Stéphanie Dufresne, candidate du Parti vert du Canada dans Saint-Maurice - Champlain.

Stéphanie Dufresne cogne sur le clou

SHAWINIGAN — La candidate du Parti vert du Canada dans Saint-Maurice – Champlain, Stéphanie Dufresne, n’en démord pas: le projet Gazoduq - GNL Québec doit être abandonné en raison de ses impacts environnementaux, peu importe les compensations financières versées par la compagnie.

Elle comprend que son message passe difficilement au nord de la Mauricie, surtout lorsqu’un maire se montre plutôt favorable au projet parce que plus de huit millions de dollars par année lui tomberaient du ciel. Sans jeter la pierre aux élus municipaux, Mme Dufresne suggère d’analyser les impacts à long terme de ce projet.

«Je martèle le message parce que j’ai l’impression qu’il n’est pas très bien compris», explique la candidate. «Je ne m’attaque pas à la municipalité. Je comprends sa position. Pour moi, elle est victime d’une campagne de désinformation du promoteur.»

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«Il faut sortir des visions à courte vue», ajoute-t-elle. «Nous sommes dans une situation de crise climatique et nous avons très peu de temps pour réagir. Il ne faut pas que les considérations économiques occultent l’ensemble des préoccupations, qui sont beaucoup plus importantes. Les coûts associés aux changements climatiques vont largement dépasser les gains à court terme qu’il peut y avoir pour la municipalité.»

Mme Dufresne considère que la filière des énergies renouvelables s’annonce beaucoup plus prometteuse par rapport au mirage d’une transition réalisée avec les recettes du passé.

«Il faut juste changer de lunettes», image-t-elle. «Un élu doit répondre aux services demandés par ses citoyens, mais il doit aussi avoir une vision plus large. Plus tard, quand on regardera des actions posées aujourd’hui, on se demandera, avec le recul, à quoi a-t-on pu penser?»

«On ne peut pas changer une énergie fossile par une autre en disant que c’est une énergie de transition», fait-elle remarquer.

«Les élus ont le souci du bien-être de leur collectivité, mais ce bien-être n’est pas qu’économique. Le promoteur calcule lui-même un impact de 7,8 millions de tonnes de gaz à effet de serre et on sait très bien que c’est sous-estimé.»

Le Parti vert du Canada rappelle que ce projet, à lui seul, équivaudrait au total des réductions d’émissions de gaz à effet de serre au Québec depuis 1990. Mme Dufresne souligne toutefois que la combustion de ce gaz, en Asie, n’entre pas dans le calcul, ni les fuites dans le transport. D’où certaines estimations de groupes environnementaux, qui parlent plutôt d’un impact de... 46 millions de tonnes de GES.

«La réalité est probablement entre les deux», croit-elle. «Mais le chiffre du promoteur est énorme, même s’il est sous-estimé!»

Mme Dufresne observe qu’en Abitibi-Témiscamingue et au Saguenay, la population jette un regard plus critique sur ce fameux gazoduc. À La Tuque, ses observations provoquent un haussement d’épaules.

«Je sens un désintérêt», déplore-t-elle. «La campagne est une tribune pour mettre des idées de l’avant, faire bouger des choses. Si je ne suis pas élue, ce sera ça de gagné!»

Déclaration

Mardi soir, en séance publique du conseil municipal à Shawinigan, les élus seront invités à endosser la fameuse Déclaration d’urgence climatique, la même qui était passée sous le radar jusqu’à maintenant. Mme Dufresne se déplacera pour manifester son appui aux citoyens présents.

Auparavant, cinq des six candidats dans la circonscription de Saint-Maurice - Champlain participeront au débat organisé par des étudiants en sciences humaines du Cégep de Shawinigan, mardi midi. Outre Mme Dufresne, Nicole Morin (Bloc québécois), Bruno-Pier Courchesne (Parti conservateur), Barthélémy Boisguérin (Nouveau Parti démocratique) et François-Philippe Champagne (Parti libéral) devront répondre à diverses questions.