mauricie où il a visité trois institutions qui sont au cœur de l’activité culturelle régionale: la Cité de l’énergie de Shawinigan, la salle J.-A.-Thompson ainsi que le Musée POP à Trois-Rivières.

Le jeune ministre a ainsi pu rencontrer les intervenants locaux pour se faire une meilleure idée des besoins d’une part mais aussi de la vitalité du milieu de la culture dans la région. Il est d’ailleurs assez surprenant de constater que les intervenants avaient relativement peu de projets très précis à lui présenter. Par exemple, à la Cité de l’énergie, la présidente du conseil d’administration France Brisson a indiqué qu’elle n’avait pas de demande de financement à présenter mais que plusieurs projets en cours d’élaboration, feront l’objet de demandes de subventions dans le futur. «C’est essentiellement une visite de courtoisie que le ministre a fait chez nous. Il connaissait la Cité de l’énergie pour y être venu dans le passé mais il s’est montré fort intéressé par notre développement. Il a fait preuve d’une belle écoute et on l’a senti très réceptif. Je suis personnellement convaincue que pareille rencontre peut faire une différence dans les demandes que nous présenterons. Il a pu constater que nous sommes fidèles à notre mission et que nous sommes également visionnaires dans notre approche. Nous serons assurément plus à l’aise d’intervenir après de lui ou des gens de son ministère à l’avenir.»

Sans préciser la nature des projets qui sont dans les cartons, France Brisson a indiqué qu’il y a du travail à faire pour accentuer le recours au numérique à la Cité de l’énergie.

À Trois-Rivières en après-midi, le ministre s’est assis avec les représentants de Culture Trois-Rivières et, aux dires de la directrice générale de l’organisme Nancy Kukovica, trois projets majeurs ont fait l’objet de discussions: la rénovation de la salle Thompson, la transformation du centre Des Récollets-St.James pour qu’il devienne la Fabrique de théâtre insolite ainsi que l’élaboration d’une nouvelle exposition au Manoir Boucher-de-Niverville.

Steven Guilbeault a profité de son passage à Trois-Rivières pour discuter avec Stella Montreuil, présidente du ca de Culture 3R dont il serre la main sur la photo sous le regard de la directrice générale de l’organisme, Nancy Kukovica.

Le cas de la rénovation de la salle Thompson attire particulièrement l’attention considérant l’ampleur du projet dont le budget pourrait se situer aux alentours d’une trentaine de millions de dollars. «Nous n’en sommes encore qu’aux études préliminaires mais c’est certain que c’est un projet majeur qui touche à beaucoup d’éléments différents comme l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, le confort des spectateurs dans la salle, les espaces de déchargement, la technique, etc.»

Or, le ministre a été à l’écoute des besoins. «Dans le cas de la salle J.-Antonio-Thompson, a dit Steven Guilbeault, on a un projet qui a été déposé auprès du ministère de la Culture du Québec et qui va probablement faire l’objet d’une entente entre le fédéral et le provincial à travers les programmes d’investissements dans les infrastructures culturelles. Donc ce projet-là est déjà en marche comme celui des Sages Fous à l’Église St.James. Dans le cas du Musée POP, ils n’ont pas de grands projets de rénovations mais des projets plus ponctuels pour des expositions. Je ne dirais pas que des projets pressent plus que d’autres mais c’est mon rôle de voir comment on peut les faire cheminer de la meilleure façon possible.»

«Il faut comprendre que ce n’est pas le gouvernement fédéral qui décide quels projets vont aller de l’avant dans les provinces ou les municipalités. C’est d’abord à ces derniers de définir ce qui est prioritaire et ensuite de faire des demandes pour profiter des programmes de financement fédéraux. Il reste que j’estime qu’il est important pour moi, comme ministre, de connaître les projets de sorte que quand ils nous sont présentés, nous soyons en mesure de les faire avancer rondement.»

«Le gouvernement a fait des investissements d’une ampleur historique dans les arts et la culture depuis quatre ans et je suis tout à fait favorable avec ce qui a été fait. Il y a encore beaucoup d’argent disponible puisque le gouvernement a promis des milliards de dollars d’investissements dans les infrastructures et cela inclut celles du milieu culturel.»

Dans un autre ordre d’idées, le ministre a dit travailler à l’élaboration d’une aide financière pour les médias. «Les gouvernements de Québec et d’Ottawa ont décidé d’aider les médias de façons différentes mais la préoccupation derrière cette aide est la même. On ne peut pas espérer avoir une démocratie en santé si on n’a pas des médias en santé. Dans notre cas, nous travaillons à trouver une nouvelle formule pour faire face à la crise que vivent les médias tout en leur conservant leur indépendance. Le gouvernement a promis une aide de près de près de 700 millions $ aux médias écrit dans son dernier budget et il y a deux semaines, les critères d’admissibilité au financement ont été rendus publics. Je ne suis pas le seul ministre qui a la responsabilité de ce dossier mais nous travaillons à trouver une façon d’assurer un financement stable et permanent pour les médias.»

Pour ce qui est de l’initiative des journaux de l’ancien groupe Capitales Médias de se constituer en coopératives, il l’estime intéressante. «Ce n’est pas à moi en tant que ministre de dire comment on doit le faire mais tant mieux si on trouve de nouvelles formules qui sont viables. Nous sommes certainement très ouverts à regarder différents modèles et nous voulons être un partenaire pour accompagner les médias dans cette transition dont on convient qu’elle est difficile.»